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Berceuse aux feuilles d'érable - français

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BERCEUSE AUX FEUILLES D’ÉRABLE

À František Hrubín

Hisse-toi dans le majestueux érable

Où chaque tendre feuille verte est une lyre d’or

Dont les fines cordes de rayons de lune

Chantent au moindre doux souffle de la brise étoilée !

 

Fermes les yeux et écoute, le cœur apaisé,

La séraphique mélodie de la sève !

 

Et quand le vent magique cesse sa course rapide,

Un ange enfant imprimera sur ton visage

La pure joie et le délice intact des cieux,

Sa patrie de lumière inépuisable !

 

Alors, endors-toi dans le fiévreux désir
D’être perfection parmi les perfections absolues !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 29 juillet 2018

Glose :

František Hrubín (17 septembre 1910 - 1er mars 1971) : poète et écrivain tchèque. Frantisek Hrubín est né dans la famille d'un ouvrier maçon à Prague. Il  termine ses études secondaires dans un lycée à Prague. En 1932, il commence à étudier le droit et la philosophie à l'Université Charles, Il se marie en 1939 et a une fille et un fils.

Il rejoint le mouvement d’avant-garde, aux côtés des ses amis poètes Jaroslav Seifert et František Halas. Il travaille, durant toute la guerre, comme bibliothécaire, écrit de la poésie lyrique à la mélodie captivante et élève, avec sa femme, dans des conditions très modestes, deux enfants.

Sa fille Jitka Minaříková, traductrice d’anglais, d’italien et de français, se souvient de son père, « un extraverti timide », dans une interview accordée au journal « Lidové noviny » : « Pour moi, il était comme tous les papas, sauf qu’il nous écrivait de temps en temps de petits vers que l’on retrouvait ensuite dans ses recueils de poèmes, il savait aussi imaginer des histoires. Quand il traduisait Verlaine, il marchait et ne cessait de répéter ses vers, pour bien entendre comment ça sonne. J’avais quatre ans et à force de l’entendre, j’ai appris tous ces poèmes français par cœur avec la mauvaise prononciation de mon père. »

Après la guerre, František Hrubín et l’illustrateur Jiří Trnka sortent un chef-d’œuvre de la littérature tchèque pour enfants, maintes fois réédité, « Špalíček veršů a pohádek » (Recueil de poèmes et d’histoires).

 

Arrive alors un tournant dans la vie du poète : en 1956, Hrubín ose critiquer le régime communiste lors du Deuxième rassemblement des écrivains tchécoslovaques. « Notre peuple est comme un cygne coincé dans la glace », dit-il et ces propos lui valent une année d’isolation sociale, d’incertitude, de difficultés financières, une période à l’issue de laquelle il décide de démentir officiellement sa critique… Le poète ne se remettra plus jamais de cette expérience traumatisante.