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Aboû Nouwâs (A L.M.) français / anglais

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Aboû Nouwâs

 

Aboû Nouwâs aima les gracieux garçons,

Le vin revigorant et les nuits torrides

La bouche des amoureux et leur baisers cuprides

Le soyeux duvet des lèvres des gitons.

 

Athanase Vantchev de Thracy

Glose :

Aboû Nouwâs ou Abû Nuwâs de son vrai nom al-Ḥasan Ibn Hāni’ al-Ḥakamī (en arabe : أبو نواس الحسن بن الهانئ الحكمي), (né entre 747 et 762 à Ahvaz, Perse et mort en 815 à Bagdad) : un des plus grands poètes arabes de tous les temps.

Il est connu surtout pour sa poésie bachique et érotique, il composa également dans d'autres genres, notamment des pièces de poésie ascétique (zuhdiyya), ou encore des panégyriques (madîh) adressés à ses patrons. On lui attribue par ailleurs la paternité du genre des tardiyyât (scènes de chasse).

Abû Nuwâs est né d'un père arabe, Hâni, soldat dans l'armée de Marwan II, et d'une mère persane nommée Golban, une tisserande. Son père Hâni était un client de la tribu sud-arabique d'al-Jarrâh Ibn Abdallah al-Hakamî, d'où la nisba d'Abû Nuwâs « al-Hakamî ».

Trois hypothèses sont avancées par la tradition pour expliquer l'origine de son surnom d'« Abû Nuwâs ». D’après la première hypothèse, « Nuwâs » est le nom d’une montagne ; dans une autre version, un voisin l'aurait surnommé « Abû Nuwâs » (« l’homme à la houppe ») par allusion à la disposition de ses mèches de cheveux ; enfin, dans une dernière explication, il se serait lui-même surnommé ainsi en référence au dernier des souverains du royaume de Himyar, Dhû Nuwâs.

Abû Nuwâs est encore un jeune garçon quand sa mère le vend à un épicier de Basra, Al-Sa'ad Yashira. Puis il se rend à Koufa, où il reçut l'essentiel de sa formation auprès de quelques-uns des plus éminents philologues de l'époque. Il vécut apparemment dans des conditions déplorables avant de devenir le protégé des poètes Wâliba Ibn al-Hubâb et Khalaf al-Ahmar. Wâliba, son premier maître, dont il fut non seulement le disciple mais aussi le giton, l'initia à la poésie et au libertinage,  et ils fréquentèrent ensemble le groupe des libertins de Koufa (Mujjân al-Kûfa). La tradition rapporte qu'Abû Nuwâs se sépara de Wâliba avec son autorisation pour poursuivre son étude de la poésie dans le désert, auprès des Bédouins. Puis il paracheva son apprentissage auprès du poète et  grand transmetteur Khalaf al-Ahmar. La tradition rapporte que Khalaf lui aurait imposé de ne composer aucun vers avant d'avoir appris par cœur des milliers de vers de la poésie ancienne. Abû Nuwâs les apprit et voulut composer de la poésie, mais Khalaf le lui interdit, et lui imposa alors de tout oublier : quand il aurait tout oublié, il pourrait composer de la poésie.

Enfin Abû Nuwâs aime à scandaliser la société en écrivant ouvertement des choses interdites par l’islam. Ses thèmes privilégiés sont l'amour du vin, des garçons et de la chasse, le libertinage, mais aussi l'angoisse de la mort et du vieillissement. Son esprit critique se tourne notamment contre les institutions religieuses.

 

Bachique (adj.) : du latin Bacchicus, lui-même de Bacchus, l’équivalent romain du dieu grec du vin et des réjouissances bruyantes Dionysos.

Nisba : les noms arabes classiques se décomposent en cinq parties, écrites traditionnellement dans l’ordre :

  1. le surnom ou kunya (كنية ) : abu, père de, suivi du (pré)nom arabe de l'enfant aîné, ou pseudonyme souvent omis dans les états civils officiels, correspond au nom d’usage
  2. le nom ou ism (إسم) : indispensable, correspond au prénom actuel
  3. le nom honorifique ou laqab (لقب) : correspond au surnom, devenu souvent dans l’époque moderne un nom de famille français, pas toujours présent mais généralement recommandé pour qualifier le (pré)nom
  4. la filiation patrilinéaire ou nasab (نسب) : ben, fils de, suivi du (pré)nom arabe du père ; la filiation peut être répétée aux aïeux mais se limite souvent au seul père
  5. l'origine ou nisba (نسبة) : gentilé, souvent omis, souvent aussi la source des noms de famille

Revigorant, revigorante (adj.) : qui revigore ; tonique : Un petit vent revigorant.

Cupride (adj.) de cuivre. Métal de couleur rougeâtre ou rouge, le cuivre possède une exceptionnelle conductivité thermique et électrique. Le métal très pur est très résistant à la corrosion, mais aussi très malléable.

L’histoire méditerranéenne du cuivre est intimement liée à l'île de Chypre : c’est en effet sur cette île que furent exploitées les premières mines de cuivre natif, qui permirent aux civilisations minoenne, mycénienne et phénicienne de prospérer. Elles organisèrent le commerce du métal rouge en Méditerranée, si bien que les Romains l’appelèrent aes cyprium (littéralement « métal de Chypre »), issu du grec ancien Κύπρος désignant l'île elle-même. Le terme s’est transformé au fil du temps pour devenir « cuivre ».

Giton : du latin Gito, nom d’un jeune personnage homosexuel du Satiricon de Pétrone. Le mot apparaît en français sous la plume    de Voltaire dans L’Anti-Giton. Il avait le sens de « page, valet » en ancien français. Peut-être à rapprocher du grec γείτονας (« voisin »). Jeune homme gracieux et immature, jeune éphèbe.

ENGLISH :

Abū Nuwās

 

The poet Abū Nuwās liked dainty boys

and wine to perk him up for nights of bliss,

their soft and silky lips were all his joys,

a rent boy’s mouth, a hustler’s copper kiss,

 

 

translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

Mis à jour ( Dimanche, 27 Novembre 2016 15:47 )