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Il a toujours tenu Ses promesses - français / anglais

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IL A TOUJOURS TENU SES PROMESSES

I.

 

La nuit, j’entends la furtive respiration du temps

Et les suaves chuchotements de l’air dans sa fulgurante modestie !

Je vois des évêques somptueux tout ornés de fleurs

Avancer dans ma chambre chantant des hymnes millénaires

Et laver délicatement leurs mains

Dans l’eau parfumée des vases en or rouge.

 

Alors,  saisi d’un enthousiasme étrange,

Je me mets à penser aux vents propices

Dormant heureux dans  tous les ports accueillants de la terre,

Aux yeux exorbités des dockers et des marins,

À toute la multitude de visages voguant à l’unisson du zodiac

A toutes les pierres, aux humbles villes,

Aux livres pharaoniques, à l’innocence des lacs,

Aux flèches poignantes des souriantes églises des villages

Qui délecte avec tant de délicatesse ma mémoire.

 

J’évoque les cieux, cette face perpétuelle du temps.

J’interroge les mystères de la vérité gravés dans les cœurs !

 

II.

 

Langue légère des mésanges assoiffée de lumière !

Raffinement extrême des parfums et des mots

Dans la cathédrale du cristal !

 

III.

 

Ah, je sais, Agathador, le Très-Haut et Exalté,

Ne manque pas à Ses promesses.

Il a promis la victoire à tous les sincères,

À tous les patients et endurants, et Il a toujours tenu Ses promesses.

 

Lui seul connaît les lignes de partage

Entre le Bien et le Mal ! Lui seul !

 

IV.

Oui, Elpidius, la nuit je lis le « Dit du Jenji »

Et serre contre ma poitrine la grâce

Et l’élégance effrénée de ses phrases,

Moi, l’ami taciturne des constellations et des femmes aériennes

Qui voltigent autour de l’âme de Murasaki Shikibu, ,

Moi, l’humble poète chargé du Bureau des Jardins et des Etangs.

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Marrakech, le 17 mars 2017

 

Glose :

Agathador : prénom grec du prénom féminin Agatha, qui signifie « bon », « vertueux » et de dorea (δωρεά), « don ».

 

Elpidius : forme latinisée du prénom grec Elpidos qui a été tiré d’elpis, « espoir »

 

Dit du Jenji :Genji monogatari (), ou Dit du Genji, ou Conte du Genji, ou Roman de Genji est une œuvre considérée comme majeure de la littérature japonaise du xie siècle, attribuée à Dame de compagnie impériale Murasaki Shikibu. L'intrigue du livre se déroule pendant l’époque de Heian.

Le Genji est un fils de l’empereur qui ne peut prétendre au trône. Il est donc à l'origine (源, gen) d'une nouvelle branche (氏, ji?) impériale.

Le Dit du Genji, qui se présente comme un récit véridique, raconte la vie d'un de ces princes impériaux, d'une beauté extraordinaire, poète accompli et charmeur de femmes. Toutefois, bien que le roman soit présenté comme une histoire vraie, on pense généralement que Murasaki Shikibu s'est inspirée de Fujiwara no Michinaga (966-1028), un homme d'État réputé.

Il s'agit pour beaucoup du premier roman psychologique du monde. Le caractère intemporel des relations humaines y est pour beaucoup et, si les us et coutumes de la Cour peuvent nous être étrangers, les vicissitudes que rencontrent les personnages sont bien plus familières. Par bien des aspects, l'œuvre est une critique incisive et complète des mœurs décadentes de la Cour de Heian, mais avec un regard intérieur, intime car, après tout, l'auteur est elle-même un membre de la Cour. Si on prend en compte la date de l'œuvre, les sujets abordés sont très en avance sur leur temps. Il y a là la femme bafouée, le mari jaloux, la courtisane, le séducteur impénitent, la fascination du pouvoir, les différentes classes sociales, l'argent.

Une des difficultés majeures de lecture réside dans le fait que les personnages (plus de deux cents) sont presque tous nommés uniquement par leur titre dans la Cour impériale. L'histoire durant plusieurs dizaines d'années, les protagonistes évoluent et donc changent de titre. Les lecteurs et les traducteurs contemporains utilisent divers sobriquets pour suivre les nombreux personnages du roman.

ENGLISH :

He Has Always Kept His Promises

1.

At night, I hear time’s stealthy breathing

and the air whispering sweetly with dazzling modesty!

I see richly dressed churchmen all decked in flowers

entering my room singing millennial hymns

and washing their hands with delicacy

in the scented water held in vases of red gold.

 

Then, seized by a strange rapture,

I start to think of favourable winds,

happily sleeping in all the welcoming ports of the world,

the bulging eyes of dockers and mariners,

the whole multitude of faces sailing in harmony with the zodiac,

all the rocks, the humble towns,

the colossal books, the innocence of lakes,

the poignant spires of smiling village churches

delighting my memory so delicately.

 

I conjure up the skies, the perpetual face of time,

I examine the mysteries of the truth inscribed on hearts!

 

2.

 

Light chatter of blue tits thirsty for light!

Pure fragrances and words

in the crystal cathedral!

3.

Ah, I know, Agathador, the Most High and Exalted,

does not forego His promises.

He promised victory to all the pure in heart,

to all who are patient and long-suffering,

and He has always kept His promises.

 

He alone knows the dividing lines

between Good and Evil. He alone!

 

4.

 

Yes, Elpidius, at night I read ‘The Tale of Genji’

and clutch tightly to my breast the grace

and the unbridled elegance of its sentences,

I, the taciturn soul of the constellations and the ethereal women

fluttering around the soul of Murasaki Shikibu,

I, the humble poet, now Keeper of Gardens and Ponds.

 

Note: Murasaki Shikbu: presumed author of The Tale of Genji

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

Mis à jour ( Lundi, 20 Mars 2017 16:49 )