Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

Vertige - français

PDF
Imprimer
Envoyer

VERTIGE

À L.M.

« Se questo istante fosse l’eternità immutabile

Voglio paragonarti soltanto al vento »

(« Si ce moment était immuable éternité

Je veux te comparer seulement au vent »)

Juan Rodolfo Wilcock

 

Odeur de pommes, d’oranges, de fleurs et de cannelle

Dans cette maison où j’erre hôte du vide immense,

J’embrasse les traces de l’air, du jour et du silence

Et mêle le sel des larmes à l’ambre du miel !

 

Et tout est comme un songe et tout est comme une plaie

Profondément ancrée dans le vertige du temps,

Les livres oubliés, les murs, les vases, le chant

Du vide terrifiant qui monte l’escalier !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 17 janvier 2018

 

Glose :

 

Juan Rodolfo Wilcock, né le 17 avril 1919 à Buenos Aires en Argentine et mort le 16 mars 1978 à Lubriano en Italie : poète, écrivain, critique, traducteur argentin. Fils de Charles Leonard Wilcock, anglais, et d'Aida Romegialli, argentine d'origine italienne et suisse, il est le père adoptif de Livio Bacchi Wilcock, qui fut le traducteur de Jorge Luis Borges en italien.

En 1945, Wilcock publie, à compte d'auteur, deux recueils de poésie : Ensayos de poesía lírica et Persecución de las musas menores. Son ouvrage suivant, Paseo Sentimental est décoré à nouveau d'un Prix décerné par la Société Argentine des Écrivains, la "Fascia d'Onore". La même année, il publie Los hermosos días.

À cette époque, le régime du Général Juan Perón étouffe la vie intellectuelle argentine. Plusieurs artistes et auteurs argentins choisissent alors de s'installer dans les capitales européennes, récemment libérées du fascisme. Wilcock entreprend ainsi en 1951 un voyage en Europe, en compagnie d'Ocampo et de Bioy Casares. C'est la première fois qu'il quitte l'Argentine et il se rend en Italie. En 1953, sort son sixième livre de poésie, Sexto. Il réside ensuite à Londres, jusqu'en 1954. Il y travaille comme traducteur et en tant que critique littéraire, artistique et musical au sein du Service latino-américain de la BBC.

Écrivain italien

Après un bref retour à Buenos Aires en 1954, Wilcock s'installe à Rome trois ans plus tard. Il enseigne la littérature et le français et travaille pour l'édition argentine de L'Osservatore Romano, le journal du Vatican. Désormais, la plupart de ses ouvrages, dont les plus célébrés, sont écrits en italien, une langue qu'il maîtrise parfaitement. Dans une lettre qu'il écrit alors à son ami Miguel Murmis, il dit: "Je vois l'Argentine comme une immense traduction. »

En 1975, Wilcock demande la nationalité italienne, qu'il n'obtiendra, par décret du Chef de l’État qu'un an après sa mort en mars 1978, à son domicile de Lubriano, dans la Province de Viterbe.

Il est enterré au cimetière protestant de Rome, près de la pyramide de Cestius.