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Francisco Azuela - poème dédié à Athanase

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LA SOMBRA BLANCA DE HOMERO

 

Por Francisco Azuela

Poeta mexicano, residente en Bolivia

Dedico este poema con mi mayor admiración y afecto

al inmenso poeta de Francia de este  siglo,

Athanase Vantchev de Thracy,

Presidente de la Organización Mundial Poetas del Mundo.

I

Habla Naia de Tulum, “ninfa del agua”,

de las náyades griegas de agua dulce

desde su milenario Hoyo Negro maya.

 

El primer hilo de sangre nació hace muchos años

como una estrella desprendida del tiempo,

vivir entre sombras el sufrimiento de la ausencia

sin caminar en el pasillo misterioso de los muertos.

 

Primero fueron los bisabuelos de augusta dignidad

el abuelo se metió en un sarcófago en plena juventud

y una hermosa viejecita vivió una vida hermosa

y triste de soltería en su viudez de antaño.

 

A su padre le pasó lo mismo y con su madre lo mismo

canto de pájaros solitarios rompiendo los espejos

entre voces infantiles acurrucadas en la vida

pétalos de un amanecer eterno

cuando trenes de carga ruedan por la noche

sobre montañas de eucaliptos.

 

Aún no ha caminado en el pasillo misterioso de los muertos

habitante de este nuevo tiempo

busca el sonido de la aurora en medio del silencio

reflejando esperanzas de una vida conquistada

en el torbellino de nuevas tempestades

ansiosas de mantener el ritmo de la eternidad

donde los dioses naufragaron en el polvo oscuro del atardecer

colgados de una rama de hiedra venenosa

que cubre la tumba de los olvidados.

 

 

II

Homero pasó como una sombra blanca a su lado

mirándolo a los ojos

con sus ojos ciegos de párpados caídos

deslizó unas palabras que exaltaron su alma:

esto también es Troya – dijo:

no son los aqueos de la antigua Ilión

Dardanelos del Helesponto de Anatolia,

son legiones ambiciosas y asesinas del norte invadiendo naciones,

no es el rapto de la bella Helena de Esparta

ni el amor enloquecido del príncipe Paris

ni el prolongado, doloroso y triste retorno de Odiseo

ni la enemistad entre persas y griegos.

 

Así guardó silencio

un silencio profundo,

sombras en la oscuridad de la noche

donde potencias sin alma dejan caer su odio,

hoy no es el rapto de una princesa

es el saqueo de los recursos naturales del mundo

nos invade el crepúsculo.

 

III

Un nuevo Dante prepara la comedia humana contemporánea

nuevos círculos de nuestro infierno

donde cientos de cuerpos y de rostros oscuros

se retuercen abrazados a su maldad.

 

Que salgan de sus tumbas miles de víctimas inocentes sacrificadas

y las flores del mal con  su belleza poética, su amor y su muerte.

 

IV

Es la Siria​ árabe del Oriente Próximo del mediterráneo,

donde miles de vidas se apagan cada día como estrellas del universo,

lo mismo en Irak, la antigua Mesopotamia

con su cadena montañosa de Zagros

y Afganistán, sin salida al mar, pero sí a la muerte.

 

Libia en el Magreb, "lugar por donde se pone el sol"

horizonte de sangre,

el zorro del desierto”,

tantos pueblos avasallados como un canto al olvido

doliente humanidad sin abrigo,

la abnegada Palestina.

 

V

Que hable el chaski del Tahuantinsuyo y de Tacna

mensajero de los antiguos incas

y revele la invasión de la guerra del pacífico,

la usurpación abusiva de Antofagasta,

el complot que cercenó las venas azules de Bolivia.

 

VI

Que hable Zapata y sus guerreros del sur

con su sangre derramada en Chinameca

y un México nuevo recobre el rostro noble de Quetzalcóatl,

que hablen todos los héroes anónimos del mundo,

que vuelvan nuestras vidas a reencontrar su cauce

y un ave blanca en el viento cante la nueva aurora.

 

FRANCAIS

 

L’OMBRE BLANCHE D’HOMÈRE

 

Poème de Francisco Azuela, poète mexicain résidant en Bolivie

 

Je dédie ce poème, avec ma plus grande admiration et affection, à l’immense poète de France de ce siècle, Athanase Vantchev de Thracy, président de l’Organisation internationale Poetas del Mundo

 

 

 

I.

 

Ainsi parle Naia de Tulum, nymphe de l’eau,

des naïades grecques de l’eau douce

du fond millénaire de la fosse maya Hoyo Negro.

