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Solandra maxima - français / anglais

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SOLANDRA MAXIMA

À L.M.

« Demi-nuits aux ailes bleues
endormies sous les auvents de la lune »

 

Steinn Steinarr

I.

Le vent blanc, fils des lauriers,

Vêtu d’une vaste tunique d’arcs-en-ciel, à pieds rythmés

S’engouffre, heureux, dans les ravissants calices

De Solandra maxima !

 

Souriant, l’azur tremble dans le ciel

Comme une fleur d’iris

Et chaque instant devient un chant hymnique.

II.

Le soir, au seuil élégiaque de ton cœur,

Je respire les parfums envoûtants du jardin

Et rêve aux perpétuels prodiges de la vie !

 

III.

 

Ange, je ne connais pas d’autres destins

Que celui-ci,

Voguant entre âpreté et sérénité,

Cressant ta voix de satin,

Douce comme l’âme des roses !

 

Toi, tu descends les marches du temps

Recouverte d’un manteau étoilé

Et viens t’endormir sur mon cœur !

 

Moi, devenu la vraie mesure

D’un enchantement infrangible !

 

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 7 janvier 2018

Glose :

Solandra maxcima est une liane tgropicale originaire d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud. Cette plante est cultivée pour ses grandes fleurs solitaires parfumées le soir. Très grandes fleurs en trompette de 15 à 20 cm de long à bord retournés vers l’arrière en été. Elles sont jaunes nervurées de pourpre avec l’intérieur marqué de côtes marron pourpre.

 

Steinn Steinarr : né en 1908, Steinn Steinarr, de son vrai nom Adhalsteinn Kristmundsson, s’est éteint en 1958. Infirme (paralysé d’une main), maladif, il aura ouvert l’Islande à la modernité poétique en rompant avec des normes formelles séculaires. Il se rallie au communisme mais ne tarde pas à s’en détacher pour poursuivre un chemin plus profond. Il restera toujours hostile au capitalisme qui est comme un cachot et sensible aux pauvres qui restent étrangers au monde du profit. Steinn Steinarr, toujours en mouvement, se tourne ensuite vers le catholicisme. Mais doute et angoisse l’amènent à poursuivre seul son aventure qui est une quête, tout en conservant du catholicisme la nostalgie d’un monde d’amour, sauvé par un regard d’enfance. Enfant des fjords de l’ouest, il effectuera des voyages en Scandinavie, en Grande-Bretagne et en France. L’œuvre de Steinn Steinarr, sous le signe de la pudeur, de la profondeur et du chant, se compose de cinq recueils : Rouge brûlait la flamme (1934), Chant (1937), Traces dans le sable (1940), Voyage sans promesse (1942) et Le temps et l’eau (1948). C’est dans ce dernier recueil, où le vers se resserre, les images deviennent plus singulières, qu’éclate de la manière la plus significative sa modernité. Le style de Steinn Steinarr se caractérise par son goût de la densité, des images, le sens musical, l’art du refrain, une fluidité où s’allient concret et surréel. Proche de la nature, sans ignorer pour autant le monde urbain, hostile à tout triomphalisme, qu'il soit politique ou religieux, le poète compose, en travaillant son langage de manière artisanale, un chant d’ombre et de lumière, une œuvre sans cesse enracinée dans l’expérience et qui s’élève dans les profondeurs de l’être.

Hymnique (adj.) : du grec ancien ‘υμνικός / humnikos. Hymne (m. ou f.) : du bas latin ecclésiastique hymnus, lui-même du grec ὕμνος /  humnos, « hymne ». Dans l'Antiquité, chant, poème à la gloire des dieux et des héros, souvent associé à un rituel religieux.

Infrangible (adj.) : du latin classique frangere, « briser ». Littéraire. Qui ne peut être brisé.

 

ENGLISH :

 

Solandra Maxima

for L.M.

‘Half nights with blue wings

asleep beneath the awnings of the moon’

Steinn Steinarr

 

1.

The white wind, son of the laurels,

clad in a vast tunic of rainbows, with rhythmic feet,

is happily swallowed up by the delightful calyxes

of the Solandra Maxima.

 

Smiling, the azure trembles in the sky

like an iris flower

and every moment becomes a hymn of praise.

 

2.

In the evening, on the elegiac threshold of your heart,

I breathe in the bewitching perfumes of the garden

and dream about the perpetual wonders of life.

 

3.

Angel, I know no other destiny

than this,

sailing between harshness and serenity,

caressing your voice of satin,

sweet as the soul of roses!

 

And you, you walk down the steps of time

wrapped in a starry mantle

and come to fall asleep on my heart!

 

And I, I have become the true measure

of an indivisible enchantment!

 

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

Mis à jour ( Mercredi, 07 Février 2018 17:28 )