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Des ombres douces à la fenêtre - français

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Mon très cher Norton,

 

Je viens de terminer la traduction d'un recueil de poèmes de Svetlana Savitsky - poétesse russe.

 

Trois événements :

 

 

  1. Kazakhstan m'a décoré de la plus haute distinction : médaille d'or
  2. Le gouvernement russe m'octroie la médaille du travail
  3. L'Union des écrivains russe m'octroie la médaille d'or

 

Or ? Plutôt doré ! Mais je suis content !

 

 

Le travail est récompensé tôt ou tard !

 

Malgré ma fatigue, je continue à vivre !!!

 

Tibi

 

AVT

 

 

 

 

 

DES OMBRES DOUCES À LA FENÊTRE

 

Les fleurs des mandariniers

Luisent de toute leur blancheur

Dans le cristal bleu du matin,

Des deux côtés du mélancolique sentier

Les litchis embaument de leurs tendres âmes

Le jour qui décline.

Des frêles oiseaux chassent la  solitude

de leurs vois émeraude.

 

Je suis revenu à mon foyer !

Plût au ciel que tu m’eusses reçu dans ton sein,

Ô ma maison antiques !

 

Murs abandonnés,

Dites à mon père d’envoyer

Des augures favorables à son fils errant !

Dites à mes sœurs que

Tristis est anima mea usque ad mortem

sustinete hic, et vigilate mecum…

 

J’ai du Capricorne le cœur droit et muet,

Mes larmes transforment le temps

En voiles colorées.

Comme Dieu, je porte au bout de mes cils

Les sept planètes

Où les anges font pousser

Les plus divines des fleurs.

 

À la fenêtre, des ombres douces

Venues du fond des siècles

Parlent à voix basse

De la suave opacité des mots

Récités par les anges,

De la validité absolue du baptême.

 

Sous la lumière dansante des lucioles

Frissonnent et chantent les feuilles des peupliers !

 

Ah comment croire, dans cette soirée transparente,

Aux lourdes paroles lunaires d’Arius

Et d’Apollinaire de Laodicée ?

 

Tendres dorment sous la fenêtre

Les vieux géraniums, amis du temps et des cœurs

Blessés d’amour !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 2 juillet 2018

 

Glose :

Tristis est anima mea usque ad mortem, sustinete hic, et vigilate mecum« Mon âme est triste jusqu'à la mort / restez ici et veillez avec moi, c’est le second répons de l'office des Ténèbres pour le Jeudi saint. Le texte latin fait référence à l'agonie du Christ dans le jardin de Gethsémani, partiede la passion de Jésus.

 

Arius (version latine du prénom Ariuc, 256-336, est un prêtre, théologien et ascète chrétien libyen d'origine berbère inspirateur de la doctrine qui porte son nom : l’arianisme. La querelle qu'il a ouverte a profondément divisé la chrétienté durant tout le IVe siècle.  Il étudie avec son ami Eusèbe de Nicomédie auprès de Lucien d’Antioche.

À l'âge de 52 ans, en 308, il est ordonné diacre, puis prêtre. En 314, on lui confie la communauté chrétienne du nom de Baucalis près du port d'Alexandrie. On lui reconnaît un excellent comportement pendant la grande persécution de Dioclétien et de ses successeurs. Cette persécution commence en 303 et ne se termine qu'à l'élection de Constantin Ier et l’édit de tolérance de Galère en 311.

Arius commence, en 312, à professer une doctrine qui se résume en quatre propositions principales :

  • Dieu est unique et non engendré. Tout ce qui est en dehors de lui est créé ex nihilo par sa volonté ;
  • Le Logos est un intermédiaire entre Dieu et le monde, antérieur au monde mais non éternel : il fut un temps où le Logos n'existait pas :
  • Le Logos est donc créé, il est engendré mais cet engendrement doit s'entendre comme une filiation adoptive (Dieu inspire le Logos, le Christ, le Fils de l'Homme mais il est une créature naturelle et mortelle que Dieu a « pris sous son aile ». Arius tente ainsi, d'un côté, de relayer les idées de Celse sur la conception adultérine du Christ, sans s'attaquer directement à sa conception virginale et de l'autre à se protéger d'un engendrement du Christ par le Père dans un acte physiologique (voir concile d'Antioche, ci-bas).
  • Le Logos est alors faillible par sa nature, mais sa droiture morale l'a gardé de toute chute. Il est inférieur à Dieu, mais il est une créature si parfaite qu'il n'en peut être créée qui lui soit supérieure.

Les théories d'Arius se propagent d'autant mieux autour de la mer Noire qu'Arius les met en musique dans une métrique correspondant aux ballades populaires. Il compose un ouvrage présentant sa doctrine, intitulé Thalie, mélange de prose, de vers et de chansons, aujourd'hui disparu. Il est difficile, au regard des sources dont nous disposons aujourd'hui à son sujet, de se faire une idée précise des ambitions d'Arius, mais il est probable qu'il nourrissait une jalousie teintée d'admiration à l'égard d’Origène, dont la doctrine influençait ses maîtres et imprégnait son époque. Cette lecture de sa philosophie permet peut-être d'expliquer la crise théologique sans précédent que celle-ci va susciter au sein du monde chrétien d'alors.

Apollinaire de Laodicée (né vers 310, mort vers 390), dit aussi Apollinaire le Jeune, parce que fils d'Apollinaire l’Ancien (nom grec : Άπολλινάριος ; nom latin : Apollinaris), fut évêque de Laodicée de Syrie (Lattaquié), élu en 361, et fondateur d'une hérésie chrétienne appelée apollinarisme.

Apollinaire décrivait l'Incarnation de la manière suivante : le Verbe divin (deuxième personne de la Trinité) s'est associé à un corps humain avec son « âme » comme simple principe de vie animale (psychê alogos), mais il occupe par rapport à ce corps vivant la place de l'« intellect » ou « âme rationnelle » (nouspsychê logikê), si bien qu'il n'y a pas d'intellect humain en Jésus-Christ. C'est ce qu'il exprime dans ses écrits :

« Pour notre part nous confessons non pas que le Verbe de Dieu se serait transporté dans un homme saint, comme c'était le cas dans les prophètes, mais que le Verbe lui-même est devenu chair, non pas en prenant un intellect humain, intellect qu'orientent et que captivent des pensées impures, mais en étant un intellect divin, immuable et céleste. »

C'est ainsi qu'Apollinaire prétendait défendre, notamment contre les ariens, la parfaite divinité de Jésus-Christ, considérant d'autre part qu'un esprit humain aurait été par définition porteur du péché. Cette doctrine n'est pas conforme à l'orthodoxie, qui considère que Jésus-Chris  est à la fois parfaitement Dieu et parfaitement homme, c'est-à-dire qu'il ne lui manque rien de la nature humaine, corps, âme et intellect (sans qu'elle soit chez lui atteinte par le péché).

Bien que sa doctrine ait été condamnée, Apollinaire a fortement contribué à donner forme aux querelles christologiques du  Ve siècle, pendant lesquelles plusieurs de ses formules furent en fait reprises, même avec des sens un peu différents (« une seule nature du Verbe incarné », le Christ « consubstantiel au Père selon sa divinité, à nous selon son humanité », etc.).

Après sa condamnation, aucun ouvrage sous son nom ne fut conservé (sauf deux lettres adressées à Basile de Césarée.


 

Mis à jour ( Lundi, 02 Juillet 2018 20:06 )