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MONGOLIE -français / anglais

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MONGOLIE

 

À Mend-Ooyo Gombojav

« Je ne suis qu’une plante frêle de ma steppe grise ;
Lorsque le vent joue un air de flûte sur chaque tige et chaque herbe »

 

Mend-Ooyo Gombojav

 

Espace, tout est espace : le ciel, les steppes, les monts

Dans ce pays splendide plus libre que le vent,

Les destriers rapides, éclairs au cœur du temps,

Traversent l’éternité des immortels éons !

 

Dans l’air résonnent encore les cliquetis des mors,

La voix de Gengis Khan, le maître des armées,

Ögödeï et GüyükMöngke et les décrets

De Kubilaï le grand guidant ses mille tabors !

 

Ils vont victorieux vers la Chine céleste

La dynastie Yuan impose son vaste empire

Et fait fleurir les arts, les lettres et la lyre.

 

Je rêve à ce pays à la beauté agreste

Au peuple amoureux des pâturages fleuris,

Moi, le vieux poète et le fidèle ami !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 28 juin 2017

 

Glose :

Mend-Ooyo Gombojav (né en 1952) : l'un des plus grands poètes et calligraphes de Mongolie. Sa poésie est traduite dans plusieurs langues. Il a été longtemps le président du Pen Club de son pays.

Éon (n.m.) : puissance spirituelle émanant d’un principe suprême. Les gnostiques ont vu leurs éons dans ces fils de Dieu et peut-être les anges et les diables ne se seraient-ils pas introduits si facilement dans le christianisme sans cette porte que la genèse mal comprise leur laissa ouverte. Synonyme du mot masculin « être ». Au pluriel éons et féminin éones. Emprunté au latin chrétien aeon, -onis, nom donné par l'hérésiarque Valentin et les gnostiques à des entités abstraites et éternelles, En grec ancien  α ι ̓ ω ́ ν, -ω ̃ ν ο ς « durée de la vie ; vie; éternité ; ce qui existe de cette éternité; entité divine.

 

Gengis Khan (1155 - 1227)

Le plus vaste empire qui ait jamais existé


Le 18 août 1227 meurt Gengis Khan (on écrit aussi Genghis khan). Ce guerrier intelligent et d'une extrême dureté est le fondateur d'un empire de la steppe, éphémère mais plus vaste qu'aucun autre empire ayant jamais existé. Gengis Khan est né dans les steppes d'Asie centrale sous le nom de Temutchin vers 1155, dans le clan mongol des Qyiat. Son père Yesügaï, le chef du clan, négocie le mariage du garçon avec la fille d'un chef de clan voisin, Börte. Mais Yesügaï meurt peu de temps après. Orphelin, le jeune Temutchin mène une vie errante dans la steppe avec sa mère, ses frères et sa sœur. Ayant survécu jusqu'à l'âge d'homme, il va réclamer la main de sa fiancée. Chose promise, chose due. Le mariage consacre le premier rapprochement entre deux clans mongols.

 

Rassuré sur son avenir, Temutchin se fait bientôt proclamer Khan et prend la tête de plusieurs clans mongols. Dès lors, il ne va avoir de cesse de réunir sous son autorité tous les nomades de la steppe, Mongols et Turco-Mongols. C'est chose faite au printemps 1206. Agé d'une cinquantaine d'années, il se fait reconnaître souverain par toutes les tribus et se voit conférer le nom de Gengis Khan («roi universel» en mongol).

 

ÖgödeïGüyükMöngke et Khubilaï – histoire :

Kubilaï Khan (1215 - 1294)

Le Mongol qui se fit empereur de Chine



Kubilaï Khan (忽必烈) naît en 1215 et meurt en 1294. L’année de sa naissance est aussi celle de la prise de Pékin par l’armée de son grand-père Gengis Khan. .