 

le premier filet de sang naquit il y a longtemps,

comme une étoile détachée du temps,

subir parmi les ombres la souffrance de l’absence

sans suivre le sentier mystérieux des morts.

 

ce furent d’abord les bisaïeux à la dignité auguste,

l’aïeul fut mis dans un sarcophage en pleine jeunesse

et une gracieuse petite vieille vécut une vie belle

et triste de solitude de femme seule.

 

il arriva la même chose à son père

et la même chose à sa mère –

eux, chants d’oiseaux solitaires brisant les miroirs,

flottant entre les voix infantiles blotties dans la vie,

des parents - pétales d’un matin éternel,

au temps où les trains de marchandises parcourent la nuit,

au-dessus des montagnes d’eucalyptus.

 

je n’ai pas encore suivi le sentier mystérieux des morts,

moi, habitant de ces temps nouveaux,

je cherche le chant de l’aurore au milieu du silence,

chant qui reflète les espérances d’une vie conquise

dans les tourbillons de nouvelles tempêtes

soucieuses de maintenir vivant le rythme de l’éternité

où les dieux sombrèrent jadis dans la poussière obscure du soir,

accrochés à une branche de lierre vénéneux

qui recouvre les tombes des oubliés.

 

II.

 

Homère passa comme une ombre blanche à côté du poète,

le regardant dans les yeux

avec ses yeux aveugles aux paupières closes,

il glissa quelques paroles qui exaltèrent l’âme du chantre :

ceci aussi est Troie – dit-il :

ce ne sont pas les Achéens de l’antique Illion,

les Dardanelles de l’Helespont d’Anatolie,

ce sont les légions ambitieuses et assassines du Nord

qui envahissent les nations,

ce n’est pas l’enlèvement de la belle Hélène de Sparte

ni l’amour fou du prince Pâris,

ni le retour long, douloureux et triste d’Ulysse,

ni l’inimitié entre Perses et Grecs.

 

Puis, il garda le silence,

un silence profond,

c’étaient des ombres perdues dans l’obscurité de la nuit,

où des puissances sans âme déversaient leur haine,

aujourd’hui ce n’est pas l’enlèvement d’une princesse,

c’est le pillage des ressources naturelles du monde,

le crépuscule nous envahit.

 

III.

 

Un nouveau Dante se penche sur la comédie humaine contemporaine,

ah, que de nouveaux cercles de notre enfer

où des centaines de corps et de visages obscurs

se tortillent, enlacés à leur mal !

 

Que sortent de leurs fosses

les milliers de victimes innocentes immolées,

que reviennent Les fleurs du mal avec leur beauté poétique,

leur amour et leur mort !

 

 

IV.

 

C’est la Syrie arabe du Proche-Orient méditerranéen

où des milliers de vies s’éteignent chaque jour

comme des étoiles de l’univers,

c’est la même chose en Irak, l’antique Mésopotamie,

avec sa chaîne montagneuse de Zagros

et l’Afghanistan, sans sortie sur la mer, mais bien sur la mort.

 

La Libye, au Maghreb, le lieu où le soleil se couche

Derrière un horizon ensanglanté.

Le renard du désert massacré,

tant de peuples vassalisés devenus des chants d’oubli,

humanité souffrante sans abri,

la Palestine sacrifiée.

 

V.

 

Que parle le chaski de Tahuantinsuyo et de Tacna,

véloce messager des anciens Incas,

qu’il révèle l’invasion lors de la guerre du Pacifique,

l’usurpation abusive d’Antafogasta,

le complot qui a tranché les veines bleues de la Bolivie !

 

VI.

 

Que s’expriment Zapata et ses guerriers du Sud

avec leur sang répandu à Chinameca

et qu’un nouveau Mexique retrouve le noble visage de Quetzalcoatl,

que parlent tous les héros anonymes du monde,

que nos vies reviennent et retrouvent leurs cours

et que, dans le vent, un oiseau blanc chante la nouvelle aurore.

 

Cochabamba, Bolivie, le 8 mars 2018

Poème traduit en français par Athanase Vantchev de Thracy

Glose établie par Athanase Vantchev de Thracy :

 

Tulum ou Tuluum est un site archéologique d'une ancienne cité maya. Il se situe dans la péninsule du Yucatan, dans le sud-est du Mexique (État du Quintana Roo), dans une région appelée la Riviera Maya, le long de la mer des Caraïbes. Le site fait partie depuis 1981 du parc national Tulum.

