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Nikolaï Goumilev - français / anglais

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NIKOLAÏ GOUMILEV

 

« Ведь это было так давно
И где-то там, за небесами ».

(« Cela s’est passé  il y a si longtemps

Quelque part au-delà des nuages »)

 

Nikolaï Goumilev

 

Ami  des voies de l’air, citharède des astres,

Démiurge sublime, pèlerin de la beauté,

Tu as aimé les hymnes austères à Astarté

Les chants d’Éthiopie et les fiers pilastres

 

De ses églises antiques tournées vers l’infini.

Tes pas foulèrent l’Afrique et ses magiques espaces

Ont traversé ton âme comme des javelots voraces

Chargées du savoir des âges évanouis !

 

Mas c’est la douce Russie qui a blessé ton cœur –

Ses neiges éblouissantes et ses bouleaux fragiles

Hantaient ta chair ardente et ton esprit subtil.

 

Ton clair visage sculpté par les burins des pleurs

Et ton vibrant désir de pure perfection

Ont fait de toi le fils terrible d’Apollon !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 28 août 2017

 

Glose :

Nikolaï Stepanovitch Goumilev (en russe : Никола́й Степа́нович Гумилёв), né Le 15 avril 1886 à Kronstadt et mort le 26 août 1921 près de Saint-Pétersbourg) est un poète russe influent, fondateur du mouvement poétique appelé acméisme. Époux de la célèbre poétesse Anna Akhmatova, il est le père de l'historien Lev Goumilev.

Nikolaï est le fils de Stepan Iakovlevitch Goumilev (1836-1920), médecin de marine, et d'Anna Ivanovna Lvova (1854-1942). Il fait ses études secondaires au lycée de Tsarkoe Selo,  où il a pour professeur le poète symboliste Innokenti Annenski.

Le premier de ses poèmes à être publié paraît en septembre 1902 : « Я в лес бежал из городов » (« J'ai fui les villes pour rejoindre la forêt »). Son premier recueil, La Route des conquistadors, est publié en 1905 ; ses poèmes portent sur des sujets exotiques : girafes du lac Tchad, crocodiles de Caracalla, etc.

En 1907, Goumilev voyage fréquemment en Europe, notamment en Italie et en France. Son recueil Fleurs romantiques paraît en 1908. À Paris, il publie la revue littéraire Sirius, dont trois numéros seulement paraissent. À son retour en Russie, il est l'un des fondateurs et des principaux contributeurs d’Apollon, revue de l'avant-garde poétique russe au cours des années qui précèdent la Première Guerre mondiale.

N'ayant jamais dissimulé le mépris qu'il porte aux bolcheviks, il est arrêté en 1921 pour « complot monarchiste » dans ce que les historiens considèrent comme une des premières affaires montées de toutes pièces par la Tcheka. Il est exécuté en août 1921 en compagnie des autres membres de la conspiration de Tagantsev.

Citharède (n.m.) : du latin citharoedus, du grec kitharôidos. En Grèce antique, personne qui chantait en s'accompagnant de la cithare.

Astarté (du grec Ἀστάρτη) est une déesse connue dans tout le Proche-Orient, de l’âge de bronze à l’Antiquité, présentant un caractère belliqueux. Ashtart à Ougarit, Shaushka ou Shaushga chez les Hourrites, Ashtart en langue punico-phénicien. Ashtoret ou Ashtarot (עשתרת) en hébreu, elle est l'équivalent de la déesse mésopotamienne Ishtar (pour les Babyloniens) ou Inanna (pour les Sumériens). Elle fut implantée dans la mythologie égyptienne sous les Ramessides. À califourchon sur son cheval, elle accompagne et protège le souverain. Elle devient la fille de Rê ou de Ptah, et est une des compagnes de Seth.

Elle semble avoir comme descendance Aphrodite en Grèce, Turan en Étrurie et Vénus à Rome sous le nom officiel de Vénus Erycine (Énée apporta de Sicile en Italie une statue de Vénus Erycine. Ce nom fut donné à la déesse, parcequ’elle était révérée sur le mont Erix en Sicile. La déesse et la montagne y prirent le nom du roi Erix, fils de Vénus et de Buté. On lui fit bâtir un temple à Rome avec de magnifiques portiques, hors de la porte Colline.

Elle est Tanit, chez les Carthaginois.

Tanit est une déesse d'origine cananéenne de la fertilité, présidant aux naissances et à la croissance. Elle était la déesse tutélaire de la ville de Sarepta et son culte prit de l'ampleur à Carthage où elle était nommée Oum.

Le papyrus d’Astarté (papyrus fragmentaire) semble laisser entendre qu'Astarté est celle qui contrecarre les demandes exorbitantes de tribut que (roi des dieux) demande aux autres dieux.

Pilastre (n.m.) : de l’italien pilastro. Un pilastre est un support rectangulaire terminé par une base et par un chapiteau. Un pilastre est encastré dans un mur, tandis que la colonne est un élément isolé. La fonction du pilastre est uniquement décorative, il n'est qu'adossé à un mur porteur. Dans l'antiquité grecque, le pilastre est aussi appelé Ante.

 

Vorace (adj.) : du latin vorax, voracis, « qui dévore, qui mange avec avidité ». Français

ENGLISH :

Nikolay Gumilyov

« Ведь это было так давно
И где-то там, за небесами ».

(It happened so long ago /somewhere beyond the clouds)

Nikolay Gumilyov

 

Friend of the airways, citternist of the stars,

sublime demiurge, pilgrim of beauty,

you loved the austere hymns to Astarte,

the songs of Ethiopia and the proud pilasters

 

of its ancient churches turned towards the infinite.

Your steps trod Africa and its magical spaces

crossed your soul like rapacious spears

carrying the knowledge of ages long disappeared!

 

But it is gentle Russia which wounded your heart –

its dazzling snows and its fragile birch trees

haunted your passionate flesh and your subtle spirit.

 

Your open face fashioned by the burins of tears

and your vibrant desire for pure perfection

made of you the terrible son of Apollo!

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges