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Ce sentiment doux sur le sein - français

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CE SENTIMENT DOUX SUR LE SEIN

À L.M.

« Voici la nuit : la poésie illumine mes instants
Voici l'exaltation qui peigne mes cordes vocales »

Nadia Anjuman

 

1.

Ce sentiment doux sur le sein

À genoux devant le pain chaud et l’eau fraîche

Sous le regard des flammes des veilleuses

Et l’effervescente clarté

Des saintes mages chargées de prières lourdes !

 

Cette sublime simplicité des gestes des croyants,

Cette vérité supérieure, philosophale et alchimiste

Du silence appuyé contre la souriante solitude !

 

2.

 

Enfin me lever et marcher jusqu’au pupitre

Pour lire à voix exaltée

Le livre du ciel et de la terre !

 

En vérité, en vérité,

L’âme du juste est le temple

Où chantent et tressaillent d’amour les anges !

 

Celui qui porte sans sangloter le Christ

Sur les cimes matinales de son cœur

Ne saura jamais connaître la crainte saignante du néant !

 

Ô fin infinie du désir,

Ô sphère raréfiée des paroles célestes !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 7 janvier 2018

 

Glose :

Nadia Anjuman poétesse et journaliste afghane, née en 1980 et morte le 5 novembre 2005.

Entre 1996 et 2001, sous le régime des Talibans, elle fait partie d'un cercle clandestin de femmes étudiant la littérature sous la direction du professeur Nasser Rahiyab.

Par la suite elle s'inscrit à l'université et publie en 2004 un recueil de poèmes, Gul-e-dodi (« Fleur rouge sombre ») vendu à près de 3000 exemplaires, un best-seller dans ce pays.

Mariée, elle écrit dans un poème : « Je suis acculée derrière ces barreaux, pleine de douleur et de mélancolie » et « je suis une femme afghane et je dois gémir ».

Elle meurt le 5 novembre 2005 à l'hôpital d'Herat après avoir été battue par son mari dans leur appartement de Herat. Le mari attendra quatre heures avant d'emmener sa femme à l'hôpital. La famille accepte de retirer sa plainte à condition que le mari purge une peine de 5 ans de prison. L'affaire est alors classée avec la mention « suicide ». Le mari - qui a reconnu avoir battu sa femme mais non l'avoir tuée - fera un mois de prison. Il élève librement leur petite fille.

Sur les six femmes membres du cercle clandestin où étudiait Nadia Anjuman, quatre seraient encore en vie (juillet 2010).