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Anunnaki (français)

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Anunnaki

I.

Vous, dieux célestes, aérienne progéniture du dieu Anu,

Seigneur de la Création, Maître de l’Univers,

Que disent les tablettes d’argile, cette divine bibliothèque ?

Toi, dieu, l’addition de mes espoirs,

La multiplication de mes visions,

La racine de mon intime dévotion !

Moi, le scribe dévoué, écrasé par le néant !

Moi terre-ciel-terre attentif aux six chants des cloches :

L’obscurité du sommeil dans l’air au parfum d’amour,

Les pages transparente du ciel et les flûtes mélodieuses du vent

La prière sonore de la pluie,

Le vin des mots sous les feuilles de mon errance solitaire,

Vertiges infinis qui causent l’explosion du sang !

II.

Vous, Anunnaki, dieux qui gouvernez le monde

Et résidez sur les eaux !

Et vous Igigi, dieux qui vivez sur terre

Et présidez aux besoins matériels,

N’oubliez pas votre humble laudateur,

Le taciturne glorificateur qui exalte, en pleurant,

Votre inimitable beauté et votre sagesse incréée !

Ô langue sumérienne, mère du haut savoir, toi,

Le paradis et la lumière de l’esprit,

L’éther dans lequel nagent les âmes bienheureuses !

III.

Comme le frêle passereau, au cœur de l’hiver,

Fait fondre la neige avec ses minces pattes roses,

Doublé par son ombre qui voyage avec lui,

Ainsi mon cœur, rempli de la grâce des dieux,

Change, poursuivi dans les ténèbres par la clarté de l’amour

La rude matière en air translucide !

La tendresse des poèmes entourbillonne le corps

Et met le temps dans l’étrier

Comme la tempête fait vriller les arbres solitaires au milieu des champs

Et précipite la neige vierge  sur la grande sécheresse de la foi.

Que de colonne de sang dorment sous les cieux !

Ô âme, éloigne-toi de ceux qui marchent

Sur les chemins de la mort,

Efface de mes pupilles les larmes qui obscurcissent le soleil,

Enlève de mon corps la tunique sanglante des regrets,

Fais-moi voir le monde avec les yeux des arcs-en-ciel !

IV.

Ô mon scribe vêtu d’aube, Nûr-Aya, comme toi,

Je n’aurai de cesse que je ne défende mes frères

Des crimes des guerriers sacrilèges

Et de la cruauté des hommes sans cœur !

Ô dieux, comme la fatalité est proche du malheur,

Je veux être irréprochable au regard de toutes les divinités,

Je veux ouvrir les compartiments secrets

Des mon cœur, secrétaire docile de ma vie !

Que souffle la brise, que ploie la ramée !

V.

Ô Soleil, toi qui dans ta hâte précipites

Les saisons, les mois et les années !

Je sais, Seigneurs célestes,

Je sais que rien ne peut s’enseigner.

Je sais, ô dieux, qu’on apprend si peu de l’extérieur !

Tout le travail se fait en nous, par nous, pour nous

Dans la plus haute, la plus dense et la plus noble solitude !

Comment tutoyer mon âme,

Moi qui suis si loin ?

Dans le calice du bonheur,  cette goutte vivante,

Cette rosée invincible de l’espérance !

VI.

Le soir, la tempête dans mon esprit, les éclairs,

Une chance inattendue de salut !

Que je me lève, que je saute dans l’oubli

Et embrasse l’air qui circule

Sous les pieds des anges qui passent par hasard

Au-dessus de ma vie !

La tunique sanglante du temps

N’a pas caché à mon âme la lumière du regard des dieux.

C’est vous que je prie, esprits éthérés,

Quand patiemment se tait le silence,

Quand s’ouvre les bourgeons des amandiers et pleure la vigne,

Quand sur les paumes de mes mains

Les ténèbres déposent leur poussière,

Les cordes du vent résonnent

Sur les vertigineuses étendues des steppes,

Les yeux de l’eau admire le vole des alouettes dans l’azur

Et les hymnes délicieux des peupliers

Réjouissent les âmes de mes morts dans le cimetière.

VII.

Igigi, dieux des bosquets sacrés,

Lieu de prière, sanctuaire magiques,

Alphabets initiatiques des arbres

Où vous vous adressez aux poètes et aux prêtres.

Deux fleuves aux eaux bouillonnantes,

Nourricières de peuples sublimes,

Mères de l’abondance, don gracieux du ciel

Embrassent l’empire des Igigi

Où fleurissaient les plus belles cités de la terre :

Ur, Uruk, Nippur, Adab, Eridu, Lagash,

Girsu, Shuruppak, Larsa, Umma, Zabalam

Et tant d’autres villages

Baignés par les ondes paisibles de Diyala !

VIII.

Là, divin Empire, les mésanges mangeaient les blés du silence

Et respiraient le délicat parfum des lavandes

Au-delà des mots,

Là les heures couraient comme des rivières vives

Accélérant la fuite de la tristesse,

Là tressait des couronnes de fleurs

Pareilles à des arcs-de-ciel !

Regards vierges des filles

Où ce noie le jour,

Tendres fleurs des bleuets

Aux rêves doux et blancs comme la neige !

Ô constellations, ô compas

Qui décrivez des cercles d’amour autour de moi !

