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IL N'Y A PAS D'ARMISTICE A L'AMOUR - français / anglais

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IL N’Y A PAS D’ARMISTICE À L’AMOUR


« Inter pericula constans »

(« Constant même dans les dangers »)


Non, mon Ange de lumière,

Il n’y a pas d’armistice à l’amour !

 

Malgré tout ce que le temps qui passe

Inflige à nos corps,

Nous assistons, enchantés, à la perpétuelle

Renaissance du monde,

Au mouvement envoûtant de la vie universelle !

 

Mais il y a les gouttes de rosées

Sur les fleurs de lotus,

La gaieté inhabituelle des papillons

La joie féroce des âmes innocentes !

 

Mais il y a la mousse humide et tendre,

La douce mousse parfumée sous nos pieds,

Elle qui sait que le poids du monde est amour !

 

Il y a aussi nous qui nous mélangeons

À la suavité de l’air matinal

Avec la mémoire de nos corps

Si puissante et tenace !

Il y a nos enthousiasmes,

Nos mécontentements,

Les brûlures que le silence

Pose sur nos visages écorchés !

 

Et toi, mon Ange, toi qui portes

À son acmé la lucidité sublimant

Les ratures, les biffures et les repentis,

Les aveux, les rétractions

Et les surécritures dans mes poèmes,

Rendant harmonieux nos subtils désaccords,

Faisant rayonner l’hédonisme aimable et raffiné

Dans nos existences !

 

Non, nous n’aimons point l’aisance

Qui flirte avec l’arrogance !

 

Mon Ange, rentrons à la maison,

Je voudrais poser mes lèvres

Sur ta peau couleur de miel d’acacia

Dans la clarté enveloppante du soir

Et écouter, l’âme ravie,

La divine musique

De Domenico Zipoli !

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 28 mai 2018

 

Glose :

Acmé (n.f.) : l'acmé (du grec ancien ἀκμή, « apogée ») désigne le point extrême d'une tension, d'un propos ou d'une situation. C'est un substantif féminin qui connut néanmoins des hésitations de genre et des emplois masculins avérés. Appliqué à une civilisation, le terme évoque son apogée.

Hédonisme (n.m.) : l’hédonisme (du grec ancien : ἡδονή / hēdonḗ, « plaisir » et du suffixe -ισμός / -ismós), est une doctrine philosophique selon laquelle la recherche du plaisir et l'évitement du déplaisir constituent le but de l'existence humaine. Elle est revendiquée par le cyrénaïsme. L'hédonisme se différencie de l'eudémonisme, théorisé notamment par les Épicuriens et les Stoïciens, qui considèrent le bonheur et non le plaisir comme but de la vie humaine.

Cyrénaïsme : le cyrénaïsme est une école de philosophie grecque du IV e siècle av. J.-C. , fondée par Aristippe de Cyrène, un des « Socratiques », c'est-à-dire un des disciples de Socrate. L'école est surtout associée à l'hédonisme en éthique.

Domenico Zipoli, né le 17 octobre 1688 à Prato, en Toscane (Italie), et décédé le 2 janvier 1726, à Córdoba (Argentine) est un jésuite italien et musicien baroque. Missionnaire dans les Réductions de Paraguay, où ses compositions musicales et cérémonies liturgiques contribuèrent à adapter le baroque européen aux goûts musicaux des Guaranis.

Zipoli est né dans la petite ville toscane de Prato le 16 ou 17 octobre 1688. Il y débuta ses études musicales auprès du maître de chapelle de la cathédrale.   Grâce à une bourse accordée en 1707 par le grand-duc de Toscane Cosme III de Médicis, il alla à Florence continuer   son apprentissage musical sous la direction de Giovani Maria Casini. En 1712, il étudia à Naples avec Alessandro Scarlatti, qu'il quitta à la suite d'une mésentente. Ce furent ensuite Bologne et Rome, où il travailla avec le maître Bernardo Pasquini. Deux de ses oratorios datent de cette époque : San Antonio di Padova (1712) et Santa Caterina, Virgine e martire (1714). En 1715, il fut nommé organiste à l'église de Gésù, à Rome – un poste prestigieux. L'année suivante il composa son chef-d'œuvre, Sonate d’Intavolatura pour orgue et clavecin.

Pour des raisons qui ne sont pas claires, en 1716, Zipoli se trouve à Séville (Espagne), où il devient jésuite le 1er juillet de la même année. Répondant à son souhait, le Provincial l'envoie dans les colonies espagnoles d'Amérique du Sud, alors qu'il est encore novice. Avec un groupe de 53 missionnaires, il arrive le 13 juillet 1717 à Buenos Aires. Il termine sa formation religieuse et ses études sacerdotales à Córdoba (1717-1724). Cependant, comme aucun évêque n'était disponible, il ne fut pas ordonné prêtre. Durant ces années il fut Kapellmeister, un poste qui comprend les tâches d'organiste, de compositeur et de chef de chœur. Bientôt, ses œuvres furent connues dans toutes les Réductions des territoires espagnols, du Paraguay et au Pérou. Frappé de tuberculose, il mourut à Santa Catalina, près de Córdoba, le 2 janvier 1726, âgé de seulement 37 ans. On ne connaît pas le lieu exact de sa sépulture.

 

Réductions = missions catholiques.

Ses œuvres connurent un grand succès auprès des peuples des Réductions  jésuites, en particulier les  Guaranis. Ce qu'il composa en Italie a toujours été connu, mais récemment certaines pièces de musique d'église composées plus spécifiquement pour les peuples des Réductions furent retrouvées dans des archives à Chiquitos (en Bolivie) : deux messes, deux psaumes, trois hymnes et un Te Deum laudamus.  Trois sections d'un oratorio, San Ignacio de Loyola, réarrangées à Chiquitos de nombreuses années après la mort de Zipoli, semblent bien être de sa main.

Pendant de nombreuses années, sa musique fut jouée et chantée par des choeurs  guaranis et autres. Fort appréciée de ses collègues jésuites, elle eut également une grande influence sur d'autres compositeurs.

 

ENGLISH :

There is No Armistice for Love

‘Inter pericula constans’

(Constant even among dangers)

 

No, my Angel of light,

there is no armistice for love!

 

Despite everything that passing time

inflicts upon our bodies,

we take part, as if spellbound, in the perpetual

rebirth of the world,

in the bewitching movement of universal life!

 

But there are dewdrops

on lotus flowers

the rare gaiety of butterflies

and the fierce joy of innocent souls!

 

But there is the damp and tender moss,

the gentle scented moss beneath our feet,

which knows that the weight of the world is love!

 

And here we are, we who merge

with the sweet morning air

carrying the memory of our bodies

so powerful and tenacious!

There are our enthusiasms,

our discontents,

the burns which silence

places upon our flayed faces!

 

And you, my Angel, you who bring

to a high point the sublimating lucidity,

the erasures, redactions and repentances,

the confessions, retractions,

the crossings out and substitutions in my poems,

harmonising our subtle disagreements,

illuminating the pleasant, refined hedonism

of our existences!

 

No, we have no love for the kind of easy fluency

which flirts with arrogance!

 

My Angel, let us return home,

I want to place my lips

on your skin the colour of acacia honey

in the seductive light of evening

and listen, with delight in my soul,

to the divine music

of Domenico Zipoli!

 

 

translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

Mis à jour ( Mercredi, 30 Mai 2018 11:42 )