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Mais il est tard - français / anglais

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MAIS IL EST TARD

 

Mais il est tard pour être compris

À demi-mot !

 

Et puis, si immense est la solitude lustrale

Errant parmi les boules écarlates

Des géraniums !

 

Que dire, que faire, Ange,

Lorsque l’inflétrissable tristesse

Fait pâlir la lumière des prunelles

Et sèche les feuilles de la vigne vierge

Qui, toute confiante, grimpe

Vers le sommet du jour !

 

Ah, ce précipité de jeune lumière !

Et ce petit vent, grand maître des eaux !

Ah, cette mystique union du cœur

Avec les arcs-en-ciel !

Le chérubin et son glaive de feu

Qui me sépare de la face de Dieu !

Et le sommeil qui ne tient qu’à un fil d’araignée ?

 

Ange, que connaissons-nous de la vie ?

Que connaissons-nous de nous-mêmes ?

 

Alors,

Allons à pas légers, vite et sans bruit,

Vers la rivière rose,

Là où dans un empressement joyeux

Scintillent les corps lestes des poissons !

 

Nous, gonflés d’affection,

Nous, vêtus des caresses de l’air bleu,

En route vers nous-mêmes,

Des fleurs de foison à nos pieds.

 

Nous, avec nos gestes

À la magnificence impériale

Et à l’ampleur d’une élégance solaire !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 10 juillet 2018

 

Glose :

Lustral, lustrale, lustraux (adj.) : du latin lustralis. Qui sert à purifier.

 

Précipité, e (adj.) : très rapide dans son allure, son rythme.

 

ENGLISH :

 

But it’s Late

But it’s late to be understood

without having to spell things out!

 

And then, so vast is the purifying solitude

wandering  among the scarlet flower heads

of geraniums!

 

What can I say, what can I say, Angel,

when unfading sadness

makes the light in my eyes grow pale

and withers the leaves of the Virginia Creeper

as it climbs so confidently

towards the summit of the days!

 

Ah, this rapid young light!

And this slight wind, powerful master of the waves!

Ah, this mystic union of the heart

with rainbows!

The cherubim and his sword of fire

that separates me from the face of God!

And what of sleep which clings on only by one strand of a spider’s web?

Angel, what do we know of life?

What do we know of ourselves?

 

So,

let us step lightly, quickly and noiselessly

towards the rose-coloured river,

there, where the agile bodies of fish

glitter in joyful eagerness!

 

We, who are swollen with affection.

We, who are clothed in the caresses of the blue air,

on the way towards ourselves,

a profusion of flowers at our feet.

 

We, with our gestures

of imperial magnificence,

of opulent sunlit elegance!

 

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges