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Parfois, l'après-midi - français / anglais

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PARFOIS, L’APRÈS-MIDI…

 

I.

Parfois, l’après-midi, j’aime poser ma main

Sur une pierre et, immobile, écouter battre son cœur,

Elle qui connaît, en profondeur, tous les tremblements de la vie,

Elle qui converse chaque nuit avec les branches du néflier

Et accueille en silence tous les matins le pouls de l’aube !

 

Les brumes se hâtent de mourir sur son visage,

Les colombes amoureuses viennent lui dire leur émotion,

Les papillons aux ailes resplendissantes de beauté

Et les libellules au corps transparent

La réjouissent de leur harmonieuse présence.

Ils reprennent en compagnie d’elle leur souffle,

Se reposent sur son front

Et lui content la splendeur des fleurs

Et l’envoûtante magie des parfums de l’air.

 

II.

Dans la légèreté de mai, la tacite pierre console

Les heures blessées et les guérit de leur parfaite tristesse,

Elle boit, pleine de tendresse, les larmes des enfants radieux qu’on a offensés.

 

L’aimable pierre ! Elle accueille et accompagne les jours

De leur lumineuse naissance à leur mort douloureuse.

Elle chérit les innombrables et chuintantes tribus des insectes,

Elle qui connaît en détails infinis

L’arbre généalogique de la lumière t de la vie !

 

III.

 

Je lui confie les secrets de mes incartades et mes instants pusillanimes.

Je lui dis à l’oreille les noms de ceux que j’ai amés et aime dans la vérité.

 

IV.

 

Oui, je pose ma main fébrile sur son cœur

Et un frisson brûlant parcourt mon corps de ses doigts invisibles,

J’entends hurler le vent, chanter le ciel,

Crier les astres ! Moi, le contemplateur solitaire,

Je vois les âmes sans voix qui demeurent dans la pluie,

Impalpables, suspendues à la durée !

 

V.

Ô pierre ma fidèle amie qui depuis des siècles reste là, immobile,

Tu sais que toi non plus tu ne peux rendre l’éternité tienne,

Toi que trop de larmes intimes ont rendu exsangue,

Toi que le sang de la clarté a polie !

 

Je caresse ta face tantôt chaude tantôt froide

Et répète avec une ardeur continue,

Comme dans un songe blanc, exact et étrange :

 

Ex umbris et imaginibus ad lucem et veritatem

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris le 21 février 2017

Glose :

 

Ex umbris et imaginibus ad lucem et veritatem « - « Des ombres et des images vers la lumière et la vérité »). Le bienheureux cardinal John Henry Newman, né à Londres le 21 février 1801 et mort le 11 août 1890 à Edgbaston, fameux ecclésiastique, théologien et écrivain britannique converti au catholicisme en 1845, avait demandé qu’on écrivît sur sa tombe ces mots : « Ex umbris et imaginibus in veritatem ». Il a été béatifié par le Pape Benoît XVI à Birmingham le 19 septembre 2010. Il appartenait à la congrégation de l’Oratoire de saint Philippe Néri.

 

ENGLISH :

Sometimes, in the Afternoon…

 

1.

Sometimes, in the afternoon, I like to place my hand

on a stone, stay completely still and listen to its heart beating,

for a stone knows life’s upheavals in depth,

every night it talks to the branches of the Medlar tree

and every morning it silently welcomes the pulse of dawn!

 

Mists hurry to perish on its face,

doves come to pour out their feelings of love,

butterflies with dazzlingly beautiful wings

and dragonflies with transparent bodies

bring it harmony and delight.

In its company they can draw breath,

settle on its brow

and recount the splendour of flowers

and the bewitching magic of the scented air.

 

2.

In the airy month of May, the tacit stone consoles

the wounded hours and takes away their utter sadness,

full of tenderness, it drinks the tears of grateful children once wronged.

 

What kindness! It welcomes and accompanies the days

from their luminous birth to their painful death.

It cherishes the countless sibilant tribes of insects,

it knows in infinite detail

the family tree of the light of life!

 

3.

I entrust it with the secrets of my indiscretions and my moments of weakness.

I whisper in its ear the name of those I’ve loved and still truly love.

 

4.

Yes, I place my feverish hand on its heart

and a burning shiver from its invisible fingers runs through my body,

I hear the wind howl, the heavens sing,

the stars cry out! I am the solitary watcher,

who sees voiceless souls, prisoners of the rain,

intangible, suspended in human time!

 

5.

O stone, my faithful friend, lain motionless for centuries,

you know that even you cannot make eternity your own,

you whom too many private tears have drained of life,

you whom the blood of light has polished!

 

I caress your face, be it hot or cold,

and repeat with an undiminished fervour

as if in a dream of white, exact and strange:

 

Ex umbris et imaginibus ad lucem et veritatem.

Out of shadows and phantoms into light and truth!

 

 

translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

Mis à jour ( Vendredi, 24 Février 2017 15:10 )