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ENHEDUANA - français / anglais

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ENHEDUANNA

(la plus ancienne poétesse de la littérature mondiale)

 

À Daniel Martini


Prêtresse et poétesse, princesse sumérienne,

Ta voix de pourpre fleuve vient jusqu’à mon cœur

Comme un cantique d’azur à l’infinie ampleur,

Comme un parfum d’aurore des terres akkadiennes.

 

Comme moi tu as connu l’exil et la douleur,

La cruauté des hommes, les crimes du pouvoir,

Restant fidèle aux dieux, aimant le savoir

Des sages théophaniques et leur mystique ardeur.

 

Tes mains ont feuilleté les pages des étoiles

Et caressé la langue des vents et des nuages,

La fulgurance du ciel, les affres des orages,

 

L’urgence de la clarté des prophéties astrales.

Ô nymphéale amie, viens et dicte-moi

Les règles de l’amour, les lois de la joie.

 

Athanase Vantchev de Thracy


Paris, le 1 août 2017


Glose :


Enheduana ou En-Hedu-Ana, ce qui signifie « Noble ornement du dieu Ciel ». Elle est le plus ancien auteur littéraire dont le nom ainsi qu'une part significative de l'œuvre nous soient parvenus. Elle était une des filles du roi Sargon d’Akkad. Enheduana a vécu au XXIIIe siècle av. J.-C. Pour mieux contrôler la plus importante des villes de Sumer, son père en fait la grande prêtresse du dieu tutélaire de la ville d’Ur : Nanna, le Dieu-Lune, une des divinités majeures du panthéon mésopotamien. Elle continue à assumer sa charge après la mort de son père, avant d'être exilée pendant le règne de son demi-frèreRimush, pour des raisons politiques, puis réintégrée dans ses fonctions. Cet exil est évoqué dans son poème le plus fameux L'Exaltation d'Inanna. Il est aussi possible qu'elle ait été divinisée après sa mort.

Inanna : l'histoire de la déesse Inanna/Ishtar, particulièrement riche et complexe, détermine manifestement sa personnalité qui l'est tout autant. C'est probablement une figure née de la réunion de plusieurs déesses par syncrétisme, sans que pour autant la personnalité de toutes ses composantes ne constitue forcément un tout cohérent. Quels sont les apports respectifs de sa composante sumérienne, Inanna, et de sa composante sémitique, Ishtar,et comment ont-elles été réunies, on l’ignore. On ignore également comment la déesse Inanna s'est retrouvée à une place importante dans de nombreux panthéons, en assimilant d'autres déesses sans doute présentes antérieurement, au point de devenir la seule figure féminine majeure des panthéons mésopotamiens. Elle a été adoptée par les peuples voisins de la Mésopotamie.

 

Théophanique (adj.) : du grec θεοφάνια, theophánia (« monstration », « ostension de dieu »). Révélation d’une divinité par le truchement de son apparition.  Exemple : « La théophanie n’appartient qu’à ceux qui l’ont vécue ; elle reste éternellement accessible à tous les autres, qui ne se représenteront jamais les sentiments qu’elle procure ».(Jesse Hicks, Terry Davis)

 

Fulgurance (n.f.) : caractère de ce qui est fulgurant. Fulgurant, fulgurante (adj.) : du latin  fulgurans, fulgurantis, du verbe fulgurare, « lancer des éclairs ».Littéraire. Qui brille d'une lueur très vive : Éclair fulgurant. Regard fulgurant. Qui frappe par son éclat : Beauté fulgurante.

 

Affres (n.f.pl.) : du provençal affre, « horreur ». Littéraire. Très grande angoisse, tourments physiques, intellectuels, moraux : Les affres du désespoir.

 

Nymphéal, nymphéale (adj.) : de nymphe, avec le suffixe adjectivaléal. Nymphe (n.f.) : du latin nympha, lui-même du grec ancien νύμφη, númphê, « jeune fille ». Divinité féminine.

 

ENGLISH :

Enheduanna

(The earliest known woman poet in world literature)

for Daniel Martini

Priestess and poetess, Sumerian princess,

the purple river of your voice touches my heart

like an azure canticle of infinite magnitude,

like a dawn fragrance from the Akkadian lands.

 

Like me you knew exile and sorrow,

the cruelty of men, the crimes of power,

remaining faithful to the gods, you loved the wisdom

of the sages who had known the gods, their mystical passions,

 

Your hands leafed through the pages of the stars

and caressed the language of the winds and the clouds,

the blinding light of the sky, the agonies of storms,

 

the urgent clarity of astral prophecies.

O divine friend, come and read to me

the rules of love, the laws of joy.

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges