Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

Deux respirations - français /anglais

PDF
Imprimer
Envoyer

DEUX RESPIRATIONS

« Les azalées de Yaksan Yôngbyôn

J’en cueillerai

Une brassée que je répandrai sur votre route. »

Kim So-wol

1.

Cette fleur de pêcher

Dans tes cheveux de soie !

 

Toi, si fine, si délicate, si frêle

Derrière le lourd rideau de taffetas

Comme une douce vapeur

Qui se dissipe dans l’air,

Comme une apparition qui chante !

 

La musique de la rivière proche

Accompagne ta pure mélodie !

 

Ah cette lumière nacrée

Dans le souffle léger

De ta passion printanière !

2.

 

Voici que la nuit se couche

Dans la flamme de la bougie.

Des petits insectes s’aventurent

Dans cette clarté stupéfiante !

 

La tristesse qui envahit ton cœur

À la vue de cette scène de sacrifice

Est-elle le commencement de la sainteté ?

 

Comment accepter l’incompréhensible ?

 

Leur mort, comme celle des moines,

Est-elle l’acte suprême de leur vie ?

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 3 mars 2018

 

Glose :

 

 

Kim So-weolo-wol (1902-1934) est un poète coréen ayant apporté une grande contribution à la poésie moderne en Corée. Son style rappelle le rythme et les thèmes des chansons populaires et traditionnelles de Corée. Fleurs d'azalée (Jindallae kkot) est l’un de ses poèmes les plus connus. Ses thèmes mélancoliques de départs et de renoncements rappellent la chanson folklorique coréenne Arirang. La musicalité populaire qui imprègne ses poèmes lui a valu d’être considéré comme le « poète des chansons folkloriques ».

Kim So-weol wol est né sous le nom de Kim Jeong-sik (김정식, 金廷湜) dans un village de montagne à une époque où l'influence japonaise sur la Corée est de plus en plus marquée. Alors qu'il n'a que deux ans, son père est agressé par des travailleurs japonais puis finit par sombrer dans la folie. Kim Jeong-sik est donc élevé par son grand-père, un exploitant minier. Il se marie à 14 ans.

Il entre à l'école Osan où il fait la connaissance du poète Kim Eok qui devient son mentor. Il étudie à l'académie Baejae de Séoul puis part poursuivre ses études à Tokyo entre 1923 et 1925.

Sur le plan privé, il aide son grand-père à conduire son entreprise mais celle-ci fait bientôt faillite. Les affaires continuent ensuite à aller mal, l'écrivain sombre dans l'alcoolisme et finit par se suicider en s'empoisonnant à l'âge de 32 ans.

Kim fait ses débuts en 1920 en publiant ses poèmes dans la revue Changjo et utilise pour la première fois le nom de plume de So-wol (blanche lune). Il continue ensuite de publier dans la revue Gaebyeok et se fait remarquer par les critiques avec Un jour beaucoup plus tard (Meon hu-il) ayant comme sujet un amour immortel puis avec le poème Fleurs d'azalée (Jindallae kkot). Sa carrière culmine en 1925 avec la publication de son recueil. Il a écrit 154 poèmes et essais

Depuis 1987, le prix de poésie Sowol récompense les poètes coréens.

Taffetas (n.m.) : étoffe de soie serré, sans envers, d’aspect sec et craquant quand on la froisse, utilisée dans l’ameublement et dans la confection de vêtement. Taffetas de Chine, de Naples, de Florence, taffetas moiré, ondé, etc. L'appellation est réputée venir d'un mot persan (« taftâ »), désignant littéralement « ce qui est tissé ». On trouve ainsi l'expression « armure taffetas » en confection pour désigner une armure de toile (tissée selon le principe : un fil pris, un fil laissé).

ENGLISH :

Two  Breaths

‘The azaleas of Yaksan Yôngbyôn

I will gather

an armful to scatter where you walk.’

Kim So-wol

 

1.

This peach tree flower

in your silken hair!

 

You so graceful, so delicate, so frail

behind the heavy taffeta curtain

like a gentle vapour

disappearing into the air,

like the faint song of a wraith!

 

The music of the nearby river

accompanies your pure melody!

 

Ah this mother of pearl light

in the light breath

of your springtime passion!

 

2.

And now the night lies down

in the flame of your candle.

Small insects venture

into the blinding light!

 

The sadness which invades your heart

when you see this scene of sacrifice,

is it the beginning of sainthood?

 

How can we accept the incomprehensible?

 

Their death, like that of monks,

is it the supreme act of their lives?

 

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges


Mis à jour ( Samedi, 03 Mars 2018 15:02 )