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Pensées fugitives - français / anglais

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PENSÉES FUGITIVES

« Le poste que Dieu leur a fixé est si beau
qu’il ne leur est pas permis de le déserter ».

Épître à Diognète

I.

 

Nos âmes sereines ne s’arrêtent pas de frissonner,

Nos cœurs sans défiance palpitent

Et nos soupirs d’adolescent

S’envolent sans ailes

Vers la voûte céleste

Inondé de clair de lune voluptueux !

 

Nos âmes, tulipes, papillons ou gerbes ?

 

Pensées fugitives qui enveloppent nos épaules

Appuyé contre le ciel mauve !

 

II.

 

Non loin, les cithares des roseaux

Font entendre leurs magiques mélodies.

 

Et voici que les premières étoiles vont bientôt

Parcourir la route lisse de l’insondable Ether !

 

Ô nuit amie qui nous a procuré tant

D’instants féeriques !

Ô êtres chastes, ô vies pieuses

Citoyens de l’empire de l’amour !

 

De sens spirituel en sens spirituel

Nos esprits s’élèvent pour attendre un jour l’infini

Et s’établir

Dans l’incorruptible lumière de la perfection.

 

III.

 

Ô Ange, n’est rien ce qui peut se mesurer !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Glose :

L’Épître à Diognète est une lettre d’un auteur chrétien anonyme qui date de la fin du IIe siècle.   Il s’agit d’un écrit apologétique adressé à Diognète pour démontrer la nouveauté radicale du christianisme comparé au paganisme et au judaïsme.

Le seul manuscrit connu de cette épître a été découvert dans une poissonnerie de Constantinople au XVe siècle. Puis, après de nombreuses péripéties, il a brûlé lors de l'incendie de la bibliothèque de Strasbourg en 1870. C’est Henri-Irénée Marrou qui a édité et a retracé l’histoire de ce précieux document en 1951.

ENGLISH :

 

 

Fugitive Thoughts

‘The post that God secured for them is of such quality

that they are not allowed to abandon it’

 

Epistle to Diognetus

 

1.

Our tranquil souls do not stop trembling,

our trusting hearts still leap with anxiety

and our adolescent sighs

fly away without wings

towards the canopy of heaven

with its floods of voluptuous moonlight!

 

Are our souls tulips, butterflies or sheaves of corn?

Fugitive thoughts that shroud our shoulders

leaning against the mauve sky!

 

2.

Not far away, the zithers of the reeds

sing out their magic melodies.

 

And soon the first stars

will take the smooth road of the fathomless Ether!

 

O night my friend who has brought us so many

enchanting moments!

O chaste beings, O pious lives,

citizens of the empire of love!

 

From spiritual sense to spiritual sense

our spirits rise awaiting the day of the infinite,

the day when they will find their place

in the incorruptible light of perfection.

 

3.

O Angel, what can be measured is mere nothingness!

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges