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Vita mutatur, non tollitur

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VITA MUTATUR, NON TOLLITUR

 

 

À tous les bardes Azmaris d'Éthiopie

 

 

Un calme de sanctuaire, dans un doux oubli,

Règne ce matin dans la maison

Et le silence tombe sur les objets

Comme une aumône !

 

Mes pensées vibrent et effleurent délicatement

Les paroles de Diogène :

À un beau jeune homme

Qui s'adonnait à la philosophie, il disait :

« C'est bien de tourner vers la beauté de ton âme

Les amants de ton corps ».

 

Oui, ainsi parlait Diogène de Sinope !

 

Mais mon âme,

Séduite depuis mon enfance

Par la splendeur du Seigneur,

Demande à ma vie de nobles et belles actions

Et cherche à approcher, en priant, la vérité divine.

 

Moi qui, fermant les yeux, vois constamment

Et dans une crainte extatique

L'Ange de la Séparation

Qui, debout dans sa nacelle céleste,

Dissocie de sa main de feu

Les élus des damnés !

 

Ainsi, la face collée contre le velours bleu du ciel,

Sourdement, patiemment, quotidiennement

J'attends, les mains pleines de lys blancs,

L'éclosion de la lumière mystique !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Marrakech, le 30 octobre 2017

 

Glose :

 

Vita mutatur, non tollitur : expression latine qui signifie « La mort n'ôte pas la vie,elle la transforme ».

 

Un Azmari est un chanteur et musicien éthiopien professionnel comparable au barde européen. L'Azmari, qui peut être un homme ou une femme, est réputé pour improviser des paroles, s'accompagnant soit d'un macinko (sorte de guitare) soit d'un krar (lyre).

 

Diogène de Sinope ou le Cynique : célèbre philosophe grec, né à Sinope vers la fin du IVe siècle av. J.-C., mort à Corinthe en 323, le jour même, dit-on, où Alexandre mourut à Babylone. Son père, Hicésias, était un changeur, et en même temps un faux monnayeur. Diogène lui-même, dans sa jeunesse, participa au crime de son père et fut forcé de s'exiler. À Athènes, il voulut devenir disciple d'Antisthène qui d'abord le repoussa et même le frappa.

 

« Tu ne trouveras pas un bâton assez dur – répondit-il - pour m'éloigner de toi tant que tu parleras. »

Antisthène se résigna et le disciple ne tarda pas à surpasser le maître en vertu cynique.

ll paraît avoir vécu surtout à  Athènes, mais il est possible aussi qu'il soit allé enseigner sa morale de ville en ville : il séjourna notamment à Corinthe. Il écrivit un certain nombre d'ouvrages, surtout des dialogues, mais les titres qui nous ont été transmis ne sont pas authentiques : ils étaient déjà contestés dans l'Antiquité.



Cynique : école philosophique grecque d'Antisthène et de Diogène du Ve - IVe av. J.-C. Le terme provient du grec ancien κύων / kuôn, qui signifie « chien », en référence à l'attitude d'Antisthène, inspirateur du cynisme, puis de celle de Diogène de Sinope, généralement considéré comme le premier véritable cynique ; Diogène de Sinope souhaitait être enterré « comme un chien ». Le cynique avoue avec insolence, et en la considérant comme naturelle, une conduite contraire aux conventions sociales, aux règles morales ; qui manifeste du cynisme.