 

Hoyo Negro : fosse souterraine submergée. Les cénotes et les systèmes de grottes sous-marines de la péninsule du Yucatan apparaissent comme les sites les plus prometteurs pour les études paléoaméricaines. Après la fin du dernier maximum glaciaire, la mer a inondé les labyrinthes de passages souterrains de la région et a préservé des fossiles du Pléistocène tardif. Un squelette de femme, nommé "Naia", présente une occasion unique pour la recherche interdisciplinaire paléoaméricaine et paléoenvironnementale à Quintana Roo, au Mexique. Le squelette de la jeune femme représente le plus ancien individu presque complet trouvé dans les Amériques.

 

Les Chaskis (ou Chasquis) étaient des coureurs agiles et hautement entraînés qui délivraient des messages, des présents royaux ou autres objets dans tout l'empire Inca, principalement au service du Sapa Inca. Les chasquis étaient envoyés à plusieurs centaines de kilomètres, tirant ainsi parti du vaste réseau routier inca.

 

L’empire inca (Tahuantinsuyu, Tahuantinsuyo ou Tawantin Suyu en langue quechua signifiant « quatre en un » ou « le tout des quatre parts ») fut, aux XVe et XVIe siècles, le plus vaste empire de l'Amérique précolombienne. Son territoire s'étendait, à son extension maximale, sur près de 4 000 km de long, depuis le Nord de l’actuelle Colombie jusqu'au Sud de l'actuel Chili.

 

Tacna est une ville du Sud du Pérou, capitale de la Région de Tacna. Elle est située dans le désert d'Atacama, dans la vallée du Río Caplina.

 

Antofagasta est une ville côtière et une commune du Chili située dans le désert d'Atacama. Avec une population d'environ 390 000 habitants, elle est la cinquième ville du pays.

Emiliano Zapata Salazar dit El Caudillo del Sur (1879-1919) fut l'un des principaux acteurs de la révolution mexicaine de 1910 contre le président Porfirio Diaz, puis de la guerre civile qui suivit le départ en exil de celui-ci en 1911.  Sa mort :

En avril 1919, le colonel Jesus Guajardo complota une embuscade contre Zapata avec son supérieur le général Pablo González Garza. Pour gagner la confiance de Zapata, il simula de la sympathie pour lui et fit attaquer une colonne de soldats fédéraux (ses propres hommes),  en tuant 57. Il obtint ainsi de lui parler de son ralliement, lui promettant des hommes, des fusils et de l'artillerie. Ils prirent rendez-vous à l'hacienda de San Juan Chinameca, Zapata tomba dans le piège : des hommes armés l'y attendaient et il fut abattu à bout portant.

Guajardo, pour avoir mené à bien et de manière satisfaisante la difficile mission qui lui a été confiée, reçut une récompense de 50 000 pesos or (soit 37,5 kilos d'or fin) et fut nommé général sur ordre personnel de Venustiano Carranza, président du Mexique de 1915 à 1920.

Le samedi suivant son assassinat, au cimetière de Cuautla, Zapata fut enterré très profondément pour que ses partisans n'emportent pas sa dépouille. Sa tombe porte le numéro 23. On peut y lire :

« À l'homme représentatif de la révolution populaire
À l'apôtre de l’agrarisme, au visionnaire qui jamais ne perdit la foi
À l'immortel
EMILIANO ZAPATA
ses compagnons de lutte rendent cet hommage »

 

Chinameca est une municipalité de la région sud-est de Veracruz, au Mexique.

 

Quetzalcoatl, ou Quetzalcóatl (littéralement « quetzal-serpent », c'est-à-dire « serpent à plumes », en nahuatl), est le nom donné, dans le centre du Mexique, à l'une des incarnations du serpent à plumes qui était une des principales divinités pan-mésoaméricaines. Au Mexique central, il est connu à l'époque postclassique sous la forme de Ehecatl-Quetzalcoatl.

Le culte de Quetzalcoatl semble originaire de Teotinhuacán. Un chef toltèque de la période postclassique était appelé Quetzalcoatl, il s'agit peut-être du même individu connu sous le nom de Kukulkán et qui aurait envahi le Yucatan à la même période. Les Mixtèques eurent aussi un chef nommé le serpent à plumes. Au Xe siècle, un chef étroitement associé à Quetzalcoatl, Acatl Topiltzin Quetzalcoatl régnait sur les Toltèques. On prétendait qu'il était le fils de Mixcoatl (un légendaire guerrier chichimèque divinisé) et de Chimalman (déesse de Colhuacan), ou un autre de leurs descendants.

 

Cochabamba, Bolivia, 8 de marzo de 2018.

Mis à jour ( Mardi, 06 Mars 2018 12:46 )