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Toi toujours la même lumière - français

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TOI TOUJOURS LA MÊME LUMIÈRE

 

(Quatre improvisations)

 

I.

 

Ô douces campanules de tes suaves sourires,

Ange du matin et Ange du soir,

Toi, toujours !... La même essence indivisible

Et la même lumière insondable !

Toi, le luminaire équanime des âmes,

Le maître des arcs-en-ciel

Sur lesquels l’éternité

Marche vers l’éternité !

 

 

II.

 

Tu es ce frêle papillon

Qui, à peine touché, perd

La poudre solaire de ses ailes de clarté

Et, tombé à terre, ne peut plus s’envoler.

 

Que deviendra ce pur territoire de la Beauté

Sans la fine calligraphie de ton voyage

De grain d’air en grain d’air ?

 

III.

Le mince filet d’eau transparente du temps

Lie par sa musique incantatoire

Le cœur de la pierre à l’âme unanime

De la cathédrale polychrome,

Le commencement au commencement

La fin à la fin

Et l’insurmontable livre pastoral de l’année

Aux âmes qui vivent en dehors des saisons !

 

IV.

Je pense, le cœur vastement ouvert,

À la séraphique cathédrale de Lucques,

Au splendide tombeau d’Ilaria del Carretto,

L’épouse, fleur de jasmin, brin de camomille

Du superbe seigneur Paolo Guinigi !

 

À ce féerique visage si finement ciselé

Par l’angélique Jacopo della Quercia,

À ces frissonnantes narines transparentes

Où semble palpiter les premiers calices soyeux

D’un printemps imperturbablement précoce !

 

Ilaria, grêle campanule bleue cueillie

Dans sa blanche vingt-sixième année

Par la main glaciale de la mort,

Cette effroyable indifférence sans visage !

 

Je sens le serein poids de sa vie

Sur mes lèvres endolories,

Moi, le fervent laudateur des hautes destinées.

 

Ô poème où chaque vers est le sang caché

D’une blessure interne !

 

Mésanges, je vous fais don de mes paroles,

Emportez-les, mésanges, déposez-les

Sur le cœur d’Ilaria del Carretto

Qui s’arrêta de battre en ce jour terrible,

Le 8 décembre,

De l’an fatidique 1405 !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 24 novembre 2018

 

Glose :

 

La Cathédrale de Lucques en Toscane de style roman pisan : La première Cathédrale, dédiée à saint Martin de Tours, datait du VIe siècle et elle fut reconstruite à partir du XIe siècle. La consécration de la nouvelle cathédrale a eu lieu en 1070 par le pape Alexandre II qui avait entrepris sa reconstruction alors qu’il était évêque de Lucques. Les travaux ont continué pendant le XIIe et le XIIIe siècles. L’aménagement intérieur de la cathédrale date des XIVe et XVe siècles. La cathédrale romane qui est encore apparente à l’extérieur disparaît totalement à l’intérieur.


A l’extérieur, la riche façade joue sur le rythme des colonnettes de trois galeries aveugles superposées, sur la sculpture (dont le cortège des rois mages du célèbre architecte et sculpteur  Nicola Pisano), et sur la richesse de marqueteries de pierre. Elle est asymétrique à cause du campanile. Celui-ci est en brique à la base, en marbre au plus haut.


A l’intérieur, la richesse de la décoration est éblouissante : le sol est entièrement couvert de marbre, avec notamment des marqueteries de motifs géométriques et un labyrinthe accueille le visiteur.


De robustes piliers rectangulaires soutiennent la nef. Au niveau supérieur, une galerie (triforium) plus légère avec de belles arches fait le trou de l’édifice.


La cathédrale sert d’écrin à un certain nombre d’objets célèbres; le plus connu est sans nul doute le Volto Santo (« Saint Visage »), un crucifix byzantin en bois sombre du XIIIe siècle, qui attirait au Moyen Âge de nombreux pèlerins qui le croyaient sculpté par un disciple du Christ, saint Nicodème. Celui-ci est installé dans un kiosque octogonal en marbre réalisé en 1184 par Mattea Civitali.


La présence martinienne dans cette cathédrale qui porte son nom s’enrichit par la sculpture d’une charité et de quatre épisodes de sa vie.

 

Tombeau d’Ilaria del Carretto est un monument funéraire du sculpteur Jacopo della Quercia, réalisé vers 1406-1408 sur une commande de Paolo Guinigi pour son épouse Ilaria del Carretto. Il est conservé à la cathédrale Saint-Martin de Lucques.

C'est en février 1403 qu'est célébré le mariage du seigneur de Lucques Paolo Guinigi avec Ilaria del Carretto. Le 8 décembre 1405, à l'âge de 26 ans, Ilaria décède des suites de son deuxième accouchement. Le sarcophage est commandé à Jacopo della Quercia qui met deux ans à le réaliser. Il est placé dans la cathédrale, signe de suprématie sociale de Guinigi. Installé dans le transept de gauche depuis 1842, le monument est déplacé en 1995 dans la sacristie.

Sculpté en marbre, le monument est de style gothique et constitue un bon exemple de la sculpture funéraire italienne du XVe siècle. Il s'apparente également aux monuments français par certains éléments : la figure gisante, les mains croisées, le chien - symbole de fidélité - aux pieds de la défunte, la robe houppelande. Cette robe, signe de richesse, est fréquemment utilisée par les sculpteurs durant cette période. Les côtés du sarcophage sont décorés de putti et de guirlandes de tradition antique. Le visage surmonté d'un bonnet en forme de tortillon décoré de fleurs est finement ciselé.