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TROIS FLEURS DE LYS - français / anglais

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TROIS FLEURS DE LYS

À L.M.

« Tout vit en se taisant ; tout est rien ;

Dans les soleils de rien je te devine »

 

Victor Manuel Mendiola

1.

 

Les sabots rapides des destriers de feu

Tambourinent joyeusement contre la peau verte de la steppe.

Le vent délié tire les cordes de la harpe du matin.

 

Ô beaux enfants des espaces infinis,

Âmes légères, regards radieux

Nés dans le chant !

 

Comme les autres,

J’aurais été un passant solitaire

Dans la rue où tu habites.

 

2.

 

Ce vol calme des palombes

Dans les flots de la lumière rose de l’aube,

Le bruissement des coccinelles dans la mousse humide,

Les hirondelles crochetant la dentelle du jour qui vient !

 

Dans la ruche du monde,

Au milieu de royaumes impalpables,

Chantent et brûlent les cœurs

Des éternels amoureux !

 

Non, il n’existe pas de mesure sûre du temps !

 

 

3.

 

Tu ne sais pas que je suis venu,

Toi et moi, ne sommes-nous pas

La même obscurité et la même lumière !

 

L’air parfumé soulève les grappes des glycines

Et pénètre jusqu’à tes bras

Dans ta chambre

À la fenêtre ouverte.

 

Rien à craindre, mon Ange,

Notre journée sera un fleuve

Dans lequel nos âmes

Seront pensives et silencieuses

Comme des navigateurs qui montent

Lentement vers les eaux du ciel !

 

Qu’elle est mince la cloison

Entre la mémoire et l’oubli !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 26 juin 2017

 

 

Glose :

Victor Manuel Mendiola, né à Mexico en 1954. Codirecteur, avec Luis Soto, desions El Tucan de Virginia. A publié Nubes (1987), Papier révolution paraît en français en 2002. A été président du Pen Club mexicain de 1997 à 2000.

 

ENGLISH :

 

Three Lily Flowers

for L.M.

‘Everything exists in a state of silence; all is nothingness;

in the suns of nothingness I sense your presence’

 

Victor Manuel Mendiola

 

1.

 

The rapid hooves of the steeds of fire

drum joyfully against the green skin of the steppe.

The nimble wind plucks the strings of the harp of morning.

 

O beautiful children of infinite spaces,

light souls, beaming faces

born in song!

 

Like the others,

I would have been a solitary passer-by

in the street where you live.

 

2.

 

This calm flight of pigeons

in the waves of the pink light of dawn,

the rustling of ladybirds in the wet moss,

swallows crocheting the lace of the coming day!

 

In the world’s hive,

amid impalpable kingdoms,

the hearts of eternal lovers

sing and burn!

 

No, there is no true measure of time!

 

3.

 

You don’t know that I came,

you and I, are we not

the same darkness and the same light?

 

The perfumed air lifts the clusters of wisteria

and penetrates as far as your arms

in the room

with the open window.

 

Nothing to fear, my Angel,

our day will be a river

in which our souls

will remain thoughtful and silent

like seafarers climbing

slowly towards the oceans of the sky!

 

How thin is the wall

separating memory and forgetfulness!

 

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges