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Les ailes - français

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LES AILES

« Dans cette quiétude sereine

Je pourrais presque compter les étoiles d’automne »

Yun Dong-ju

 

I.

 

Peu à peu les ailes des oiseaux deviennent ciel

Et le cœur éclate devant la splendeur des tulipes !

Leur jeune transparence

M’unit prodigieusement à l’ineffable silence de l’air.

 

Cet amour de la musique des vallées ornées de fleurs

Et ta voix de lis blanc

Qui me protège des froids tremblements des soirs.

 

Mon Ange, je plonge dans ton âme pourpre

Et me met à pleurer de joie.

 

Je m’abreuve à la source où flottent

Les ombres immortelles des poètes

Comme la lune qui trempe ses lèvres pâles

Dans les vasques tourmalines des étoiles.

 

II.

Debout sur le seuil de la maison blanche

Tu restes éthérée et impalpable

Devant le livre majestueux des saisons.

Toi, pareille aux statues aériennes

Sculptées par les mains fascinantes

Et l’esprit superbe de Falconet !

 

Toi qui sais que j’aime les mots

Qui lavent les larmes de ton visage,

Les mots qui remplissent ton cœur

D’été, de roses, de clématites et de cicades !

 

Tous ces mots d’urgence et d’éternité !

 

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 2 mars 2018

 

Glose :

Yun Dong-ju, un des plus célèbres poètes coréens est né le 30 décembre 1917 en Mandchourie dans une famille chrétienne et mort le 16 février 1945. Son père s'opposant à son rêve de devenir poète, il fuit la maison parentale et part étudier les lettres à l’école Yonhui (aujourd’hui l’université Yonsei) à Séoul. Durant cette période, il a choisi 19 poèmes à publier dans un recueil qu'il intitule Ciel, vent, étoiles et poésie (Haneulgwa baramgwa byeolgwa shi) mais ne parvient à trouver de maison d'édition pour les faire paraître. À la fin de ses études, il part étudier la littérature anglaise à Tokyo, d'abord à l'université Rikkyo puis à l'université Dōshisha. Accusé de se livrer à des activités anti-japonaises, il est arrêté en juillet 1943 et condamné à deux ans de prison. Torturé et affamé, il meurt au pénitencier de Fukuoka le 16 février 1945.

Son œuvre principale est finalement un recueil de 31 poèmes, intitulé comme il le souhaitait Ciel, vent, étoiles et poésie (Haneulgwa baramgwa byeolgwa si), publié à titre posthume en 1948. Avec la publication de ce recueil, Yun fut dès lors considéré comme un des symboles de la résistance contre l'impérialisme japonais en Corée durant l'occupation.

Il a été lui-même surnommé Haewhan, lumière du jour.

Tourmaline (n.f.) : le nom tourmaline provient d’un vieux mot cingalais (langue officielle de Sri Lanka), « touramalli » voulant dire « pierres de couleurs mélangées », nom appliqué à l’origine à un assortiment de pierres de couleurs qui étaient principalement des zircons.
La tourmaline peut revêtir chaque couleur de l’arc en ciel ou se présenter dans l’assemblage de deux ou trois couleurs. On trouve aussi des cristaux multicolores qui apparaissent avec une couleur différente de chaque côté du cristal. Il existe également des cristaux d’une couleur à l’intérieur du cristal recouverte d’une autre couleur à l’extérieur, ces dernières avec un intérieur rose et un extérieur vert sont appelées tourmalines melon d’eau.

Étienne Maurice Falconet, né le 1er décembre 1716 à Paris,  où il est mort le 24 janvier 1791, est un des sculpteurs français le plus fascinant.

Influencé par l’école baroque dont il peut être considéré comme un maître, Falconet reste un sculpteur néoclassique. Ses œuvres les plus célèbres sont L'Amour menaçant (Paris, musée du Louvre) et le Monument à Pierre le Grand, dit Le Cavalier de bronze à Saint-Pétersbourg en Russie.

Cicade (n.f.) : autre nom de la cigale.