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Et la jeunesse - français / anglais

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ET LA JEUNESSE

« Sans raison je suis sage, et suis fou sans folie »

Ponce-Denis Écouchard-Lebrun

 

Ô pensée, toi qui repousses les limites de l’univers

Et ouvres l’accès de l’âme

A la chaîne invisible des esprits célestes !

Plus tempérant, plus fort se dresse le corps

Qui respire les douces émotions des dieux !

 

Ange, comme j’aime les sourires

Embaumés des fleurs,

Les reflux de l’onde pure,

La souplesse soyeuse de l’air,

Le crépuscule qui unit le jour qui décline

À la nuit qui naît !

 

Alors s’installe la paix nourricière

Couronnée de laurier et d’épis !

 

Celui qui sais que

Tous les atomes

Sont liés dans le cœur de l’Être

Peut composer les pages fulminantes

D’un livre auguste  !

 

Et la jeunesse à l’âme encore transparente

Pourra boire la sève des mots

Comme la cire et les retenir dans sa chair vibrante

Comme le marbre !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Istanbul, le 24 avril 2018

 

Glose :

Ponce-Denis Écouchard-Lebrun, dit Lebrun Pindare (1729-1807) , est un poète français.

Fils d'un valet de chambre du prince de Conti, Lebrun fut inscrit par ce dernier au Collège Mazarin où il eut pour camarade d'école un fils de Louis Racine dont il devint l'élève. Il fit de brillantes études et montra des dispositions précoces pour la poésie, composant ses premiers vers à 12 ans. En 1755, il publia une Ode sur les désastres de Lisbonne. En 1759, il épousa Marie Anne de Surcourt, qui apparaît dans ses Élégies sous le nom de Fanny. Sa femme eut à subir son tempérament emporté et violent et quand, en 1774, elle demanda la séparation de corps, elle fut appuyée par la propre mère de Lebrun et par sa sœur. La séparation fut prononcée en 1781.

En 1760, Lebrun rencontra une nièce de Corneille, qui traversait une situation difficile, et écrivit une ode pour la recommander à Voltaire qui adopta la jeune fille.

À la mort du prince Conti,, il perdit sa place de Secrétaire des commandements de ce prince et il perdit également une grande part de sa fortune dans la banqueroute du prince de Guéméné en 1783 et dut s'installer dans une petite chambre de la rue Montmartre dont Chateaubriand a décrit la misère : « Son Parnasse, chambre haute dans la rue Montmartre, offrait pour tout meuble des livres entassés pêle-mêle sur le plancher, un lit de sangle dont les rideaux, formés de deux serviettes sales, pendillaient sur une tringle de fer rouillé, et la moitié d'un pot à l'eau accotée contre un fauteuil dépaillé ». C'est à cette époque qu'il composa un long poème resté inachevé, Les Veillées des Muses, et son Ode à Georges-Louis Leclerc, Comte de Buffon considérée comme l'un de ses meilleurs ouvrages.

Écouchard-Lebrun devait désormais mendier les pensions du gouvernement pour survivre, et dut flatter tour à tour les puissants du jour.

La veine révolutionnaire lui inspira l'un de ses meilleurs poèmes, sa remarquable Ode sur le vaisseau « Le Vengeur ». Il termina en chantant les louanges de Napoléon dans son Ode nationale contre l'Angleterre, après avoir été pourtant un opposant à Bonaparte, contre qui il écrivit « des vers sanglants », aux dires de Chateaubriand.

Le Directoire le nomma membre de l'Institut dans la section de poésie (3e classe) le 20 novembre 1795. À cette époque, il épousa sa servante qui, dit Sainte-Beuve, « le trompait et le maîtrisait » et devint aveugle. Le gouvernement le logea dans un grenier du Louvre, puis au Palais-Royal. En 1803, il fut placé dans la deuxième classe (équivalant à l'Académie française) où il occupa le fauteuil de Louis-Georges de Bréquiogny.

 

ENGLISH :

 

And Youth

‘Without reason I am wise and I am mad without madness’

Ponce-Denis Échouard-Lebrun

 

O thought, you who drive back the limits of the universe

and open up the soul’s access

to the invisible chain of celestial spirits!

More temperate, stronger stands the body

that breathes the sweet emotions of the gods!

 

Angel, how I love the balmy

smiles of the flowers,

the ebb and flow of the pure wave,

the silky suppleness of the air,

the twilight which unites the declining day

with the birth of night!

 

That is how sustaining peace settles in

crowned with laurels and ears of corn.

 

He who knows that

all atoms

are bound into the heart of Being

can compose the furious pages

of a noble book!

 

And youth with its still transparent soul

will be able to drink in the sap of words

like wax and retain them in its vibrant flesh

like marble!

 

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

Mis à jour ( Mercredi, 25 Avril 2018 15:00 )