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La lumière tombe sur la lumière - français

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LA LUMIÈRE TOMBE SUR LA LUMIÈRE

« Post tenebras, lux »

(« Après le ténèbre, la lumière »)

 

La lumière tombe sur la lumière

Comme la pluie printanière

Tombe sur la pluie.

 

Ce sentiment de vive plénitude

Comme si mon âme, traversait à l’exemple du Christ,

Les neuf cercles des anges !

 

Comme tout est teint de fraîcheur

En ce jour radieux !

 

Les grappes de mots,

Comme les grappes odorantes

Des fleurs d’acacia,

Ont un goût suave et festif !

 

Le silence mélodieux de cette après-midi

Où les laborieuses fourmis

S’affaire fiévreusement dans les champs

Flatte mon ouïe.

 

Peu à peu ma poitrine

Se teint en jaune or

Et tout devient d’une beauté féerique

Où flotte une étrange, une vague tristesse

Qui me rappelle les poèmes incantatoires

Du poète hongrois Attila József !

 

Âme, que cherches-tu

Dans les denses couronnes de ces arbres

Qui grimpent, en chantant, vers le soleil ?

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 20 mai 2018

 

Glose :

Post tenebras lux est une phrase latine signifiant « Après les ténèbres, la lumière » et parfois traduit en « La lumière après les ténèbres ». Il s'agit d'une version raccourcie de la phrase « Post tenebras spero lucem » (« Après les ténèbres, j'espère la lumière ») provenant de la Vulgate du Livre de Job.

Attila József (1905-1937) : éminent poète hongrois. Poète de la révolte, son poème De l'air !, écrit avant la Seconde Guerre mondiale  pendant le régime dictatorial de Horthy, fut repris par les Hongrois en octobre 1956, et a fait la première page de la revue estudiantine Po Prostu en 1956, revue d'intellectuels publiée de 1947 à 1957.

Fils d'Áron József, ouvrier dans l'industrie savonnière d'origine roumaine, et d'une paysanne hongroise Borbála Pőcze, il est né dans un quartier pauvre de Budapest. Il avait deux grandes sœurs : Eta et Jolán. Il n'avait que trois ans quand son père abandonna sa famille. Ils vécurent dans l'extrême pauvreté : sa mère pouvait à peine s'occuper de ses trois enfants et payer la location du petit appartement où ils vivaient. Elle confia Etelka et Attila à des parents adoptifs d’un village, où ce dernier travailla dans une ferme. Là-bas, son père adoptif ne respectait pas même son prénom et l'appelait 'Pista'. Les conditions de vie y étaient si médiocres qu'il s'enfuit pour retrouver sa mère à Budapest. Cette dernière mourut en 1919, à 43 ans. Après cela son beau-frère Ödön Makai, avocat et époux de sa sœur Jolán, le prit en charge et lui offrit des études dans un bon lycée. Plus tard il fut reçu à la Faculté des lettres de l’Université Szeged - son rêve était de devenir enseignant - mais il s'en détourna à cause d'un conflit avec un professeur scandalisé par la provocation de l'un de ses poèmes. Selon Armand Robin, poète et traducteur, « József fut en butte à toutes sortes de persécutions, puis fut exclu du parti communiste hongrois pour crime d’idéalisme »

À partir de ce moment, il essaya de se prendre en charge lui-même grâce au peu d'argent qu'il gagnait en publiant ses poèmes. Il commença à montrer des signes de schizophrénie et fut soigné par des psychiatres. Il ne se maria jamais, mais tombait fréquemment amoureux de ses compagnes. Il mourut à l'âge de 32 ans, écrasé par un train. Un mémorial est érigé non loin de l'endroit où il décéda. La thèse généralement acceptée est celle du suicide ; certains considèrent cependant que sa mort fut accidentelle.