Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

Toi, automne de jade - français / anglais

PDF
Imprimer
Envoyer

 

TOI, AUTOMNE DE JADE

 


« Je ne sais comment je dure,
Car mon dolent cœur fond d'ire
Et plaindre n'ose, ni dire
Ma douloureuse aventure »

 

Christine de Pizan

Toi, automne de jade à l’âme dentellière,

Argentière habile, fileuse de souvenirs,

Hier, amies des brises, les feuilles aux voix de lyres,

S’en vont silencieuses, rêveuses de jours solaires.

 

Et tout est comme un songe, les rues et les jardins,

Les arbres dénudés sous l’âme de la pluie,

Nos cœurs déjà fanés qui cherchent dans la nuit

Un peu de lumière, un brin de temps serein !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 25 novembre 2018

 

Glose :

Christine de Pizan (ou, dans des textes plus anciens, Christine de Pisan), née à Venise en 1364 et morte au monastère de Poissy vers 1430, est une philosophe et poétesses française de naissance italienne.

Christine de Pizan est considérée comme la première femme écrivaine de langue française ayant vécu de sa plume. Son érudition la distingue des écrivains de son époque, hommes ou femmes. Veuve et démunie, elle dut gagner sa vie en écrivant.

C'est une auteure prolifique, elle compose des traités de politique, de philosophie et des recueils de poésies. Elle se retire dans un couvent à la fin de sa vie, où elle écrit un Ditié de Jeanne d'Arc. On lui doit, entre autres, Cent ballades d'amant et de dame et La Cité des dames. Son travail majeur est accompli entre 1400 et 1418.

Née à  Venise vers 1364, elle rejoint avec sa mère et ses deux frères son père Thomas de Pizan (Tommaso di Benvenuto da Pizzano), médecin réputé et conférencier d’astrologie à l’université de Bologne, appelé à Paris par Charles V en 1368. Auparavant, son père, né à Bologne, avait été appelé à Venise ; il se fit une grande réputation par ses prédictions (comme pour beaucoup de ses « confrères », la médecine lui servait surtout de « couverture » vis-à-vis de l’Église qui interdisait toute forme de voyances).

Christine de Pizan a hérité de son père son goût pour les études, sa soif de connaissances. Homme cultivé et ouvert d'esprit, curieux des secrets de la nature et des écrits doctes, Thomas de Pizan aurait souhaité pousser plus loin l'instruction qu'il dispensait à sa fille, ayant décelé chez elle une intelligence vive. Mais les usages du temps, auxquels il devait se conformer, ne le lui permirent pas. Elle l'écrivit elle-même, plus tard, dans La Cité des dames : « Ton pere estoit grammairien et philozophe n'estoit pas d'oppinion que femmes vaulsissent pis par sciences, ains de ce que encline te veoit aux lettres, si que tu sces, y prenoit grant plaisir. Mais l'oppinion de ta mere, qui te vouloit occuper de filasses, selon l'usage commun des femmes, fut cause de l'empeschement que ne fus, en ton enfance, plus avant boutée es sciences et plus parfont. »

Elle reçoit à la cour l’éducation donnée aux jeunes filles de la noblesse et commence à composer des pièces lyriques qui lui valent l’admiration et même de nombreuses demandes en mariage – quoique de son propre aveu celles-ci soient également motivées par la position de son père auprès de Charles V. La personnalité du sage roi, d'ailleurs, marquera profondément la jeune Christine, qui le fréquente quotidiennement à la cour.

Christine de Pizan parle souvent de son goût pour l'étude. Comme toutes les damoiselles d'un haut rang, elle fut sans doute très tôt initiée à la musique et à la poésie. Elle était bilingue, parlant et lisant l'italien, mais c'est en français qu'elle a écrit toutes ses œuvres. Elle savait du latin, assez pour avoir accès aux ouvrages de philosophie, d'histoire, de poésie ou de religion. Elle a reçu une éducation plus approfondie, plus vaste et plus exigeante que bien des jeunes filles de cour. Pourtant, lorsqu'elle évoque son éducation, c'est plutôt pour déplorer qu'elle n'ait pas été complète. Il semble qu'elle ait appris au sein de la famille. Elle aurait pu en demander plus, et c'est bien là ce qui lui donne tant de regrets.

 

ENGLISH :

 

You, Autumn of Jade


Je ne sais comment je dure,
Car mon dolent cœur fond d'ire
Et plaindre n'ose, ni dire
Ma douloureuse aventure ‘

 

Christine de Pisan

 

(I don’t know how I still endure/for my sorrowful heart is melting with anger/and I don’t dare to lament or speak about/ the terrible things I’ve been through)

 

You, autumn of jade, with the lace heart,

skilful silversmith, spinner of memories,

yesterday, friends of the breezes, leaves with the voices of lyres,

left silently, dreaming of sunny days.

 

And everything is like a dream, the streets and the gardens,

the naked trees beneath the soul of the rain,

our hearts already withered searching in the night

for a little light, a scrap of quiet time!

 

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

 

Mis à jour ( Mardi, 27 Novembre 2018 22:16 )