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Ces paroles qui s'épanouissent - français

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CES PAROLES QUI S’ÉPANOUISSENT

« Le temps ? Qu'importe ce blanc qu'il pose sur les cheveux :
Mon âme comme un fleuve est riche de nouveaux courants. »

Missak Manouchian

I.

Ces paroles qui s’épanouissent

Parmi les campanules violettes

Sous  le regard flamboyant du ciel.

 

Cette tendre joie qui flotte

Autour du vase de cristal fragile

Et illumine ce jour ordinaire

De sa douce clarté bleue.

 

On dirait la grâce divine

Descendue

Sur nos pensées quotidiennes.

 

II.

 

La maison ancienne

S’emplit d’arôme pareille à

Un temple chargé de vastes mystères

Où les lettres, voyelles et consonnes,

Marquent la mémoire des siècles

De leur émouvante blancheur !

 

Un temple de dévotion sereine

Où entrent et sortent

Des songes vêtus de pervenches.

 

Et où le temps nous serre, en chantant,

Sur son cœur ardent !

 

III.

 

La voix d’une mésange

Fait tomber l’aube sur nos épaules.

 

Soudain, tout nous semble

D’une beauté imprononçable !

 

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 4 mars 2018

Glose :

 

Missak, dit MichelManouchian, né le 1er septembre 1906 à Hisn-i Mansur dans l’Empire ottoman, mort fusillé à trente-sept ans au fort du Mont-Valérien le 21 février 1944, est un poète arménien et un illustre résistant.

Rescapé du génocide arménien et formé au métier de menuisier, il se réfugie en 1925 en France, pays de « préférence » qu'adoptera  sa veuve. Ouvrier tourneur autodidacte, il s'engage à la suite de la crise du 6 février 1934 dans le militantisme antifasciste qu'anime le mouvement communiste et devient en juillet 1935 un cadre du Komintern en prenant la direction de la revue du HOC, Comité de secours pour l’Arménie, puis de l'Union populaire franco-arménienne, relais successifs du syndicat de la Main-d’œuvre immigrée auprès des ouvriers arméniens.

Il entre dans la Résistance en 1941, à la rupture du Pacte germano-soviétique, et est versé en février 1943 dans les FTP-MOI de la région parisienne. Alors que les arrestations se multiplient, il est choisi en août 1943 pour en être le commissaire militaire et est arrêté trois mois plus tard. Figure d'une résistance armée contraire à l’attentisme prôné tant par les gaullistes que par les communistes tel Marcel Cachin, il meurt « en soldat régulier de l’Armée française de la Libération » avec vingt-deux de ses camarades de l'Affiche rouge », « étrangers et nos frères pourtant »

FTP-MOI : Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée.