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La vieille maison - français

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LA VIEILLE MAISON

 

Verte, toute verte est la porte

De la vieille maison,

Verts sont les volets fatigués

Fermés depuis des années !

 

Revenir de loin,

Contempler longuement ce monde mien,

Puis entrer et respirer, ayant le vertige,

L’air où errent encore les esprits de mes ancêtres.

N’avoir personne pour partager l’ivresse de ce silence !

 

C’est ici le salon.

Allumer la lampe à pétrole,

Ajuster délicatement sa flamme odorante

Comme pour guérir mon incurable chagrin !

 

Ô mon Dieu, serai-je foudroyé comme Asklépios

D’avoir osé ressuscité de la mort

Tant de souvenirs précieux ?

 

Tout le reste de ce qui doit être est encore là

La table, la commode, les tableaux,

Les heures qui se sont arrêtées,

L’air qui flotte entre les murs

Le bouquet de fleurs fanées.

Tout ce monde qui dort intact

Dans ma chair !

 

Quel autre voyage entreprendre,

Est-il réversible le chemin de la vie ?

Comment me risquer hors de moi ?

Suis-je comme le grand érudit byzantin Blemmydès

Condamné à errer dans les labyrinthes
De cet été où se répand le parfum

De myriades de fruits mûrs ?

 

Ici, sans nouvelle de toi,

Hors de la lumière de ce jour sans fin,

Moi, l’Ami oublié de la chevalerie céleste !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le éé juin 2018

 

Glose :

Asclépios ou Asklepios : dans la mythologie grecque Asclépios (en grec ancien Ἀσκληπιός / Asklêpiós ou Esculape, en latin Aesculapius) est un héros thessalien de l’épopée homérique puis, à l'époque classique, le dieu gréco-romain de la médecine. Fils d’Apollon, il meurt foudroyé par Zeus pour avoir ressuscité les morts, avant d'être placé dans le ciel sous la forme de la constellation du Serpentaire.

Nicéphore Blemmydès (Νικηφόρος Βλεμμύδης ; également Blemmidès ou Blemmydas ; né en 1197, mort vers 1269, est une grande figure de la culture byzantine du xiiie siècle.

Fils de médecin, Blemmydès est né à Constantinople. Après la conquête de a ville par les Croisés de la quatrième croisade en 1204, sa famille doit fuir en Asie Mineure, en Bithynie. Il poursuit un long cursus d'études à Pruse, Nicée, Smyrne et Scamandre, se formant en médecine, physique, philosophie, théologie, mathématiques, logique et rhétorique. Plus tard, il jouit de la réputation d’être l’un des hommes les plus savants de son temps.

Remarqué par le patriarche Germain II de Constantinople en 1224, il entame une carrière ecclésiastique. En 1234, il prononce ses vœux monastiques et est ordonné prêtre dans la basilique Saint-Jean d’Éphèse. À la demande de l'empereur de Nicée Jean III, il fonde une école à Smyrne, puis, à la mort de Théodore Hexaptérygos, dirige pendant dix ans l'école impériale de Nicée (1238-1248). Mais en butte à des tracasseries et des jalousies de la part du clergé de la ville, il se fait moine et en 1241fonde un monastère à Ématha, près d’ Éphèse. Ainsi il se trouve libre et peut manifester son indépendance. L'école du monastère n'accueille que des moines et des novices. Blemmydès a eu comme élèves le grand lettré et dignitaire byzantin, l’homme politique et diplomate, l’historien, théologien, poète et rhéteur Georges Acropolite (Γεώργιος ὁ Ἀκροπολίτης (1217-1282) et Théodore Doukas Lascaris,  élèves futur empereur.