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AOI MATSURI - français

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AOI MATSURI


La procession de l'aristocratie Heian


Avance Saio, toi

La plus aristocratique fleur de l’empire,

Avance doucement, pas d’ambre à pas d’ambre

Sous le lumineux poids

Des étincelant de somptuosité kimonos.

 

Des voix, couleur d’aurore,

Soutiennent ta marche raffinée

Vers le sanctuaire shinto

Shimogamo-jinja,

 

Toi, Saio,

Apparition envoûtante

À la peau plus blanche et plus luisante

Que la fine pluie de fleurs des cerisiers de Kyoto,

Toi, ma secrète bien-aimée,

Prêtresse du dieu Kamo, fils de Wakeikazuchi.

 

Caché dans l’innombrable foule bariolée

Qui se presse, toute alacrité, autour de toi,

Je palpite de tout mon corps

Et change de visage

Comme les nuages de nuances

Comme les pensées de musique.

 

Moi, le poète adolescent gaijin,

Amoureux enflammé et éperdu

Défaillant sous l’effet d’une sidération subite

Devant la vivante fulgurance de la perfection

Serrant dans ma tremblante main gauche

Un humble scapulaire sacré,

Don de mes doux parents   !

 

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 2 octobre 2017

Glose :

Aoi Matsuri est l'un des trois plus importants festivals annuels de Kyôto ; il se déroule le 15 mai chaque année. En costumes traditionnels japonais, plusieurs centaines d'intervenants retracent une partie de l'histoire du pouvoir impérial à l'époque Heian. Le défilé se tient au nord du centre-ville, entre le Palais impérial et les sanctuaires Shimogamo-jinja.

Le spectacle historique prend tout son sens avec le festival Aoi de Kyôto qui, le temps d’une journée, redonne vie à l’ancienne capitale impériale Heian-kyo (Kyôto). Quelques chiffres :

  • 1.400 ans d’histoire
  • 2 anciens sanctuaires shinto honorés
  • 1 parade de 800 mètres de long
  • 3 représentations dans la journée
  • 500 participants et autant de costumes traditionnels dont de magnifiques kimonos

La genèse de ce festival date de l’Antiquité lorsque l’empereur Kinmei (539-571) organisa une prière de grande ampleur à destination du dieu du tonnerre et de sa famille, afin de sortir d’une période de mauvaise récolte. De cette façon et encore aujourd’hui, deux personnages importants participent à la procession : le messager du pouvoir impérial qui ouvre le cortège sur son cheval, suivi d’une jeune fille issue de la noblesse appelée Saio, qui est alors offerte symboliquement aux divinités Kamo comme prêtresse. Son costume, qui se compose de plusieurs couches de kimono, pèse 30kg et prend 3h à deux personnes pour l'enfiler complètement.

On doit le nom actuel de l’évènement aux roses trémières aoi dont les feuilles ornent les costumes aussi bien des hommes que des animaux. De plus, la légende veut que la mère du dieu Kamo, Wakeikazuchi, vénéré au Kamigamo, avait offert des fleurs aoi pour revoir son fils.

HEIAN ÉPOQUE DE (794-1192)

En 794, l'empereur Kammu (781-806) transfère la capitale de son empire à Heian-kyo (actuelle Kyôto) pour échapper à l'emprise croissante des temples bouddhiques de Nara. Dans un premier temps, les influences chinoises qui dominaient l'époque antérieure, dite de Nara (710-794), continuent d'être fortes : elles se traduisent en particulier par le plan en damier de la cité nouvelle et par l'atmosphère culturelle qui règne à la cour du souverain. Mais, progressivement, en raison du déclin de la dynastie chinoise des Tang, le Japon s'émancipe du modèle de son puissant voisin continental et se replie sur lui-même. S'épanouit alors un art proprement japonais qui se réalise pleinement dans l'architecture, la peinture religieuse, la littérature et la culture de la cour impériale. Les relations avec la Chine, qui s'étaient maintenues à un niveau officiel au VIIIe siècle, s'espacent progressivement et disparaissent à la fin du IXe siècle. Le système politique de Heian, caractérisé par la prédominance d'une aristocratie civile incarnée par la famille des Fujiwara, qui gouvernent durant près de trois siècles au nom des souverains, se maintient jusqu'en 1192.

