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Deux petits poèmes - français / anglais

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DEUX PETITS POÈMES

À L.M.

« Dans la fraîcheur pénétrante

on parle des étoiles –

des vieilles et des jeunes »

 

Yomogida Kieko

 

1.

 

Le bleu éblouissant du ciel

Sourit aux mauves mûriers du jardin –

Inopiné arrive l’automne

Précédé par l’ange des larmes !

 

Confuse, inégale et irrégulière

Est la joie du jour,

Plus profond et plus intime palpite

Au fond du cœur le chagrin.

 

 

2.

 

Imperturbables, vêtues de blanc et parées d’or

Avancent, au fort du matin, à pas de velours,

Les arrhéphores d’Athéna Polias.

 

Elles vont, le cœur plein de roses

Vers le lieu d’où la tristesse est à jamais bannie !

 

Ce fut quand, mon Ange ?

Je ne me rappelle plus,

Mais mon âme tressaille d’émotion

Chaque fois que je vois en rêve

La divine procession des splendides paides parthénoi.

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 3 septembre 2017

 

Glose :

Yomogida Kieko (née en 1930) : une des plus grandes poétesses japonaises.

Les arrhéphores (ἀρρηφόροι) étaient « quatre vierges, âgées entre 7 et 11 ans, élues d’après leur noblesse. Deux d’entre elles étaient choisies pour commencer le tissage du péplos (étoffe, tunique dorique) et accomplir les autres rites le concernant. Les deux autres fillettes accomplissaient un rituel secret pour la déesse à l’occasion de la fête de l’Arrhéphorie, fête célébrée au mois de Skirophorion (juin / juillet) pour Athéna.

On nommait ces filles soit paides, « enfants », soit parthénoi, « vierge ». Cette oscillation entre les deux termes démontre qu’elles se situaient entre les deux âges : fillettes / jeunes filles.

Elles étaient élues (ἐχειροτονοῦντο) ou choisies par le Basileus (roi). Elles vivaient sur l’Acropole, prés du temple d’Athéna Polias (Gardienne de la ville) et un endroit pour jouer à la balle (σφαιρίστρα) leur était réservé. Les arrhéphores étaient considérées comme pures, elles étaient sacrées, en témoigne le port de vêtements blancs et les bijoux en or, probablement en forme de serpent qui symbolisaient à la fois leur pureté religieuse, leur sacralité et leur pureté réelle de vierge. Selon la Souda, elles agissaient avec les « παναγείς γυναίκες », les femmes sacrées ou pures, c'est-à-dire les prêtresses.

La Souda (du grec ancien Σοῦδα / Soũda) ou Suidas (du grec ancien Σουίδας / Souídas) est une encyclopédie grecque de la fin du xe siècle. C'est un ouvrage de référence, en particulier pour les citations, très souvent utilisé dans les travaux portant sur l'Antiquité. Le nom de l'ouvrage, la date de sa rédaction, l'identité de son ou de ses auteurs ont posé de délicats problèmes aux chercheurs.

ENGLISH :

Two Short Poems

for L.M.

‘As the day turns cool

we speak of the stars –

the old and the young’

 

Yomogida Kieko

 

1.

The dazzling blue of the sky

smiles down at the purple mulberry trees in the garden –

autumn arrives unexpectedly

preceded by the angel of tears!

 

Indistinct, uneven and erratic

is the day’s joy,

deeper and more intimate,

is the sorrow that beats in the depths of the heart.

 

2.

Imperturbable, clad in white and decked in gold

the Arrephores of Athena Polias

walk on, in the midst of the morning, with velvet steps.

 

Hearts full of roses, they’re on their way

to that place from which sadness is forever banished!

 

When was this, my Angel?

I no longer remember,

but my soul trembles with emotion

every time I see in a dream

the divine procession of the splendid paides parthénoi.

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges