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Tropologie - français / anglais

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TROPOLOGIE

Vincendum aut moriendum

(« Il faut vaincre ou mourir »)

I.

Les feuilles du frêne, des petits cœurs tendres

Qui flottent et frissonnent, émus,

Par les baisers éthérés de la brise !

 

Arbres, temples vivants,

Élévation mystique des sèves vers le soleil !

Cette splendeur de la forêt mère

Avec ses couleurs, ses aromes

Et sa langue primordiale

Qui change de sonorité

Selon l’heure du jour !

 

II.

 

Ainsi le monde s’en trouve-t-il transfiguré.

Jeux, miracles, mystères

De cette journée ouverte à la somme

De joies et de pleurs de l’âme !

 

Ô alba, ô reverdies !

Joueurs de flûtes,

Lanceurs de couteaux,

Troubadours !

 

III.

 

Ange, comprendre ce que c’est de croire,

Savoir ce que l’on croit

Ne s’éclaire que par la vive lumière de l’amour !

 

IV.

 

Nous sourions et tout autour de nous

S’éveille soudain en profondeur !

Des giroflées enluminent nos yeux !

 

Et je veux te faire cadeau

De ces bouquets de rayons de soleil,

Des diamants des gouttes de rosées,

De la divine patience et humide fraîcheur des arbres !

 

Je veux t’offrir la légende de l’air rose

De la déesse Sarasvati,

Accompagnée des modestes chapelets

De ma foi

Violente et lumineuse !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 2 juin 2018

 

Glose :

Tropologie (n.f.) : emploi figuré du langage, expression figurée. Science des symboles. Étude, traité des tropes.

Trope (n.m.) : du grec τρόπος / tropos , « tour », est une figure de style ou figure de rhétorique destinée à embellir un texte ou à le rendre plus vivant, et qui consiste à employer un mot ou une expression dans un sens détourné de son sens propre. Les tropes sont considérés comme ornements.

Frêne – Fraxinus - (n.m.) : le frêne, arbre du genre Fraxinus, appartient à la famille des Oléacées. Le mot frêne est issu du latin fraxinus.

Le nom latin semble apparenté à celui qui désigne le « bouleau » dans d'autres langues indo-européennes (sanskrit bhūrjáḥ, russe берёза/berjóza, anglais birch), ce qui peut s'expliquer par la couleur claire de l'écorce. Le suffixe *-sen- du mot latin pourrait être dû à l'influence du nom indo-européen du frêne (*ōs-, dialectal *ōsen-, cf. russe я́сень/jáseń, lituanien úosis), qui a donné en latin celui de l'orne (ornus), une variété de frêne.

 

Alba – terme du Moyen Âge employé par les troubadours : aube quand les amants doivent se séparer.

Reverdie (n.f.) : la reverdie est un genre poétique du Moyen Âge.

Genre particulier de la chanson des trouvères, caractérisé par son cadre printanier, son aspect poétique, et souvent aussi par la présence de personnages fictifs et allégoriques.

 

Sarasvati (en sanskrit सरस्वती) est la déesse de la connaissance, de l'éloquence, de la sagesse et des arts. Elle était aussi à l'époque védique, la divinité des rivières. Assimilée à Shatarupa, la « multiforme », elle est à la fois l'épouse (shakti) et la fille de Brahma, le dieu créateur de la trimurti indienne ; leur union souligne la notion que la connaissance est une condition sine qua non de la création. Elle est Vach, le « Verbe originel et créateur ».

Sarasvati naît par scissiparité de l’œuf de Brahma. À l'aube du monde, Brahma tombe amoureux de sa première création, Sarasvati, et se fait pousser cinq têtes pour pouvoir la contempler et la surveiller en permanence. Rudra, figure primitive de Shiva, arrache une de ces têtes par jalousie.

 

Sarasvati transmet alors à Brahma la discipline de l'esprit et les enfants de la déesse, les Véda, enseignent à Brahma comment échapper aux distractions et aux tentations du monde sensuel. Depuis, les quatre têtes restantes de Brahma chantent les Veda.

 

Trimurti indienne : il y a des millions de dieux en Inde, mais trois dominent tous les autres, c'est la Trimurti hindoue. La Trimurti (trois formes) correspond à trois activités indissociables du divin dans ses rapports avec la Création, soit des activités de destruction, de protection (conservation) et de création. Les hindous ont associé trois dieux à ses activités soit Shiva, Vishnou et Brahma. Chacun de ses dieux possède une ou plusieurs conjointes et un animal qui leur sert de monture. Symboliquement, la conjointe joue le rôle d’énergie (shakti) utilisée par le dieu pour se manifester. Les mêmes dieux peuvent porter des centaines de noms différents en fonction des régions. Les dieux de la Trimurti sont :

Brahma

Il incarne le créateur qui a créé le monde de la multiplicité dans lequel nous vivons, la ronde des naissances et des morts (samsara). Brahma, uniquement créateur, ne peut aider à échapper à cette ronde, c’est pourquoi il est peu vénéré dans les temples. À Pushkar au Rajasthan, le temple de Brahma constitue une exception. Tous les autres sont majoritairement consacrés à Shiva et Vishnou. Brahma a pour conjointe ou shakti Sarasvati, souvent appelé Shatarûpa (celle qui est toutes les formes) ou Gayatri (la prière par excellence).

