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VIVRE HEUREUX - français

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VIVRE HEUREUX

 

κτῆμα ἐς ἀεί (Khtêma es aeí)

Un bien pour toujours, une richesse impérissable »).


L’éclat du ciel matinal,

La transparence de l’air de cristal,

Le souffle léger de la brise amoureuse !

 

Sortir dans les champs,

Cueillir quelques achillées,

Partager savamment les tiges

Selon l’art divinatoire du Yi Jing

Pour rendre des présages heureux !

 

Puis consulter l’astrarium

De Giovanni Dondi

Pour connaître avec une douce précision

Mon humble place de lumière

Dans le céleste système solaire

Tout frisson et mouvement perpétuel.

 

Enfin, finir par apprendre à vivre heureux

Avec les toutes petites choses sans importance,

À humer l’intense mélancolie qui flotte autour d’elles,

À admirer le fébrile synode

Des serins et des libellules

Dans notre vrai pays, notre royaume de violettes.

 

Être l’homme d’une commensalité charmante,

Fuir les passions,

Troupe mutine et emportée,

Ignorer les jeunes désirs

Qui s’irritent et s’éveillent !

 

Ange, viens, approche, montre à mes songes

Le chemin du soleil,

Toi, esprit d’aurore, énigme immémoriale,

Ma tendre respiration matinale,

Couronne de l’incorruptibilité,

Mon irréductible Martyrologe !

 

Fermer les yeux,

Oîncider enfin avec moi-même

Retourner à la lumière absolue !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 29 mai 2018

 

Glose :

Achillée (n.f.) : l'Achillée millefeuille ou la Millefeuille (Achillea millefolium) est une espèce de plante herbacée vivace de la famille des Astéracées.

Selon la légende colportée par Pline, naturaliste romain du ier siècle apr. J.-C., son nom lui vient d'Achille, héros de la mythologie grecque blessé au cours de la guerre de Troie, qui s'en servit pour guérir sa plaie et celles de ses soldats, d'où son autre nom d'« herbe du Soldat ». Achille meurt cependant d'une flèche empoisonnée lancée par Pâris. Ce dernier a-il utilisé la vénéneuse prisette, l'herbe de Pâris, ou simplement l'arsenic ?

Les Romains s’en servaient comme plante de divination.

L’achillée possède plusieurs noms vernaculaires : herbe à dindes, herbes à dindons, persil à dinde, herbe aux charpentiers, herbe aux cochers, herbe aux militaires ou au soldat, herbe à la coupure ou saigne-nez, herbe de la Saint-Jean, herbe de Saint-Joseph et herbe des menuisiers, sourcils de Vénus.

 

Le Yi Jing également orthographié Yi King ou Yi-King), prononcé en français i ting est un manuel chinois dont le titre peut se traduire par « Classique des changements » ou « Traité canonique des mutations ». Il s'agit d'un système de signes binaires qui peut être utilisé pour faire des divinations. L’élaboration de ce manuel date du Ier millénaire avant l'ère chrétienne, époque des Zhou (1027 - 256 av. J.-C.)

Il occupe une place fondamentale dans l'histoire de la pensée chinoise et peut être considéré comme un traité unique en son genre dont la finalité est de décrire les états du monde et leurs évolutions. Premier des cinq classique, il est donc considéré comme le plus ancien texte chinois.

Le Yi Jing est le fruit d'une recherche spéculative et cosmogonique élaborée, dont les articulations ont modelé durablement la pensée chinoise. Sa structure mathématique a impressionné Leibniz qui y aurait vu la première formulation de l'arithmétique binaire.

Astrarium (n.m.) : l'astrarium est un instrument issu de la modélisation du système solaire, composé simultanément d'une horloge astronomique et d’un planétarium, mis au point entre 1348 et 1364 par l’italien Giovanni Dondi.

L'astrarium est considéré dès l'époque comme une grande réussite technique, comme la merveille de son temps. Dondi écrit qu'il eut l'idée de construire l'astrarium à partir du « Planétarium Théorique » de Novare  qui décrit la construction de l'equitorium.

L'astrarium était essentiellement un mécanisme d'horlogerie comprenant un astrolabe et des cadrans calendaires ainsi que des indicateurs pour le soleil, la lune et les cinq planètes connues alors : Vénus, Mars, Saturne, Mercure et Jupiter. Il donnait en continu les principaux éléments du système solaire et pour la journée, les événements légaux, religieux et du calendrier civil. L'intention de Dondi était de permettre aux gens d'avoir une meilleure compréhension des concepts astronomiques et astrologiques. (L'astrologie était alors considérée comme un sujet digne d'étude de la part des intellectuels et était abordée avec un certain sérieux)

Synode (n.m.) : au sein du christianisme, le synode est une réunion, une assemblée délibérative d'ecclésiastiques.

Dans le catholicisme, les termes de « synode » et de « concile » ont longtemps été synonymes et interchangeables, sauf au niveau local, où a toujours été employée la désignation de synode diocésain et non pas de concile. Depuis la fin du XXe siècle, l'Église tend à réserver le terme de « concile » aux assemblées dites œcuméniques, c'est-à-dire mondiales.

L'étymologie du mot synode reste discutée. L'interprétation la plus fréquente aujourd'hui est sun-odos, c’est-à-dire « route ensemble » ou « voyage en compagnie », du nom ὁδός, hodos (avec un esprit rude) qui signifie « chemin » ou « route ». Une autre option est de faire provenir synode du grec ancien σύνοδος composé de σύν, qui signifie « ensemble », et de ὀδός provenant du dialecte attique, qui signifie « seuil de la maison » (en grec ancien οὐδός, oudos). Le mot synode désigne alors littéralement le fait de franchir le même seuil, de demeurer ensemble. Dans les deux cas, la signification est un rassemblement, une réunion.

Serin (n.m.) : serin est un terme vernaculaire de plusieurs espèces de passereaux  de la famille des Fringillidées.

L’espèce de serin la plus connue à l'échelle mondiale est le Serin des Canaries ( dit canari), oiseau de cage et de volière, apprécié pour son chant, dont il existe aujourd'hui de nombreuses mutations de couleurs et de formes.

Commensalité (n.f.) : la commensalité est :

  • la qualité de commensal (personne avec qui on mange habituellement) ;
  • le fait humain de partager le repas avec un ou plusieurs commensaux habituels ;
  • le droit d'être commensal à la table d'un souverain ; l'Académie française jouissait de ce droit ;
  • en droit canon, l'une des quatre conditions imposées pour l'ordination d'un clerc. Celui-ci devait vivre dans l'intimité de l'évêque qui allait l'ordonner, et partager ses repas pour que le prélat puisse bien connaître ses mœurs.

Attestée dès 1549, elle dérive du terme commensal, lui-même issu du latin médiéval commensalis, « compagnon de table » composé de cum, « avec »  et mensa, « table », « nourriture ».

Martyrologe (n.m.) : le mot martyrologe désigne, au sens propre, un livre liturgique, recueil de brèves notices sur les saints à fêter.