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SARBACANE - français

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SARBACANE

À Nammalvar

« Tendit ad ardua virtus »

(« La vertu aspire aux choses difficiles »)

 

Tes mains transparentes

Toutes frissonnantes d’émotion

Tiennent une petite sarbacane de bois/

 

Mon ange, tu souffles dedans

Et m’envoies, à l’aube,

Des fringants mots de tendresse

Bleus, jaunes et roses,

Tout perlés de rosée.

 

Riant, je les attrape

Et les serre contre mon cœur.

 

Ô frêle chuchotis,

Friselis doux des paroles,

Ocre ferveur de la brise !

 

Quelle pure substance,

Quelle luminosité, tes petits mots

Qui m’élèvent et me placent

Côte à côte avec le rêve !

 

La douce aube

Avec ses fines dentelles de pénombres

Monte vers le jour

Et s’éparpille en mille brillants éclats.

 

Et aussitôt, ma suave enfant,

Tout autour de moi devient beauté,

Lumière

Et chaste géographie.

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 10 octobre 2018

Glose :

Nammalvar est l'un des douze Alvars, personnages de l’hindouisme célèbres pour leur dévotion envers le dieu Vishnou. Les Alvars sont surtout dans le sud de l’Inde, endroit d'où ils sont originaires.

La plupart des historiens ont écrit que Nammalvar aurait vécu au viiie siècle. Il est né à Visakham, aujourd'hui  Alvartirunakari dans le Tamil Nadu (État de l'Inde du Sud réputé pour ses temples hindous de style dravidien). Son nom signifie « notre propre alvar » (le mot Alvar signifie « plongé en Dieu »). Il était aussi connu comme Maran et Sadagopan (enfant prodige de la connaissance).

 

Les Alvars (tamoul : ஆழ்வார்கள்), qui signifie: « ceux qui sont immergés en Dieu », étaient douze saints poètes tamouls de l’Inde du Sud, qui vivaient entre les vie et xe siècles en adhérant à la « dévotion émotionnelle » ou bhakti envers Vishnu et ses avatars tels Krishna et Rama, dans leurs chants extatiques.

Il s'agit exclusivement des vishnouïtes, qui, durant les premiers temps médiévaux de l'histoire du Tamil Nadu, aidèrent à faire revivre la pratique de la dévotion hindouiste bhakti écrivant des hymnes suivant leurs pèlerinages aux temples qui les accueillaient. On compte parmi eux une femme, Audal.  L'ensemble formé par leurs hymnes est connu sous le nom de Nalayira Divya Prabandham qui se traduit par: La Collection sacrée de 4000 chansons. Les douze saints sont ainsi: Andal, Nammalvar Periyalvar, Kulasekalvar, Tirumalisai, Tondaradipodi Alvar, Tirupanalvar, Maturakavi, Tirumankai, Poykai, Putam et Pey. Les prières de ces saints sont encore de nos jours récitées dans des temples dédiés à Vishnu sur le sous-continent indien.

Dravidiens : différents peuples non aryens et non himalayens en Inde. Les Dravidiens parlent des langues dravidiennes  et sont mis en opposition aux ethnies du nord de l'Inde et de l'influence occidentale qui y règne. Vingt-six langues dravidiennes sont recensées concernant plus de 250 millions de personnes. Deux exceptions existent pour le nord, une peuplade afghano-pakistanaise et une népalaise. D'autres locuteurs de la langue dravidienne se trouvent au Sri Lanka. Les plus grands peuples dravidiens (30-70 millions chacun) sont les Telougous les Tamouls, les Kannadigas et les Malayalis. Il  existe de plus petites communautés (1 à 5 millions de locuteurs) au Pakistan et dans le centre de l'Inde.

Sarbacane (n.f.) : long tube, dont on se sert pour projeter quelque chose (des fléchettes ou des petits billets d’amour par exemple) en soufflant dedans avec force.

De l’arabe زربطانةzarbaṭāna (même sens) par l’intermédiaire de l’espagnol cerbatana L’origine du mot arabe proviendrait du malais sumpītan par l’intermédiaire du persan.

 

Fringant (adj.) : Participe présent adjectivé de l’ancien français fringuer (« gambader, danser la fringue »). Hippologie : alerte, éveillé, d’allure vive et élégante, en parlant d’un cheval. Par extension : pétulant, à la présentation avantageuse parlant d’un homme.

Mis à jour ( Mercredi, 10 Octobre 2018 21:50 )