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Cette musique de viole d'amour - français / anglais

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CETTE MUSIQUE DE VIOLE D’AMOUR

 

À L.M.

 

« Voyez les filets d’or de ce chef blondissant,

L’éclat de ces rubis, ce corail rougissant,

Ce cristal, cette ébène, et ces grâces divines »

 

Philippe Desportes

 

I.

 

Cette musique de viole d’amour,

La neige étincelante sur les arbres timides,

L’inconditionnelle fidélité des saisons !

 

Le jour est là

Et je dois rencontrer l’Ange en face

Avec la paix dans l’étendue de mon âme

Et la terrible urgence de chanter !

 

Rumeur inconstante de la félicité,

Délicate et voluptueuse mer,

Qui demande deux choses :

Posse quod velit, velle quod oportet !

 

II.

 

Âme, ce matin de janvier

Qui apporte, dans sa beauté pure,

Une somptuosité raffinée

À ce luxe de blancheur

Frémissant et délicat !

 

Et voici que l’Ange du jour se penche,

Radieux, sur mon poème,

Touche de sa main éthérée

Les cordes de ma mémoire

Et fixe doucement, amoureusement

Dans la cire chaude

Du livre de l’éternité

La bleue sérénité de mes strophes !

 

Paris, le 8 février 2018

 

Glose :

La viole d’amour (en italien viola d'amore) fait partie de la famille des instruments de musique à cordes frottées.  Elle est munie de sept cordes mélodiques et de cinq à sept cordes vibrantes en métal, appelées cordes sympathiques qui passent sous des cordes frottées, dans le manche et viennent se fixer sur le chevillier de l'instrument. Elles vibrent (par sympathie, sans qu’on les touche) dès qu'on actionne les cordes de mélodie.

 

On trouve des violes d'amour à 14 et même 16 cordes sympathiques qui prennent le nom de violette anglaise.

 

La première source qui cite cet instrument est une lettre d'un musicien allemand datant de 1649. Les premières descriptions de violes d'amour ne précisent pas qu'elles ont des cordes sympathiques. On peut même penser qu'elles n'en avaient pas.

 

La viole d'amour fut très à la mode au XVIIIe siècle. On y suggère qu'elle est de tous les instruments celui dont le son ressemble beaucoup à la voix humaine. On ne saurait oublier Louis Toussaint Milandre (entre 1756-1776), altiste dans l'orchestre de chambre de Louis XV, qui fit paraître en 1771 la seule méthode pour viole d'amour qui nous soit parvenue.

 

Léopold Mozart écrivait dans sa méthode de violon que cette viole convient parfaitement pour créer « une ambiance de calme au soir ».

 

Les violes d'amour ont disparu au XIXe siècle. Certaines ont été transformées en altos. Le renouveau de la musique baroque, vers 1900, suscite un nouvel intérêt pour l'instrument, dont la facture reprend alors peu à peu. En France, c’est Henri Casadesus qui œuvra le plus pour la viole d'amour. En Orient, c’est grâce à Jasser Haj Youssef que la viole d'amour trouve sa place dans le répertoire classique et traditionnel.

 

Philippe Desportes, né à Chartres en 1546 et mort à l’abbaye Notre-Dame-de-Bon-Port le 5 octobre 1606, est un poète baroque français. Surnommé le « Tibulle français» pour la douceur et la facilité de ses vers, il fut abbé de Tiron, lecteur de la chambre du Roi et conseiller d’État.

 

Tibulle (Aulus Albius Tibullus), poète élégiaque latin, né à Rome vers 55 av. J.-C., mort vers 19 av. J.-C. On a peu de renseignements sur sa vie; il appartenait à une famille de l'ordre équestre, autrefois puissante, mais qui avait perdu    la plus grande partie de ses biens dans les guerres civiles et les proscriptions des triumvirs. Il accompagna en l'an 28 son protecteur Messala dans la campagne des Gaules. On possède sous le nom de Tibulle quatre livres d'Elégies.

 

Posse quod velit, velle quod oportet ! – phrase qui signifie « Pouvoir ce qu’on veut, vouloir ce qu’il faut » - saint Augustin, La Trinité, livre XIII.

 


This Music of the Viola d’Amore

 

for L.M.

 

‘See the golden nets of this fair-haired chief,

the brilliance of her rubies, this blushing coral,

this crystal, this ebony and these divine graces.’

 

Philippe Desportes

 

1.

This music of the viola d’amore,

the sparkling snow on the timid trees,

the unquestioning loyalty of the seasons!

 

It is day

and I must meet the Angel before me

with peace in the whole expanse of my soul

and the terrible need to sing!

 

Fickle rumour of bliss,

delicate and voluptuous sea,

demanding two things:

Posse quod velit, velle quod oportet !

 

2.

Soul, this January morning

brings, in its pure beauty,

a refined sumptuousness

to this luxurious whiteness

trembling and delicate!

 

And now the radiant Angel of the day

is leaning  over my poem,

with her ethereal hand she plucks

the strings of my memory

and gently, lovingly

stamps into the hot wax

of the book of eternity

the blue serenity of my verses!

 

Note : Posse quod velit, velle quod oportet !(To be able to do what one wills and to want to do what needs to be done)