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Rive peuplée de nos ardentes joies - français

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RIVE PEUPLÉE DE NOS ARDENTES JOIES

« Et maintenant, dormez et mêlez vos haleines,
unissez dans vos bras l’un l’autre vos désirs »

Théocrite

Entre les branches du tremble,

Le regard pénétrant de la lune –

Paisibles, tendres et amoureux,

Scellés dans ma poitrine

Dorment les deux sizerins flammés

De mon jardin.

 

Dans mes mains, constellations scintillantes,

La sereine chaleur de tes doigts

Fait tressaillir de bonheur

Le visage cristallin de la nuit.

 

Dieux célicoles,

Muses chaussées de graciles réseaux d’or,

Ornez la suavité de nos lèvres d’enfants

De guirlandes de mots translucides.

 

Couvrez de nénuphars blancs, à chaque néoménie,

Nos corps fébriles !

 

Ô Palès, déesse des troupeaux

Qui accompagne les juvéniles extases de notre félicité,

Reçois en signe de gratitude infinie

L’ardente adoration de nos tendres cœurs.

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 12 septembre 2017

 

Glose :

 

Théocrite : en grec ancien Θεόκριτος / Theókritos, né vers 315, mort vers 250 av. J.-C. :    poète bucolique grec. Il était considéré comme l'un des sept grands poètes de la fameuse Pléiade poétique.

 

Sizerin (n.m.) : oiseau de la famille des Fringillidés. Les Fringillidés sont des passereaux de taille petite à moyenne (9 à 25 cm de longueur). Leur plumage est extrêmement variable et souvent haut en couleurs. Leur bec court et conique est adapté à une alimentation granivore, mais non exclusive.

Célicole (n.m. et adj.) : du latin caelum, « ciel » et de colo, « j’habite ». Habitant du ciel. Les dieux célicoles.

 

Réseau (n.m.) : se dit spécialement d’un ouvrage de fil de soie, de fils d’or ou d’argent, fait par petites mailles, en forme de filet. Exemples : Dentelle à fond de réseau ; Cheveux

enveloppés d’un réseau de soie.

 

Néoménie (n.f.) : nouvelle lune. Premier jour du mois lunaire. Fête qui se célébrait chez les Anciens à chaque renouvellement de la lune. Du latin tardif neomenia, « néoménie ; nouvelle lune », emprunté au grec ν ε ο μ η ν ι ́α , « commencement d'un mois ou d'une lune »

 

Palès, quelquefois confondue avec Cérès ou même Cybèle, est la déesse des bergers chez les Romains. Elle protège les troupeaux, et préside à l'économie rurale en général : les bergers et les cultivateurs sont appelés par les poètes « élèves ou favoris de Palès ».

En l'honneur de cette déesse, les Romains célébraient chaque 21 avril les Palilies. Les bergers la solennisaient pour chasser les loups. Dès le matin de ce jour, le peuple procédait à sa purification au moyen de différents parfums ; on purifiait aussi le bercail et les troupeaux avec de l'eau, du soufre, du pin, du laurier et du romarin dont la fumée se répandait dans la bergerie. Ensuite on faisait un sacrifice non sanglant à la déesse : on lui offrait du lait, du vin cuit et du millet, puis suivait un festin. Ces cérémonies étaient accompagnées d'instruments de musique, tels que flûtes, cymbales et tambours. Les Palilies coïncidaient avec le jour anniversaire de la fondation de Rome par Romulus.