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Là voici, ma patrie - français

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L À VOICI MA PATRIE

« Státuit ei Dóminus testaméntum pacis, et príncipem fecit eum : ut sit illi sacerdótii dígnitas in ætérnum. »

Le Seigneur fit avec lui une alliance de paix et l’établit prince, afin que la dignité sacerdotale lui appartînt toujours ».)

 

 

Là voici ma patrie, ses montagnes boisées

Ses vallées qui respirent à peine

Sous le poids d’or des blés, des champs de maïs

Et des tournesols solaires !

 

Et que dire de la profusion vertigineuse de fleurs

Et l’intime lumière des roses blanches le soir ?

 

Les gens me saluent avec grâce et courtoisie

Et le temps d’émotion me semble sans fin !

 

Ce pays, où le soleil se promène pieds nus

Sur la surface de saphir des lacs, des ruisseaux vagabonds

Et des rivières austères, profondes et dignes !

 

C’est ici mes origines et ma fin,

Les puits d’angoisse et les cascades de joie !

 

C’est ici que mes larmes se changent en eau cristalline

Dans mes paumes tremblantes de dévotion.

 

Seigneur garde dans ton amour

Ce petit pays,

Ne le laisse pas s’évanouir

Dans les sombres méandres de la mort sans fin.

Que serai-je sans ses matins doux

Et ses soirs qui ont la couleur de mon sang ?

 

Ici chaque petit brin d’herbe brille

Avec l’aimable lumière de l’amour !


Moi, je dors dans la verte eau des feuilles

Et, comme les cigales, passe l’hiver

Dans les racines des princiers chênes.

 

Ô saint Grégoire, confesseur

Et prêtre ardent de Dieu,

Je te supplie, garde-moi encore un peu en vie

Intercéde auprès de notre Seigneur pour que,

Purifié de tout vice,

J’en puisse lui être agréable en toutes choses,

Et qu’il m’accorde la paix qu’il donne

À tous ses humbles et doux serviteurs.

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 31 août 2018

 

Glose :

 

Grégoire le Grand était romain et fils du sénateur Gordien. Il étudia la philosophie dans sa jeunesse, et exerça la charge de préteur. Après la mort de son père, il fonda six monastères en Sicile ; il en établit un septième à Rome sous le nom de Saint-André, dans sa propre maison, près de la Basilique des Saints-Jean-et-Paul, sur la pente dite de Scaurus. Là, sous la conduite d’Hilarion et de Maximien, il fit profession de vie monastique, et devint ensuite abbé. Créé Cardinal-Diacre, il fut envoyé par le pape Pélage à Constantinople, en qualité de légat auprès de l’empereur Tibère-Constantin (empereur de 578 à 582). Pendant qu’il se trouvait à la cour de ce prince, son zèle eut un résultat mémorable : il convainquit si évidemment d’erreur le Patriarche Eutychius, qui avait écrit contre la vraie et tangible résurrection des corps, que l’empereur jeta son livre au feu. Aussi, Eutychius lui-même étant peu après tombé malade, et sur le point de mourir, touchant la peau de sa main, dit en présence de nombreux témoins : « Je confesse que nous ressusciterons tous dans cette chair ».

De retour à Rome, Grégoire fut élu Pontife avec l’accord le plus unanime, pour succéder à Pélage que la peste avait enlevé. Il ne voulut pas accepter cet honneur, et le refusa aussi longtemps qu’il put. Sous un habit étranger, il alla se cacher dans une caverne, mais une colonne de feu indiquant sa retraite l’y fit découvrir ; on le consacra à Saint-Pierre. Pendant son pontificat, ce Pape a laissé à ses successeurs de nombreux exemples de doctrine et de sainteté. Il admettait tous les jours des étrangers à sa table, et parmi eux, il lui arriva de recevoir un Ange, et même le Seigneur des Anges, sous la figure d’un pèlerin. Il nourrissait libéralement les pauvres de Rome et de l’étranger, et avait une liste des nécessiteux. Il rétablit la foi catholique en beaucoup d’endroits où elle était chancelante ; il réprima les Donatistes en Afrique, les Ariens en Espagne, et expulsa les Agnoïtes d’Alexandrie. Il ne voulut pas donner le pallium à Syagrius, évêque d’Autun, avant que celui-ci ne bannisse de la Gaule les hérétiques néophytes. Il obligea les Goths à abandonner l’hérésie arienne. Ayant envoyé en Grande-Bretagne Augustin et d’autres moines doctes et saints, il convertit cette île à la foi de Jésus-Christ, ce qui l’a fait appeler avec raison l’Apôtre de l’Angleterre, par le vénérable Prêtre Bède. Il réprima l’audace de Jean, Patriarche de Constantinople, qui s’arrogeait le nom d’Évêque de l’Église universelle. L’empereur Maurice ayant défendu aux soldats de se faire moines, Grégoire l’amena à révoquer cet édit.

Cet illustre Pontife orna l’Église de plusieurs institutions et lois très saintes. Dans un concile rassemblé à Saint-Pierre, il fit plusieurs ordonnances ; il établit entre autres choses qu’à la Messe on répéterait neuf fois Kyrie eleison, que l’Alléluia se dirait toute l’année, hors le temps compris entre la Septuagésime et Pâques, qu’on ajouterait au Canon ces mots : Établissez nos jours dans votre paix, etc. Il augmenta les Litanies, le nombre des Stations, et l’Office ecclésiastique. Il voulait qu’on eût la même estime pour les quatre conciles de Nicée, de Constantinople, d’Éphèse et de Chalcédoine que pour les quatre Évangiles. Il accorda aux Évêques de Sicile qui, selon l’ancienne coutume de leurs Églises, se rendaient à Rome tous les trois ans, la liberté de n’y venir que tous les cinq ans. Le diacre Pierre atteste avoir vu souvent le Saint-Esprit, en forme de colombe, au-dessus de la tête du pieux Pontife pendant qu’il dictait les nombreux ouvrages qu’il a composés. Ses paroles, ses actions, ses écrits, ses décrets, sont dignes d’admiration, surtout si l’on considère qu’il était toujours faible et souffrant. Enfin, ayant fait aussi beaucoup de miracles, il fut appelé au bonheur céleste, après treize ans, six mois et dix jours de pontificat, le quatre des ides de mars, jour où les Grecs eux-mêmes célèbrent sa Fête avec des honneurs particuliers, à cause de l’insigne sagesse et de la grande sainteté de ce Pontife. Son corps a été enseveli dans la basilique de Saint- Pierre, près de la sacristie.