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AOÛT - français

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AOÛT

Tu avances dans le temps,

Le corps voûté, l’angoisse dans l’âme,

Te retournes et vois, tremblant d’étonnement,

Le sinueux chemin parcouru.

 

Vide est ce chemin, triste comme un arbre

Qui a perdu ses feuilles et ses fruits.

Loin, loin sont tes enfants,

Pareils, à présent, à des effigies flottant

Dans la dense brume qui voile tes yeux.

 

Le jour décline, le feu du crépuscule

Enflamme les collines !

 

Tout ce temps, livre précieux

Que ta main hésitante

Va remplir de mots ordinaires

Pendant combien de longs jours

Et nuits encore ?

 

Tu reviens dans la maison déserte,

Romps un morceau de pain, le plonges

Dans l’eau tiède du vieux puits, la seule

Douceur dans ta vie d’homme laborieux.

 

Puis, privé de toute certitude

Resté presque sans nom,

Tu te couches dans la grande

Solitude de l’obscurité

Et, tout en sueur,

Contemple longtemps

La lumière fuyante des visages

Jadis si proches, toujours tant aimés !

 

Les sereines étoiles tentent

De calmer, à travers les vitres,

Les tourbillons d’émotion

Qui font plier ton âme.

 

Dehors, le vent soyeux

Tendrement balance

Les lourds épis

Des blés équanimes !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 27 juillet 2018

Glose :

Équanime (adj.) : du latin aequanimus, composé de aequus, « égal » et animus, « âme, cœur ». Dont l’humeur reste égale.