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L'été de la Saint-Martin - français

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L’ÉTÉ DE LA  SAINT-MARTIN

À Roberto Sosa

La claire déesse brille

Au vêtement de fluide lumière

Au-dessus de la terre industrieuse.

 

Mes yeux ont soif d’une vision d’amour.

 

Ô mon Ami, je cherche les mots et les rythmes

Capables de baigner ton élégant esprit

D’une blanche lumière

En pensant à l’éblouissante longévité

De Thiton, époux d’Aurore.

 

S’en vont les jours avec leurs tuniques

En étoffes phrygiennes ;

La pourpre éclatante de Mélibée

Teint leurs hâtifs crépuscules.

 

Combat de la vie avec la mort

De la contrainte avec la liberté,

E l’erreur avec la vérité !

 

La lune – un aire blanc dans le ciel –

Descent jusqu’à mes plaies mauve

Et les soigne avec son sourire.

 

Ô mon Ami,

C’est l’été de la Saint-Martin

Ma maison est toujours en voyage

Sous la puissance invisible

Du souffle des vents !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris le 30 àctobre 2018

Glose :

L’été de la Saint-Martin (l’été indien ou l’été des Indiens) : redoux se produisant au mois de novembre.

Roberto Sosa (né le 18 avril 1930 à Yoro au Honduras et mort le 23 mai à Tegucigalpa) est un poète hondurien.

Il est le fils d'un musicien d'orchestre, Alcido Sosa, qu'il suit dès l'âge de trois ans dans ses nombreux déplacements professionnels à travers le Honduras et au Salvador. C'est sa mère, Petrona Murillo Villalobos, qui se charge de son instruction et, en particulier, qui lui apprend à lire et à écrire. Quand ses parents reviendront se fixer plus durablement à Yoro, Roberto Sosa aura onze ans. Sa famille est pauvre et il doit commencer à travailler dès l'âge de cinq ou six ans : il vend du pain aux travailleurs d'une plantation de bananeraies. Il peut toutefois aller à l'école. Il y découvre aussi sa vocation de poète, et commence à écrire dès l'âge de treize ans. Son enfance et son adolescence se partagent entre travail pour venir en aide à sa famille et aspirations littéraires. En 1964, il se rend à Tegucigalpa : là, il peut participer au monde intellectuel, et publie une revue de poésie, Presente. C'est le début d'une vie désormais vouée à l'écriture et à l'enseignement.

Il partage ensuite son temps entre l’Université de Cincinnati, où il est professeur de littératures hispano-américaine et espagnole, et son pays natal. Il publie de nombreux articles évoquant l'histoire du Honduras. En raison de ses prises de position, et alors que le Honduras est dominé par une dictature militaire, il doit, dans les années 1980, se réfugier au Nicaragua. Il revient plus tard au Honduras, et, en dehors de quelques voyages, vit principalement à Tegucigalpa. C'est là qu'il décède le 23 mai 2011.

La claire déesse = Vénu

 

Thiton : Dans la mythologie grecque, Tithon (en grec ancien Τιθωνός / Tithônós) est un prince troyen aimé par la déesse Éos, déesse de l'Aurore.

Il est le fils de Laomédon, roi de Troie, et frère de Priam. Comme son oncle Ganymède, il est d'une remarquable beauté, ce qui pousse Éos à l'enlever alors qu'il fait paître ses troupeaux. Elle en a deux fils, Memnon et Émathion. Homère la décrit comme se levant tous les matins du lit de son époux. Dans l’Hymne homérique à Aphrodite, la déesse raconte à Anchise la misérable vieillesse de Tithon : Éos demande pour lui l'immortalité, ce que Zeus accorde. En revanche, elle oublie de réclamer également l'éternelle jeunesse – à moins qu'il ne s'agisse d'une omission volontaire de Zeus – Tithon, condamné à se dessécher sans fin, est finalement abandonné par Éos. Chez d'autres auteurs, il est finalement transformé en cigale. Le mythe est évoqué dans un poème de Sappho retrouvé sur des papyrus d'époque hellénistique.

Le nom « Tithon » est probablement d'origine anatolienne. Il peut être rapproché de Τῑτώ / Tītố, une déesse de l'aurore que mentionnent  les poètes Callimaque, Lycophron et Hésychios. Il entre dans le langage courant des Grecs pour désigner quelqu'un dont on dirait en français qu'il est « vieux comme Mathusalem », l'expression « Τιθωνοῦ γῆρας / Tithônoû gễras », signifiant littéralement « une vieillesse de Tithon », une vie qui s'éternise.

Mélibée : territoire de Thessalie dans la Grèce homérique.