Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

A qui dirai-je mes mots - français

PDF
Imprimer
Envoyer

À QUI DIRAI-JE MES MOTS

 

À Shahriyâr

« Justus ex fide vivit »
(« La foi est la vie du juste »)

Le soir me réclame un poème,

De quoi vais-je parler,

À qui dirai-je mes mots

De jacinthes et de narcisse ?

 

Un vent froid cingle les nuages

Lourds d’eau automnale

Et la fleur pâle de la lune

Apparaît de temps en temps

Sur le velours ultramarin du ciel.

 

Un oiseau tardif lance un cri,

Je ne sais si c'est un signe ou un présage.

 

Seuls les crocus d’or arborent encore

Leur splendeur évangélique

À côté du silence qui se pâme

Avant le plaisir de boire la coupe

De vin chaud et agoniser dans chaque feuille

Qui tombe. Et meurt.

 

Ce soir, je resterai taciturne

Et partagerai mon modeste dîner

Avec l’air solitaire et mes pensées.

 

Ô principe inflexible et intransigeant

De la solitude !

Ô larmes, souveraines régulatrices

De la tristesse !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 21 octobre 2018

 

Glose :

Mohammad Hossein Behjat Tabrizi (محمدحسین بهجت تبریزی), dont le nom de plume est Shahriyār (شهریار) était un des plus grands  poètes contemporains iraniens.

Né en 1906 à Tabriz, il étudie le Divan de Hafez sous la supervision de son père (il a d'ailleurs suivi toute son école primaire à la maison avec son père qui était avocat). Sa première éducation formelle a été accomplie à l'école secondaire Motahari à Tabriz puis à l'école Dar-ol Fonoun à Téhéran. Il abandonne ses études de médecine juste avant son diplôme pour aller dans le Khorasan, à un moment où il tombe amoureux. Il trouve un travail de notaire à Nichapour puis travaille à la Banque Keshavarzi. Il publie initialement ses poèmes sous le nom de Behjat puis sous celui de Shahriyâr.

Une des raisons de son succès est la simplicité des mots qu'il emploie. Utilisant son talent poétique pour introduire de l’argot et du langage courant persan dans ses poèmes, sa poésie peut être comprise par tous. C'est pourquoi le public trouve ses mots familiers, compréhensibles et efficaces. C'est dans ce contexte que sa poésie peut être distinguées parmi les poètes de son temps.

Il est mort en 1988, et est enterré dans un imposant mausolée qui lui est consacré au milieu d'un magnifique jardin public à Tabriz.

Justus ex fide vivit = La foi est la vie du juste. Cette sentence est issue de l’Épître de saint Paul aux Romains.

Mis à jour ( Dimanche, 21 Octobre 2018 21:00 )