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DEUX RÊVES - français

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DEUX RÊVES

 

1.

 

Odeur lyrique

De clous de girofle

Dans la vieille maison kurde,

Y vivre et boire les pénombres

De ses couloirs déserts.

 

Dehors,

Traquet et tisserins

Enchantent l’air

Et les jeunes rameaux

Du prunier de leurs voix bibliques.

 

Ange, ton silence

Est comme une brûlure

Dans mon cœur !

 

2.

 

Écouter les pas du temps

Dans la longue lueur du matin,

Fuir son lourd bruit

Par la petite porte dérobée des livres.

 

Un instinct de bâtisseur

Se saisit de mon cœur

Aussi impératif

Que celui de la tribu des abeilles.

 

J’ai les mains pleines de passé moiré

De mille souvenirs

En écoutant

La voix liquide

D’Ortega y Gasset

Sur les lèvres des heures

Avec leurs calmes séditions

Faites de hâte et de lenteur !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 16 février 2018

Glose :

Traquet kurde – Oenanthe xanthoprymna – (n.m.): un délicat petit oiseau gris, blanc et noir  qui appartient à la famille des Muscicapidés.

Tisserin (n.m.) : tisserin est le nom donné à des nombreuses espèces d’oiseaux de genres variés, appartenant à la famille des Ploceidae. Ces oiseaux sont remarquables par la structure de leurs nids, et leur comportement sociaux variés et originaux. Le tisserin est très agile avec son bec et ses pattes : il sait parfaitement tisser.

Ces oiseaux portent ce nom vernaculaire du fait de la forme de conception de leur nid : c'est une sorte de boule sphérique ou conoidale (en forme de cône) faite de filaments arrachés à de grandes feuilles tressés entre eux, dont l'entrée se trouve sur le dessous. L'examen attentif des nids montre qu'ils savent utiliser plus d'une douzaine de nœuds différents.

Ces oiseaux vivent en colonies dans un même nid à petites galeries, qui peut peser jusqu'à une tonne. Très bien organisés, ces nids sont rafraîchis par une disposition qui peut faire varier la température de 10 °C par rapport à l'extérieur.

José Ortega y Gasset, né le 9 mai 1883 à Madrid mort dans la même ville le 18 octobre18 octobre 1955 (à 72 ans), est un philosophe, sociologue, essayiste, homme de presse et homme politique espagnol. Il est le chef de file du mouvement littéraire et artistique appelé « Génération de 14 ».

Son père, José Ortega Munilla, est écrivain et journaliste  et dirige le supplément littéraire du journal El Imparcial ; sa mère est la fille du fondateur de ce journal, Eduardo Gasset y Artime. Ortega commence sa scolarité chez les Jésuites au Collège de Miraflores del Palo. Il étudie la philosophie à Madrid où il passe sa thèse de doctorat sur Les terreurs de l'an mil: critique d'une légende. Il découvre la pensée de Nietzsche, s’intéresse à la culture française et lit aussi les auteurs espagnols, ce qui le sensibilise au problème de la décadence de l’Espagne et aux moyens de sa régénération. Sa pensée est marquée par l’influence du Krausisme (théorie du philosophe allemand Karl Christian Friedrich Krause (1786-1832)  espagnol dont il retiendra l’idée que tout problème politique a une solution culturelle.

À la recherche de voies pour la modernisation de son pays, il part en 1905 étudier en Allemagne, successivement à Leipzig, puis à Berlin avant de s’établir à Marbourg où il découvre la philosophie néo-kantienne avec Paul Natorp et Hermann Cohen. Il sera par la suite très critique envers cet héritage de Kant, essayant de dépasser l’idéalisme rationaliste.

Délaissant le néo-kantisme dont il s'était imprégné au cours de ses années de formation en Allemagne, Ortega en vient, vers les années vingt, à élaborer un système de pensée original qui constitue le noyau essentiel de sa philosophie. Aux confins de l'idéalisme et du réalisme, dont il cherche à réduire l'antinomie, Ortega, tâchant de déchiffrer l'expérience humaine, invente une vérité nouvelle qu'exprime la formule aphoristique célèbre : « Je suis moi et ma circonstance, et si je ne la sauve pas, je ne me sauve pas moi-même. » Au nœud de cette dialectique, de cette « union dynamique » comme dit J.-P. Borel, entre le sujet et le monde, le philosophe découvre que « la réalité radicale est notre vie » à quoi se subordonne toute réalité. Dans cette optique, « la raison pure doit céder son empire à la raison vitale ». Selon cette philosophie « la vie d'une chose est son être » ; et cette vie, inéluctablement, est marquée par le devenir, par le changement : « Le vital est le concret, l'incomparable, l'unique [...]. La vie est ce qui est absolument passager. » Cette doctrine du ratiovitalisme, Ortega l'expose dans plusieurs ouvrages ; cette anthropologie de la spontanéité, où tout, la culture, la raison, l'art et l'éthique, se met au service de la vie, inspire l'ensemble de sa méditation et donne cohérence à ses multiples exposés d'apparence hétéroclite.