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Le navire flamboyant du jour

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LE NAVIRE FLAMBOYANT DU JOUR

« He venido para ver las sombras

Que desde lejos me sonríen »

(« Je suis venu voir les ombres

Qui de loin me sourient »)

Luis Cernuda

Le navire flamboyant du jour

Vogue lentement vers l’océan rouge du soir.

 

Assise devant sa modeste maison,

Une très belle vieille femme,

Légèrement courbée,  brode des fleurs bleues

Sur une toile éblouissante de blancheur.

Des frêles hirondelles cousent de rayons de feu

La toile déchirée de l’azur,

Étendant leur aérien royaume sur la ville.

 

Dans le cœur de la vieille femme

S’ouvre  un grand jardin aux allées

Pleines de fraîcheur mélancolique

Où des enfants

Beaux comme des lys de la vallée

Jouent à la marelle.

 

Un sourire parcourt ses lèvres,

Ses yeux se ferment et des larmes de bonheur

Coulent sur ses joues de cire.

 

Elle lève sa tête vers le ciel et murmure :

Seigneur, doux Seigneur, louée soit

Ton infinie miséricorde !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 22 juillet 2018

 

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Luis Cernuda (Séville 1902- Mexico 1963) est un des grands poètes espagnols. Cernuda fréquente l'Université de Séville où il rencontre Pedro Salinas, qui le met en contact avec Emilio Prados et Manuel Altolaguirre du magazine « Litoral » qui publient ses premiers poèmes.

De 1928-29, il est chargé de cours à l'Université de Toulouse. De 1929 à 1938, il vit à Madrid, où il travaille dans les missions pédagogiques de la République et publie plusieurs ouvrages inclus dans la première édition de La realidad y el deseo (1936).

Défenseur de la cause républicaine, pendant la guerre civile, en 1938, il s'exile au Royaume-Uni, puis aux États-Unis et enfin au Mexique.

Mis à jour ( Dimanche, 22 Juillet 2018 16:00 )