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Vous êtes une île heureuse - français / anglais

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VOUS ÊTES UNE ÎLE HEUREUSE

(Cathemerinon)

À L.M.

I.

Des larmes lourdes de brises et d’azur,

De chants d’abeilles

Et une capiteuse odeur de menthe sauvage

Et de pelargonium !

 

Des bateaux éclatant de blancheur voguent

Dans l’intimité invisible du sang !

 

Nous devenons diaphanes

Sous l’haleine des esprits célestes

Qui passent au-dessus de nous

Le jour de notre départ !

 

II.

Respirer cette amoureuse apologétique du crépuscule,

L’hésitant nominalisme des choses –

Mystère indivisible, irrécusable et décisifs !

 

S’enfoncer lentement, irrésistiblement

Dans la douleur permanente,

Intacte et clandestine des siècles !

 

III.

Ô Ange, les mots non dits

Font si mal à l’iris des pupilles !

IV.

 

Seigneur, tous ces sanglots cachés

Hors de l’infini !

 

Et rien, rien d’autre sinon nos cœurs éplorés

Qui s’en vont vers la nuit

Avec le cri prophétique

Des vagues tardives et des oiseaux clairvoyants !

 

Ainsi sous les baisers d’une nuit séraphique

S’embrassent et s’unissent en une hymne sacrée

Les heures taciturnes

Et le clair de lune.

 

Ainsi, Ange, on passe du temps du corps

Au temps de l’esprit !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 15 juillet 2017

 

Glose :

Cathemerinon Liber : Livre d’Heures  - œuvre du poète lyrique latin Aurelius Prudentius Clemens, dit Prudence (né en 348 à Calagurris (auj. Calahorra), patrie également de Quintilien, dans le nord de l’Espagne –mort entre  405-410) qui mit sa poésie au service de la religion chrétienne.

Pelargonium (n.m.) : les pélargoniums désignent dans la langue commune, les espèces du genre botanique    Pelargonium de la famille des Geranniacées. Les espèces sauvages sont des plantes  herbacées, des arbrisseaux, ou des plantes à tubercules (géophyte), aux feuilles alternes et aux fleurs groupées en pseudo-ombelles. En horticulture, ces espèces sauvages et les lignées d'hybrides auxquelles elles ont donné naissance, sont généralement nommées dans la langue commune, géraniums (des fleuristes), depuis presque quatre siècle. Le terme de latin scientifique Pelargonium dérive du grec pelargós (πελαργός), désignant la cigogne.

Nominalisme (n.m.) : doctrine philosophique qui considère qu'il n'existe que des étants réels singuliers, et pas d'êtres généraux réellement existant auxquels renverraient les mots ou signes. Par exemple, le terme « homme » ne signifie pas une quelconque essence de l'homme en général. Formulé par Roscelin, le nominalisme est né dans la scolastique médiévale en tant que réponse possible au problème des universaux : les mots renvoient-ils à des étants généraux doués d'une existence ontologique réelle ? Le nominalisme soutient que les noms ne sont que des instruments permettant de parler commodément du réel.

Le nominalisme a des points communs avec le conceptualisme de Pierre Abélard, avec lequel il est parfois confondu. Le conceptualisme postule des étants généraux abstraits à partir d'une réalité singulière : les concepts. Cette définition des étants généraux comme abstractions le rapproche du nominalisme. Mais le conceptualisme s'éloigne du nominalisme au sens où les concepts ne sont pas de simples noms : ils sont des formes réelles, des opérations propres de la pensée. La théorie de la connaissance de Thomas d’Aquin, elle aussi rapprochée du nominalisme, tient pour beaucoup du conceptualisme.

Le nominalisme est parfois nommé occamisme, du nom de Guillaume d’Ockham, principal représentant de cette école dans la scolastique tardive. Il a inspiré des auteurs variés comme Thomas Hobbes, Pierre Gassendi, Gorge Berkeley, William James, David Hilbert, Ludwig Wittgenstein, Rudolf Carnap, Nelson Goodman ou encore Peter Singer.

ENGLISH :

You Are A Happy Island

(Cathermerinon)

for L.M.

1.

Heavy tears of breezes and blue skies,

of the songs of bees

and the heady scent of wild mint

and pelargoniums!

 

Boats of brilliant white sail

in the invisible intimacy of the blood!

 

We become diaphanous

beneath the breath of the celestial spirits

which pass above us

on the day of our departure!

 

2.

To breathe in this loving apologetics of dusk,

the hesitant nominalism of things –

an indivisible mystery, irrefutable and definitive!

 

To sink slowly, irresistibly

into the sorrow of the centuries,

permanent, unbroken and clandestine!

 

3.

O Angel, unsaid words

do terrible harm to our fragile sight!

4.

Lord, all this hidden sobbing

outside of infinity!

 

And nothing, nothing else if not our tearful hearts

going towards the night

with the prophetic cries

of belated waves and farsighted birds!

 

Thus beneath the kisses of a seraphic night

the taciturn hours

and the moonlight

embrace and unite in a sacred hymn.

 

Thus, Angel, do we pass from the time of the body

to the time of the spirit!

 

 

Translated from the French of Athananse Vantchev de Thracy by Norton Hodges