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Tu vois ce qui n'a pas de fin - français / anglais

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TU VOIS CE QUI N’A PAS DE FIN

« Un sentier dans les pivoines, la mousse épaisse semble rouge,

La fenêtre dans la montagne regorge de leur émeraude »

 

Ch’ien Ch’i

 

Les yeux fermés, l’esprit voguant

Dans le printemps, tu vois ce qui n’a pas de fin !

C’est de ton âme qu’émane toute cette sautillante lumière

Qui fait que tout en toi devient enfièvrement et sublimation :

L’émeraude des montagnes, le délire des couleurs,

Les fleurs, les arbres, les oiseaux, les scarabées et les grains !

 

Ah, tout cet auguste royaume au-dedans de toi !

 

Le temps avance à pas tranquilles,

Enfermant précautionneusement l’éternité

Dans les battements secrets de ton sang.

 

D’où vient cette surabondance du regard,

Cette joie élégiaque endormie

Dans les calices des pervenches,

Joie dont notre âme est le divin dépositaire.

 

Déjà s’ouvre, grave, l’aurore

Et ses champs de violettes pensives !

 

Soudain, si mystérieusement, les feuilles des bouleaux

Deviennent des éclats d’or, des tremblements enthousiastes,

Des poèmes dont seul la tristesse divine

Suspendu aux cils du silence,

Peut lire et comprendre le sens !

 

Ainsi, sur les routes recouvertes d’herbes sauvages,

Errent les esprits solitaires en compagnie

De la clarté des astres aussi solitaires qu’eux !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 10 juin 2018

 

Glose :

 

Ch’ien Ch’i ou Qian Qi (chinois traditionnel: 錢 起; chinois simplifié: 钱 起; pinyin: Qián Qǐ; Wade-Giles: Ch'ien Ch'i) – (710-782) était un remarquable poète chinois de la dynastie Tang. Trois de ses poèmes ont été inclus dans la célèbre anthologie Three Hundred Tang Poems. Son nom de courtoisie était Zhongwen (chinois: 仲文; pinyin: Zhòngwén).

 

ENGLISH :

 

You See What is Unending

‘A path through the peonies, the thick moss seems red,

the window in the mountain overflows with their emerald’

Qian Qi

 

Eyes closed, your spirit afloat

in the spring, you see that which has no ending!

It is from your soul that all this dancing light comes

and this makes everything in you turn to feverish excitement and sublimation:

the emerald of the mountains, the frenzy of colours,

the flowers, the trees, the birds, the beetles and the seeds!

 

Ah, this whole majestic kingdom is inside you!

 

Time advances on quiet steps,

cautiously enclosing eternity

in the secret pulsing of your blood.

 

That is the origin of this visual profusion,

this elegiac joy asleep

in the calyxes of the periwinkles,

a joy of which your soul is the divine depository.

 

Already the dawn opens wide, the serious dawn

with its fields of pensive violets!

 

Suddenly, so mysteriously, the leaves of the birch trees

explode with gold, tremble with rapture,

become poems of which only divine sadness

suspended on the eyelashes of silence

can read and understand the meaning!

 

Thus, on the roads covered with wild grasses,

solitary spirits wander in company

with the light of stars as solitary as themselves!

 

 

translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

Mis à jour ( Lundi, 11 Juin 2018 17:10 )