En prenant la direction de l'immense empire chinois, il a fondé la première dynastie chinoise d'origine étrangère, la dynastie Yuan. Ce faisant, le guerrier mongol est passé sans remords de la steppe d’Asie centrale aux riches métropoles des provinces maritimes et a rejeté le nomadisme de ses ancêtres mongols au profit du sédentarisme chinois.

De la Mongolie à la Chine

À vingt ans à peine, en 1236, son oncle Ögödeï – le successeur de Gengis Khan – octroie à Kubilaï le gouvernement de Xingzhou, situé dans la région actuelle du Hebei, en Chine. Pendant plusieurs années, Kubilaï s’adapte aux mœurs chinoises et prépare sereinement son ascension. Il s’entoure de fonctionnaires chinois dont les compétences administratives sont tout aussi décisives que les qualités guerrières de ses sujets mongols.

En 1251, Möngke, le frère aîné de Kubilaï, est élu Grand Khan. Les trois frères du nouveau souverain, Kubilaï, Hulagu et Arigh Böke, doivent alors conforter leur pouvoir en prouvant, à la manière des Mongols, leurs vertus guerrières.

Fort de son nouveau statut de frère du Grand Khan – et du potentiel successeur – Kubilaï entreprend la construction d’un « fastueux palais » auquel le poète anglais Coleridge songe encore cinq siècles plus tard. Sa nouvelle capitale, Shangdu, n’a rien à envier à la vieille Karakorum, centre politique de l’Empire mongol, ce qui n’est pas sans provoquer la jalousie de son jeune frère Arigh Böke. Ce dernier veille sur Karakorum car, comme le veut la tradition mongole, c’est le benjamin qui s’occupe de la terre des ancêtres pendant que ses aînés guerroient aux quatre coins de l’Empire.

La succession du Grand Khan

Vaillant conquérant, Möngke épuise pourtant son armée et s’éteint à la fin de l’année 1259. Arigh Bokë est déterminé à en découdre avec son frère Kubilaï pour prendre seul les rênes de l’Empire. La tradition veut que le Grand Khan soit élu. Or l’élection doit avoir lieu sur les terres des ancêtres mongols, dans lesquelles Arigh Bokë est bien installé, au détriment de Kubilaï qui s’est exilé en terres chinoises. Les élections (khuriltai) divisent l’Empire en deux blocs politiques et se soldent par deux victoires ! Les partisans de Kubilaï Khan l’élisent Grand Khan le 5 mai 1260 ; ceux d’Arigh Bokë l’élisent aussi Grand Khan un mois plus tard.

Les guerres de succession font rage et s’apaisent progressivement lors du trépas d’Arigh Bokë, en 1266. Le pouvoir de Kubilaï n’en est pas moins menacé constamment par les redoutables Song du Sud. La Chine méridionale – comme aujourd’hui – est de loin la région la plus prospère et la plus peuplée: elle compte cinquante millions de sujets contre à peine dix millions en Chine septentrionale.

 

Tabor (n.m.) : du turc tabur. Unité militaire de nombre variable.

 

ENGLISH :

 

 

Mongolia

for Mend-Ooyo Gombojav

‘I am only a fragile plant of my grey steppe;

when the wind plays an air for flute on every stem and every blade of grass’

Mend-Ooyo Gombojav

 

Space, all is space: the sky, the steppes, the mountains

in this splendid country freer than the wind,

rapid steeds, lightning flashes at the heart of time,

cross the eternity of immortal eons!

 

In the air can still be heard the jingling of bridle bits,

the voices of Genghis Khan, the military genius,

Ögodei and GüyükMöngke and the decrees

of the great Kublai Khan leading his thousand battalions!

 

Victoriously they bear down on celestial China,

where the Yuan dynasty imposes its vast empire

and enables the flowering of arts, letters and the lyre.

 

I dream of this country of rustic beauty

of its people in love with their flower-rich pastures,

I, the old poet, the faithful friend!

 

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges