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ANALOGION (français)

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ANALOGION

« Que ma prière s’élève comme l’encens devant Toi ; que l’élévation de mes mains soit un
sacrifice du soir. Exauce-moi, Seigneur. »

            Lucernaire, ton 2, Le Jeudi Saint à Vêpres

Comme je veux T’aimer,
A cause de cette nuit plantée
Dans ma langue, telle une flèche
De fer noir !

Comme je veux être
Entièrement à Toi !
Cet envahissement,
Je le désire ! 

Je la veux
Cette fraîcheur
De violettes mauves, 

Cette année interminable,
Ouverte sur les blessures
De ma voix.

La nuit,
Quand personne ne m’attend,
Quand le monde entier a oublié
Mon infime existence ! Ici !
Ailleurs ! Partout !
Comme je veux T’aimer,
Moi, âme de nulle part
Et cœur de rien ! 

Ô métanie !  

Laisse-moi venir à Toi,
Clarté éparse !
M’abîmer dans Ta douceur,
Aujourd’hui et toujours,
Jusqu’à n’être que parfum
Et vent de matin,
Transparence, suavité
Et légèreté pure !

Etre le loros  qui voile
La vertigineuse lumière
De tes plaies,
La trace inépuisable du hast,
L’epigonation silencieux,
Recouvert de fleurs fraîches !

Prends-moi dans tes bras,
Orante,
Prends cette vie déchirée,
Cette vie nue,
Saignante, transpercée de part en part
Par l’amertume !

Tout sombre, le corps en friche
Où passent et dansent
D’invisibles corbeaux !
Chair où le temps insidieux
A pris appui et assise !

Aime-moi ! Aime-moi
Toi qui es dit Amour !

Fais que ma prière ait la grâce
Des papillons, l’odeur des muguets,
La force des essences
Enfouies dans la dureté
Des pierres !

Il fait aube dans chaque syllabe
Quand je pleure !
Il fait printemps dans chaque mot
Quand je me meurs !

Toi, Jardinier de la syntaxe,
Maître de l’alphabet éternel,
Accueille le mendiant d’amour
Dans le Ciel de Ta poitrine !

Aie pitié de moi, Ami de l’Aurore !
Rhipidion de Lumière ! 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, ce dimanche 26 décembre, Anno Domini MMIV 

Glose :

Analogion (n.m.) : mot grec. Lutrin ou pupitre placé dans la nef, devant l’icône du Sauveur,
destiné à supporter l’icône de la fête ou du titulaire de l’église.

Lucernaire (n.m.) : du latin lucerna, « lampe ». Adjectif désignant le psaume chanté aux
Vêpres, après l’allumage des lampes.

Métanie (n.f.) : du grec metanoia, « changement de sentiment », d’où « repentir », « regret ».
Dans l’Eglise primitive, « le troisième degré d’expiation ». Ce terme désigne le repentir, qui
est conversion, retournement de l’âme vers Dieu. Les fidèles manifestent leur repentir non
seulement par un mouvement de l’âme, mais par des gestes, des prosternations, appelée
métanie.

Loros (n.m.) : élément du vêtement impérial byzantin et, par la suite, du Christ. Sorte de
longue écharpe brodée et ornée de perles et de pierreries, parfois portée par les archanges.

Hast (n.m.) : du latin hasta, hastae, arme formée d’un bâton (hampe) muni d’un fer, « lance,
pique, javelot », et, aussi, « javeline lancée par le fécial pour déclancher la guerre ». Pilum
proprie est hasta Romana
(Le pilum est proprement l’arme des Romains (Servius B., ou G.,
ou En.) : commentaire sur les Bucoliques, ou les Géorgiques, ou l’Enéide de Virgile (Ed.
Thilo et Hagen, 1902).

Epigonation (n.m.) : du grec epi, « sur » et gonation, « jointure de la hanche », c’est-à-dire
« qui est sur la hanche ». Insigne liturgique porté par les évêques, attaché à la ceinture. Il
représente le glaive spirituel du Christ, à deux tranchants.

Orante (n.f.) ou Vierge Orante : du latin oro, oravi, oratum, orare, « parler, dire », de os,
oris,
« bouche », mais aussi « prier, solliciter, implorer », d’où Orante, « Celle qui prie ». Le
type de la Vierge Orante est une des plus anciennes représentations de la Vierge. La Mère de
Dieu est figurée en pied, les bras levés. Elle porte sur sa poitrine un médaillon où est
représenté le Christ Emmanuel. Le type de la Vierge du Signe, où la Vierge est représentée
en buste, en est une variante, qui rappelle la prophétie d’Isaïe (VII, 14).

Rhipidion (n.m.) : du grec ripidion, « éventail », « soufflet ». Eventail liturgique fait d’un
disque en métal monté sur un manche. Le diacre l’agite sur les Saintes Espèces (le pain et le
vin) pour symboliser le battement des ailes des Séraphins autour du Christ.