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Et tel un fleuve de frisson d'espoir (A L.M.) français / anglais

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ET TEL UN FLEUVE DE FRISSONS D’ESPOIR

 

 

La fougueuse incertitude du petit merle

Sous les feuilles vert de prune des buissons

Et la fièvre palustre des eaux au mois d’août.

 

Ses plumes noires, cette fine soie hérissée,

Ce corps gracile en infatigable mouvement

Tiennent mélodieuse compagnie à grand-mère

Qui arrose le jardin avec un vieux tuyau percé

Acheté, depuis des lustres, par grand-père.

 

Tout menu, tout élancé,

Il volette, se pose, sautille gaiement, se cache

Et apparaît de nouveau,

Siffle, flûte, appelle, babille
Et réjouit le cœur de la vieille femme.

 

Elle s’arrête un instant, se redresse, regarde le ciel

Et pense à ces antiques bosquets sacrés,

Autels vivants, magiques et révélateurs

Où les divinités s’adressaient à l’esprit des sages

Et au cœur délicat des poètes.

 

Tel un fleuve de frissons d’espoir

S’écoule la vie qui implique fatalement

Le jour terrible et doux de notre ultime départ

Illuminé d’un sourire de pureté,

Le seul viatique qu’il nous reste

Pour le long voyage.

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Glose :

 

Merle noirTurdus merula – ou plus communément merle, est une espèce de passereaux     de la famille des Turdidés. Selon la latitude, le merle noir peut être résident ou migrateur, partiellement ou entièrement.

Le mâle de la sous-espèce holotype, celle qui est la plus répandue en Europe, est entièrement noir, à part le bec jaune et un anneau jaune autour de l'œil, et possède un vaste répertoire de vocalisations tandis que la femelle adulte et les juvéniles ont un plumage brun. Cette espèce niche dans les bois et jardins, construisant un nid en forme de coupe bordée de boue. Le merle noir est omnivore  et consomme une grande variété d'insectes, de vers, de fruits.

Mâle et femelle ont un comportement territorial sur le site de nidification, chacun ayant un comportement agressif distinct, mais sont plus grégaire lors de la migration ou sur les aires d'hivernage. Les couples restent dans leur territoire pendant toute l'année dans les régions où le climat est suffisamment tempéré. De nombreuses références littéraires et culturelles à cette espèce commune font cas de son chant mélodieux.

Le merle noir est mentionné et décrit dans de nombreux textes anciens. Il est cité par Aristote sous le nom de Cottyphus (Κοττύφος) au dix-huitième chapitre du neuvième Livre des Animaux comme la principale espèce de merle. Nommé en latin merula, ce qui donnera directement en français merle, Varron fournit comme explication étymologique un diminutif de mera : Merula est le quasi mera, le « presque seul », celui qui ne vole pas en groupe, ce qui rend bien compte du caractère solitaire de cet oiseau.

Depuis des lustres : depuis longtemps. Au XVIIe siècle, un lustre, employé au singulier, est une période de cinq ans. Cette durée vient probablement de l'antiquité romaine où un lustre désignait soit un sacrifice expiatoire qui avait lieu tous les cinq ans au moment du recensement, soit le recensement lui-même.

Viatique (n.m.) : du latin viaticum, « provisions de voyage ». Nourriture ou somme d'argent donnée pour un voyage.

Dans l’Église catholique, le viatique est l'eucharistie, corps du Christ, donnée à un mourant. Le geste a le même sens que dans l'emploi commun du mot, tout en recouvrant une symbolique religieuse. C'est-à-dire que le pain de vie qu'est l'eucharistie est donné à un mourant qui se prépare au « voyage » qu'est le passage de la vie terrestre à la vie éternelle.

 

ENGLISH :

 

With Waves Of Hope

 

The brave but wary little blackbird

under the plum-green leaves of the bushes

and the marsh fever of the lake in August.

 

Its black feathers like fine ruffled silk

and its fragile body in tireless movement

keep melodious company with the old lady

watering her garden with a leaky old hosepipe

bought by her old husband many years ago.

 

Very small, very slender,

it flutters, settles, hops about cheerfully , disappears

and comes back,

whistles, pipes up, calls out, chatters

and gladdens the heart of the old woman.

 

She stops for a moment, straightens up, looks at the sky

and thinks of the old sacred groves,

living altars, places of magic and revelation,

where the gods addressed the spirits of the wise

and the delicate hearts of poets.

 

With cresting waves of hope

life runs on in the inescapable knowledge

of the terrible yet sweet day of our ultimate departure

lit by the purity of a smile,

the only provision we have left

for the long journey.

 

 

translated from the French of Athanase Vanrchev de Thracy by Norton Hodges

Mis à jour ( Samedi, 26 Novembre 2016 12:58 )