Shiva

Le rôle de destructeur attribué à Shiva tient d’abord lieu de destructeur du vieil homme, de ses attachements, de ses croyances, de son moi individuel. Il détruit l’ancien pour passer au renouveau. Sa monture est le taureau Nandi, et son symbole par excellence le lingam. Il utilise le yoga qu’il enseigne aux êtres humains comme moyen de progression, il fait office de Mahâyogi, le yogi suprême. Il porte le nom de Rudra dans son aspect dur et terrifiant (pour ceux qui ne veulent pas changer). Sa shakti, Parvati, joue un rôle plus important que celle des autres déesses, elle apprend de Shiva la danse cosmique.


Shiva est le plus souvent représenté avec un troisième œil frontal, un chignon plus ou moins dénoué orné d’un croissant de lune et d’un crâne, un trident de cendre sur le front ou à côté et, invariablement, des serpents pour parures. Il peut posséder une, trois, cinq têtes et même plus. Le nombre de ses bras varie de deux à 10. Ithyphallique ou non, il peut figurer nu. Parfois, il apparaît terrible (sous les traits de Kali ou Durga) ou bienfaisant (Parvati). On reconnaît les shivaïtes (adorateurs de Shiva) en Inde par les 3 raies de cendre horizontales sur leur front (le trident). Ils vénèrent le lingam. Shiva a deux fils, dont le célèbre Ganesh, dieu à tête d'éléphant que l'on voit partout en Inde. Le lingam est une pierre dressée, souvent d'apparence phallique, représentation classique de Shiva. On retrouve dans ce symbole l'ambivalence du dieu, ascète et renonçant d'une part, mais aussi figure majeure du tantrisme, représenté par un phallus, d'autre part.

Vishnou

Protecteur et conservateur du monde, chargé de veiller à son évolution, sans jamais le détruire, il descend naturellement dans le monde chaque fois que son intervention y apparaît nécessaire. Ce sont ses avatars (avatara signifie descente). Le nombre de ces descentes varie selon les textes, mais le plus couramment admis se chiffre à dix dont :


1-le poisson (Matsya) vient avertir Manu, le premier législateur de l’humanité, de construire un bateau pour échapper au déluge;

2-la tortue (Kûrma) sert de support au mont Mandara qui offre aux dieux la possibilité d’arracher à l’océan indifférencié tout ce qui peut être utile au genre humain, c’est le mythe du baratement de l’océan de lait ;

3-le sanglier (Varaha) s’incarne pour vaincre un démon qui avait entraîné la terre au fond des mers;

4- l’homme lion (Nrisimha), le quatrième, permet l’essor de la recherche spirituelle à travers le sage Prahlada.

 

Les trois avatars suivants organisent la vie des individus de façon à ce que cette recherche devienne efficace;

5- sur le plan politique, Vamana (un nain), reprend à Bali, roi des Asuras, la souveraineté sur les trois mondes, la terre le ciel et l’espace intermédiaire. Il laisse à Bali les mondes inférieurs;

6- sur le plan social, Parashurama (le Rama à la hache), vient retirer la prépondérance aux castes qui ne se montrent pas capables d’orienter l’humanité sur la voie spirituelle;

7-le septième, Rama (Ramachandra), fait régner la morale dans la vie de famille, il fait figure de héros du Ramayana;

8- Krishna, le huitième, se présentera avec son frère Balarama, pour pouvoir conduire l’homme en tant qu’individu vers la réalisation spirituelle;

9- la neuvième incarnation de Vishnou est parfois attribuée à Balarama, frère de Krishna ou à Bouddha, Siddharta Gautama. Pour ce dernier, il s’agirait d’un ajout tardif, vers le VIIe siècle;

10-selon les écritures, Kalki, le dixième avatar, n’est pas encore venu. On le personnifie couramment sous la forme d’un cheval blanc, qui pourrait symboliser l’apparition d’un nouveau plan de conscience.


Vishnou est souvent représenté assis sur un lotus, doté de quatre bras portant respectivement un disque solaire, une conque, une massue et une fleur de lotus. Il a comme épouse Lakshmi, déesse de la beauté et de la fortune. Sa monture est Garuda, oiseau à l’allure d’aigle. On reconnaît les vishnouïstes (adorateurs de Vishnou) en Inde par un signe en forme de « V » blanc ou safran qui figure sur leurs fronts.

 

ENGLISH :

Tropology

‘Vicendum aut moriendum’

(We must conquer or die)

 

1.

The leaves of the ash, small tender hearts

afloat and trembling, deeply moved

by the ethereal kisses of the breeze!

 

Trees, living temples,

mystical rising of sap towards the sun!

This splendour of the mother forest

with its colours, its scents

and its primordial language

changing the quality of its sounds

according to the hour of the day!

2.

Thus the world is transfigured.

Games, miracles, mysteries

of this day open to the sum

of the joys and tears of the soul!

 

O albas, O reverdies!

Flute players,

knife throwers,

troubadours!

Angel, to understand what it is to believe,

to know what one believes,

only becomes clear by the bright light of love!

 

4.

We smile and everything around us

suddenly awakens to its depths!

Wallflowers illuminate our eyes!

 

And I want to make you a gift

of these bouquets of sunbeams,

of the diamonds of dewdrops,

of divine patience and the moist freshness of the trees!

 

I want to give to you legend of rose-tinted air

of the goddess Sarasvati,

and the modest rosaries

of my faith

with its violence and brilliant light!

 

Notes:

Tropology: the figurative use of language; the figurative interpretation of the scripture as a source of moral guidance

Alba, reverdies: Old French poetic genres

Mis à jour ( Dimanche, 03 Juin 2018 12:33 )