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Blancs sont les buissons - français

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BLANCS SONT LES BUISSONS

« À sa langue, en naissant, tout Français attaché,

Surprendra, comme moi, son mérite caché. »

 

Pierre-Antoine - Augustin de Piis

 

Blancs sont les buissons couverts de fleurs,

Blanc est l’air qui dort dans leurs calices.

Blancs sont, ô terre nubile, les entrailles des métaux

Où vibre et respire l’éternelle poésie !

 

Le cercle des splendides couleurs

Se referme comme le cercle des gammes de musique,

Divine analogie de la lumière et des sons !

 

Ô poésie, langue originelle des rois

Langue absolue, précise algébrique !

Toi qui fais de tout arbitraire une vive tradition  !

 

Je songe à l’avide opulence

Au feu religieux de la langue japonaise

Qui conjugue ses adjectifs !

 

Je songe aussi à vous, amants parfaits, amis de la lune,

Prisonniers de vos sourires,

Qui traversez l’ombre élégiaque des cyprès,

Vous dont les cœurs s’ouvrent à l’aube

Comme des pivoines pourpres

Qui boivent, en souriant, la lumière

Encore humide de la nouvelle journée.

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Istanbul, le 25 avril 2018

Glose :

Pierre-Antoine-Augustin, chevalier de Piis (1755-1832), haut fonctionnaire de police, homme de lettres et dramaturge français.

Piis était destiné à servir dans un régiment colonial. Par faiblesse de santé, il renonça à l’état militaire et acheva au collège d’Harcourt les études qu’il avait commencées à celui de Louis-le-Grand

En 1776, il aborda le théâtre, dès l’âge de vingt et un ans, avec une parodie d’Alceste intitulée la Bonne femme, et qui fut bien accueillie. S’étant associé Barré, alors greffier du Châtelet, ils donnèrent ensemble à la Comédie Italienne une vingtaine de petites pièces, entièrement en vaudeville, et dont le dialogue était remplacé par des couplets que l’on chantait sans accompagnement ; quelques-unes eurent une grande vogue, comme les Vendangeursle Sabot perdu et les Amours d’été, et se distinguaient par des vers charmants et des tableaux gracieux.

La nature du talent de Piis lui concilia la faveur de la cour : en 1784, il fut nommé secrétaire interprète du comte d’Artois, sinécure qui lui fut rendue dès la première restauration. En 1792, il prit part avec son ami Barré à la fondation du théâtre du Vaudeville, rue de Chartres-Saint-Honoré, spécialement consacré au genre qu’il avait restauré, et y fit représenter la plupart de ses anciens ouvrages ainsi que des pièces de circonstance.

Sous la Terreur, il fut obligé de se cacher dans le midi afin d’échapper à la tourmente révolutionnaire et, de retour à Paris, après la chute de Robespierre le 9 thermidor, il accepta des fonctions municipales dans le département de Seine-et Oise.

Appelé, le 23 ventôse an VIII, au poste de Secrétaire général de la  préfecture de police fondée en 1800, il conserva cette fonction sous trois Préfets de police successifs et jusqu’au 14 août 1815.Les hautes fonctions dans la police de Piis lui permettront de protéger ce théâtre de la proscription voulue par Bonaparte et qui entraina la fermeture de nombreux théâtres.. Pendant les Cent-Jours, il fut employé par le comte Réal  en qualité d’archiviste.

Piis était membre de la Légion d’honneur, mais se présenta trois fois sans succès aux élections de l’Académie français.

Il meurt à Paris le 22 mai 1832, sans postérité.