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Ce silence séraphique des âmes pures - français

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CE SILENCE SÉRAPHIQUE DES ÂMES PURES

« Et tel avait été l’occident, et tel avait été l’orient… »

 

Antoine Fabre d’Olivet,

La Cosmogonie de Moyse

I.

 

Ce silence séraphique des âmes pures

Au milieu du bruit assourdissant de la ville.

Le ressort délicat des êtres,

La force de l’éloquente raison

Et son élégante justesse,

Le mouvement réglé de l’univers

Et l’horloge vivante de la nature !

Ces mêmes lois qui préside à toute

La Création !

 

II.

 

En robe diaprée s’avance l’aurore

Avec un cadran d’or semé de rubis

Où, en tuniques émeraude, marchent les heures du jour !

 

Qu’il est beau le bouton qui perce le rameau,

Qu’elle est agréable aux corps la délicieuse ombre

Des jeunes ormeaux où,

D’un doux tressaillement, frémit

Longtemps le cœur !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 27 avril 2018

 

Glose :

 

Antoine Fabre d’Olivet (1767-1825). L’importante partie de sa production qu’il a, comme écrivain et philologue français, consacrée à la langue occitane, fait de lui un des précurseurs de la renaissance du Félibrige.

Protestant cévenol, de la même famille que Jean Fabre de Nîmes, fils d’un riche fabricant de bas de soie venu commercer à Paris, il s’intéresse très tôt à la musique et aux belles-lettres. Patriote en 1789, il fait jouer plusieurs pièces révolutionnaires, puis renonce à la politique en 1791. Après la faillite de la maison familiale, Fabre d’Olivet tente de vivre de sa plume en fondant plusieurs journaux, parmi lesquels L’Invisible et Le Palladium de la Constitution. Il publie un roman et plusieurs œuvres musicales.

S’intéressant de plus en plus à la théosophie et à la philologie, il prépare La Langue hébraïque restituée et travaille sur La Musique expliquée.

Fabre d’Olivet prétendait avoir retrouvé le vrai sens de la langue hébraïque,  qui était, disait-il, restée ignorée jusqu’à lui. Dans son ouvrage clef, La Langue hébraïque restituée, il reprend le cours historique du peuple hébreu et détaille la fracture linguistique de ce peuple à la suite de l’Exode après la chute de Jérusalem. Fabre d’Olivet estime qu’à la suite de l’Exode, l’esprit de la langue hébraïque a été perdu, sauf chez les Esséniens qui auraient gardé la compréhension orale des racines hébraïques. Il reprend dès lors, à partir de zéro, l’ensemble de la grammaire hébraïque ainsi que l’étude des racines hébraïques en faisant un effort de systématisation digne.

Fabre d’Olivet publie également un ouvrage, Caïn, dans lequel il traduit et commente le célèbre poème de Lord Byron. Les commentaires de Fabre permettent d’éclairer les concepts métaphysiques abordés dans la traduction de la Genèse de La Langue Hébraïque restituée.

La préoccupation de Fabre d’Olivet pour l’étude de la musique l’amène aussi à approfondir sa conception de l’ouïe. Il va jusqu’à prétendre pouvoir guérir des sourds-muets par une méthode secrète et publie à ce sujet l’étude d’un cas clinique en 1811.

À la fin de sa vie, il fonde un culte nouveau, le culte théodoxique, sur lequel il publie deux ouvrages importants, L’Histoire philosophique du genre humain et La Théodoxie universelleL’Histoire philosophique du genre humain est un essai de reconstitution de l’évolution de la pensée humaine à partir de déterminants significatifs.

Il fait aussi une traduction des Vers dorés de Pythagore, accompagnée de commentaires sur l’initiation pythagoricienne. Les Vers dorés ont été publiés sous forme de feuilleton dans la revue Le Voile d’Isis,

Antoine Fabre d’Olivet meurt foudroyé d’une attaque d’apoplexie. Sa tombe au cimetière du Père-Lachaise est surmontée d’une colonne brisée.