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LE CHANT REGULIER - français

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LE CHANT RÉGULIER

 

I.

 

Le chant régulier de la pendule,

La marche mélodieuse du temps vers l’éternité,

Le poème incessant de l’air contre les tempes,

Me reste-t-il encore des jours à vivre ?

 

Derrière la vitre rêveuse,

Les fines feuilles des frênes

Frémissent sous l’eau de la pluie !

 

Quelle fraîcheur argentée de l’air,

Un grêle passereau, tout mouillé,

Tremble et s’ébroue

Sous une large feuille verte de rhubarbe.

 

Les légions d’insectes

Se taisent à l’abri des pourpres boucliers des pivoines.

 

II.

 

Une solitude de quartz

Chante doucement,

Amoureusement dans mon cœur !

 

Je ne me fatigue jamais

D’admirer les calices translucides les iris

Et d’aimer le bleu des hortensias

Flottant dans la blancheur du ciel !

 

III.

 

Le temps bouge à l’ombre

De la nappe blanche du dimanche.

 

Ah ce jour sans fin

Dans le calme lyrique de la chambre,

Cette odeur verticale du pain chaud,

 

Ange, je te regarde labourer mon âme !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 23 février 2018

 

Glose :

 

Chiyo-ni (千代尼?, « la nonne Chiyo »), (1703-1775) est une nonne bouddhiste une et poétesse japonaise de l’époque d’Edo. Elle est également connue comme Kaga no Chiyo (加賀千代 ou 加賀の千代?, « Chiyo de Kaga ») du nom de sa province d'origine. Elle est considérée comme une des grandes poétesses japonaises. L'époque d'Edo (江戸時代) ou période Tokugawa (徳川時代, Tokugawa jidai) est la subdivision traditionnelle de l'histoire du Japon qui commence vers 1600, avec la prise de pouvoir de Tokugawa Ieyasu lors de la bataille de Sekigahara, et se termine vers 1868 avec l’époque Meiji.

Chiyo-ni commence à étudier le haïku dès l'âge de douze ans. À dix-sept ans, elle est reconnue par le maître Shiko Kagami (1665-1731). Elle se marie à dix-huit ans, mais son mari meurt deux ans plus tard. Devenue bonzesse en 1754, elle se lie d'amitié avec de nombreux haïjins de cette époque.

Son haïku le plus célèbre est d'ailleurs celui dit du liseron et du seau, dont il existe de nombreuses traductions dans chaque langue ; en voici une :

« Le liseron
A mis ses doigts sur le seau de mon puits
Je dois aller emprunter de l'eau au voisin »

Traduction Maurice Coyaud, 1993