IX.

Je me rappelle les battements des paupières de mon aimée,

De ses prunelles vertes inondées de tendresse !

Une graine de ma mémoire chante :

Mon soleil est rose,

Ma brise est verte,

Mon âme est blanche

Au milieu des jours jaune or.

X.

Comme les poissons qui vivent sans faire de bruit

L’air fait fondre en silence les mots !

Ô poèmes profonds comme des puits,

Jours plus doux que les tranches de pain chaud !

Et mon âme qui enferme le monde

Dans ses mains d’enfant,

Mon âme

Pia, prisca et fidelis !

Pieuse, antique et fidèle !

Athanase Vantchev de Thracy

Glose :

Sur les tablettes d'argile en écriture cunéiforme (écrits les plus anciens connus à ce jour) de la mythologie mésopotamienne, le terme Anunnaki (akkadiren) ou Anun-naku, du sumérien A-nun-na(k) « progéniture du dieu An le Seigneur du Cosmos et Maître de l'Univers, désignait la classe dirigeante des dieux.

Hiérarchie

Les divinités étaient réparties en deux groupes. D'un côté les Anunnaki, qui gouvernaient le monde et résidaient sur les eaux, de l'autre les Igigi chargés de pourvoir aux besoins matériels de la classe supérieure et vivant sur terre. Les décisions étaient prises par le conseil des Anunnaki, supervisé par Anu, le roi des dieux, puis plus tard par Enil son successeur.
L'épopée d'Atrahasis (ou poème du Supersage) raconte comment les Igigi, épuisés par le travail, brûlèrent leurs outils et se révoltèrent contre les Anunnaki. Pour les remplacer et pour apaiser Enlil qui voulait les exterminer, Enki proposa la création d'un nouvel être, l'homme.

Évolution dans le temps

On ne sait pas à quel moment ni pour quelle raison, la signification des termes Anunnaki et Igigi s'est inversée. C'est ainsi que dans certains récits, Igigi désigne les dieux célestes et Anunnaki les divinités chthoniennes. Dans l'épopée de Gilgamesh, par exemple, les Anunnaki sont les juges des enfers.

Nombre

Dans le récit de la création Babylonienne (l'Enuma Elish), le dieu Marduk qui succède à Enlil à la tête du panthéon, fixe le nombre des dieux à 600. Il les divise ensuite en deux groupes, les Igigi aux cieux et les Anunnaki sur terre. Par contre si l'on se réfère au mythe de la descente d’Inanna aux Enfers, les Anunnaki occupent la fonction de juges des cieux et sont au nombre de 7.

 

L'épopée d'Atrahasis : poème sur l'origine de l'humanité, en 1245 lignes dont on ne connaît que les deux tiers, composé au XVIIIe s. ou XVIIe s. av. J.-C. Il portait comme titre, selon la coutume, les premiers mots de la première colonne : « Inuma ilu » c'est-à-dire « Lorsque les dieux... ». La plus ancienne copie connue (3 tablettes cunéiformes de 8 colonnes), due au scribe Kasap-Aya (ou Nûr-Aya), XVIIe s. av. J.-C, est aujourd'hui partagée entre : British Museum, Londres (78942) ; Musée d'art et d'histoire, Genève (16604)
Il existe autres versions connues par des fragments d'époques diverses entre le XIVe et le VIIe s. av. J.-C.

Cette épopée, comme celle de Gilgamesh, a largement inspiré les rédacteurs de la Bible.

La Bible est une compilation de plusieurs textes rédigés à différentes époques de l'histoire. Les premiers textes, comme le Proto-Isaïe et Osée, sont couchés par écrit dès le VIIIe siècle av. J.-C., c’est-à-dire 10 siècles après les épopées mésopotamiennes Ces premiers écrits, auxquels s'ajoutent bien d'autres, subissent ensuite retouches et ajouts au cours des siècles, et ce parfois même au-delà de leur canonisation.

 

l'Enuma Elish Enuma Elish ( en akkadien) est l'épopée babylonienne de la création du monde. Signifiant littéralement Lorsqu'en haut, selon ses premiers mots, l'Enuma Elish célèbre à travers sept tablettes la gloire du dieu Mardouk et raconte son ascension vers la souveraineté du panthéon babylonien. Le texte fut découvert au XIXe siècle sous forme de fragments dans les ruines de la bibliothèque d’Assurbanipal à Ninive. ville proche de l'actuelle Mossoul, en Irak. La plus grande partie de la cinquième tablette n'a jamais pu être retrouvée. Mis à part cette lacune, le texte est quasiment complet.

Le poème a probablement été composé à la fin du XIIe siècle av. J.-C., au cours du règne de Nabuchodonosor Ier en même temps que les textes de la topographie culturelle de Babylone. Cependant, les versions qui nous sont parvenues sont plus récentes. Après la disparition de Babylone, le texte a été souvent recopié par les Perses, puis il a été transmis et gardé en mémoire jusqu'au Ve siècle de notre ère par le philosophe néo-platonicien Damascios.

L'épopée décrit les origines du  Cosmos, les combats des premiers dieux contre les forces du chaos et l'élévation de Mardouk, dieu tutélaire de Babylone, au-dessus des autres divinités mésopotamiennes ainsi que la création du monde et de l'homme.