Saio : jeune fille issue de la noblesse offerte symboliquement aux divinité Kamo comme prêtresse.

Shimogamo-jinja est le nom commun d'un important sanctuaire shinto dans le district Shimogamo de Kyôto, arrondissement de Sakyô. Son nom formel est Kamo-mioya-jinja.

Shintoïsme : le shinto "la voie du divin", religion originelle vénérant les forces de la nature, est une croyance animiste et chamaniste qui se fonde sur le respect des divinités, les kami.

Le shintoïsme recense "huit cents myriades", autrement dit un nombre infini de kami. Ces déités, célestes ou terrestres, sont omniprésentes au Japon. Littéralement, kami signifie "ce qui est au-dessus des hommes" ou "supérieur à la condition humaine". Ce terme est souvent traduit par "divinité" ou "esprit", mais ses origines se perdent dans la nuit des temps. Gardiennes tutélaires d’un lieu, elles séjournent sur une montagne, protègent une forêt, se logent sous une cascade, se nichent sous quelque roche. Des ancêtres ou des héros valeureux des temps passés peuvent, après leur mort, être considérés comme kami, mais ce culte archaïque déifie en premier lieu les éléments de la nature.

Kamō no Ōmikami (迦毛之大御神 ou 賀茂大御神?), est une divinité du shintoïsme, la religion autochtone du Japon. Descendant d'Ôkuninushi, dieu de la médecine et des affaires, il passe pour être un dieu de l'agriculture, de la foudre et des serpents. Sa demeure est, selon une croyance shintō, le mont Tarô, un volcan des monts Nikkô à Nikkô (préfecture de Tochigi).  Les membres du clan Kamo de la province d’Izumo l'avaient adopté comme divinité protectrice.

Gaijin : mot japonais qui signifi « étranger ».

Alacrité (n.f.) : du latin alacritas, « vivacité ») Littéraire : Gaieté vive, entraînante.

 

Sidération (n.f.) : du latin sideratio, « action funeste des astres ». Anéantissement subit des forces vitales, se traduisant par un arrêt de la respiration et un état de mort apparente.

Scapulaire (n.m.) : du latin scapula, « épaule ». Ce mot désigne aujourd'hui deux sacramentaux chrétien : le scapulaire monastique et le scapulaire de dévotion, les deux étant appelés « scapulaires ».

Le « scapulaire monastique » : vêtement aux environs du VIIe siècle dans l’Ordre de Saint-Benoït. Il est composé d'un grand morceau de tissu à l'avant et à l'arrière, joint sur les épaules par deux bandes de tissu. Il peut varier en forme, en couleur, taille et style. Les scapulaires monastiques font désormais partie de la tenue des moines et religieuses dans de nombreux Ordre religieux (comme les Bénédictins, les Dominicains, les Carmes et les Carmélites.

Le « scapulaire de dévotion » est un objet. Il peut être porté par des personnes qui ne sont pas membres d'un ordre monastique et l'Église catholique le considère comme un sacramental (qui appartient à un sacrement). Le scapulaire de dévotion se compose généralement de deux petits morceaux (généralement rectangulaires) de tissu, de bois ou de papier plastifié, de quelques centimètres de taille, qui peuvent porter des images ou des textes religieux. Ils sont rejoints par deux bandes de tissu et le porteur place un carré sur la poitrine, pose les liens de tissu sur chaque épaule et laisse le deuxième carré de tissu pendre dans son dos.

 

Mis à jour ( Mardi, 03 Octobre 2017 10:02 )