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Les splendeur des ravissements divins

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LES SPLNDEURS DES RAVISSEMENTS DIVINS

Au grand soufi perse Ṣadr al-Dīn Abû Mohammad Rûzbehân

Que les pages entendent que la lumière est tombée
Sur nos cœurs saisis par le ravissement vertigineux
Dans cette nuit plus longue qu'une année
Et plus angélique que les plus angéliques des poèmes.

Tout mon corps tremble par l'annonce éblouie
De nos retrouvailles et une longue blessure rose
Ruisselle sur le côté gauche de ma poitrine.

Ô Maître de l'univers, pleurent sans toi le ciel,
Les champs,, les forêts, les rivières
Qui se referment sur leur blessante solitude
Comme les pétales des fleurs oubliées dans un vase.

Pleure sans ton sourire pénétrant
Comme un rayon du soleil de juillet,
L'âme agrippée tenacement à l'espoir !

Quand vous posez votre regard sur le monde
Les arbres deviennent cantiques,
Les modestes semences des millions de petit soleils
Et les brises venues des montagnes
Façonnent de leurs baisers la face des hommes,
Des teintes magiques égaient et divertissent les prairies.

Vous qui couchez la blancheur duveteuse de l'univers
Dans le transparent calice de mon âme
Avec une émotion intraduisible,

Vous, le Maître de la musique matinal de la rosée
Et ses calligraphies scintillantes
Sur les feuilles et les brins d'herbe,
Vous qui mettez un peu de chagrin dans chaque amour
Grisant de pleurs les visages émus
Et faisant crier de joie la joyeuse tribu des gouttes de pluie.

Seigneur, moi qui te respire sans me réveiller
Moi dont l'âme est une fleur virginale,
Le vent a besoin de moi !

Ô Rûzbehân, toi qui savais accorder ton âme
Au silence des étoiles et au chant des herbes élégiaques,
Toi, élevé à la musique des mots,
Toi, flambée d'amour,
Abreuve mon âme de la lumière
Des paroles divine,
Apprends-moi de descendre l'échelle du temps
Sans mourir pour l'éternité !

Athanase Vantchev de Thracy

Marrakech, le 28 novembre 2017


Glose :

 

Ṣadr al-Dīn Abû Mohammad Rûzbehân (روزبهان بلقى شيرازى ) ou Abī Naṣr al-Fasāʾī al-Daylamī al-baḳlī al-s̲h̲īrāzī ou encore Abû Muhammad ibn Abî Nasr Shirâzî Rûzbehân Baqlî, est un mystique soufi, un poète et philosopohe perse né en 1128 à Pasâ (sud de Shiraz) ou Fasa et mort en 1209 à Chiraz dans la lignée daylamite. Son nom signifie « jour heureux ».

 

On sait peu de chose sur sa vie ; les deux sources principales d'informations viennent deux hagiographies écrites par ses descendants un siècle après sa mort : Sharaf al-Din Ibrahim écrivit le (lufifat)Tuhfal ahlal-‘irfan ft dhikr sapid al-aqtab Ruzbihan (« Le cadeau funèbre des Gnostiques, en mémoire de l'axe principal du monde, Rûzbehân » - en 1300) et en l'an 1305, son frère Shams al-Din ‘Abd al-Latif a compilé Ruh al-jinan ft slrat al-shaykh Ruzbihan (« L'esprit des jardins, sur la vie du maître Rûzbehân »).

 

Bien qu'issu d'une famille commerçante, dès l'âge de sept ans il pratiqua des exercices spirituels. Il reçut une révélation spirituelle à quinze ans, à Shîrâz. Puis les extases et les ravissements divins se succèdent, par l'intermédiaire d'un maître caché (khidr). À vingt-deux ans il trouve son cheikh, ibn Khalîfa ibn 'Abd al-Salâm, se rattachant à l'ordre des Siddîqiyya (ou Murshidiyya). Il eut aussi ibn Khalîl al-Fasâ'î pour maître.

 

Il entreprend ensuite une série de voyages à Kerman, puis en Iraq, en Syrie, en Égypte, au Hijaz et à La Mecque. Il revient s'installer en 1165 à Chiraz, où il construit un prieuré (khângâh) et fonde une confrérie soufie (tariqa), s'inscrivant dans la lignée de Hallâj.

La Ruzbihaniyya s'est développée en Asie centrale, puis de l'Inde au Maghreb jusqu'en 1791. Les premiers disciples furent

ses descendants. Hafez en aurait fait partie également.

 

Devenu hémiplégique tard dans sa vie, il refusa tout soin, acceptant son sort, impatient de retrouver son Créateur. La veille de sa mort, il l'annonça pour le lendemain et il prédit à deux autres cheikhs qu'ils le suivraient de près (ce qui arriva). Il mourut en 1209 à Chiraz. Devenue un lieu de pèlerinage, sa tombe devint un dargah (« sanctuaire ») réputé. Ibn Battûta s'y recueillit notamment car on y entendait sa voix, jusqu'à ce qu'avec le temps, tout sombre dans l'oubli. Ce n'est qu'en 1928 qu'elle fut retrouvée, puis restaurée en 1958 et 1972.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





Mis à jour ( Samedi, 02 Décembre 2017 15:05 )