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Ode à Hristo Vasilev Hadjidjamelov

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ODE

À HRISTO VASILEV KOSTADINOV

– HADJIDJAMELOV

« Le propre d’une âme bien réglée est donc de se réjouir devant le bien

et de s’affliger aussi devant son contraire »

 

Cicéron

« Ils privent l’univers de soleil, semble-t-il, ceux qui privent la vie de l’amitié »

 

Cicéron

« L’Homme est la demeure de la divinité »

 

Héraclite

 

Je regarde ta photo, mon bel adolescent,

Ton corps éblouissant, élancé comme un cyprès de Corfou

Dans l’azur du matin, brille de toute sa splendeur

Sous de misérables haillons aux mille lamentables trous !

 

Ton magnifique visage, tristement sérieux,

Fait pleurer mon cœur et trembler mes mains,

Toi, l’enfant qui n’a pas encore bu

Le nectar des premiers baisers de l’amour !

 

Mais dans ton âme pure, dans ton cœur vierge

Où n’ont jamais poussé les herbes folles de l’avidité,

Brûle une seule passion, un unique idéal

Dont le nom est plus merveilleux que

Les enivrantes floraisons des vergers

Et le cantique des vifs ruisseaux de la Thrace en fleurs !

 

C’est la Liberté pour le peuple que tu aimes,

Ton peuple plié sous l’écrasant poids

D’une vie quotidienne de peine et de désespoir,

Sous la féroce cruauté de maîtres aveugles et sourds,

Arrogants, cupides, avaricieux et thésauriseurs !

 

Tu as donné les plus fraîches années de ta vie

À la lutte sans merci pour le plus saint des mots : Justice !

 

Toi, le porte-voix des sanglots du monde,

Toi, le Justicier des humiliés

Lorsque l’onde de l’abattement,

De l’affliction, de la désolation et de la détresse

Coure sur la peau des oubliés du destin !

 

Toi qui as abreuvé du nectar de ton regard

Les cœurs ensanglantés par l’infortune et l’indigence !

 

Tu as écouté, le cœur fendu de chagrin,

Toutes ces voix fatiguées, étouffées, brisées

Qui saignaient sur ta chair,

Tu as fait tien le deuil obscur,

La mélopée lente et lugubre

Des paysans morts sur les arides sillons de leur terre !

 

Rien n’a pu altérer, ô rayonnante jeunesse,

La lucidité de la musique de ton cœur !

 

J’aime la poésie de ton âme,

Le sourire où chantent les sentiers lumineux,

La sainteté de tes pensées qui t’a arraché

À l’étreinte souriante de la mort

Pour inscrire ton nom

Sur les tablettes impérissables

De l’humaine éternité !

 

Semences, Lumière, Feu !

Larmes qui voguent comme des îles

Au milieu de l’océan toujours ému de l’air !

Charité engendrant par elle-même l’instant à venir !

 

Vie qui admire la vraie vie !

 

J’aime ton intense pouvoir visionnaire

Et ta bonté qui se dépose comme une caresse

Sur mon visage éploré.

Comme moi, tu vois le paradis

À travers le corps fragile des lis

Et tu chéris les rayons des étoiles dilués

Dans l’eau du printemps !

 

Comme la mienne, ta chair est visitée

Par les cantiques des cœurs transparents !

 

Oui, mon Ami, les mots vont, en riant,

Au-delà d’eux-mêmes !

 

Dors, dors à présent, âme de miséricorde,

Sous la triple tunique fleurie de la terre,

Sous la soie blanche de la brise thrace

Et les nuits violettes pailletées d’or

Et brodées d’étoiles et de rêves !

 

Que les souvenirs de ta haute vertu

Et de ta lutte hardie

Viennent adoucir ta mort

Et rendre plus mélodieuse la terre

Qui te porte !

 

Les stèles de la Grande Année,

Les mots justes qui ouvrent

Un glyphe dans l’air satiné !

 

Âme, abandonne ton vol dans le libre éther !

Fleurs, laissez-vous réchauffer au toucher de mon cœur !

 

Je pleurerai ton absence, âme de la bonté évangélique,

Quand les étoiles laisseront derrière elles,

Vides, les hautes chambres des demeures antiques !

Et je prierai pour toi dans la lumière mauve

De la Neuvième Heure ! L’Heure de la divine Union !

 

Je moissonnerai la musique de tes paroles,

Je tresserai des couronnes de coquelicots rouges,

De muguets et d’iris jaunes pour les offrir à ta mémoire

Qui s’avance nue dans la nuit vivante !

 

Je t’apporterai les fruits des saisons

Aux rythmes des heures généreuses

Et recueillerai les roses du soir sur ma poitrine essoufflée,

Buvant, enchanté, l’eau ardente de la régénération éternelle !

 

Dors, Ami, écoute la mouvance interminable des sphères,

Les paroles de la terre qui accueille et nourrit nos larmes,

Contemple les feuilles des arbres qui deviennent diamants !

 

Dors, car la lignée des justes est célestement interminable !

 

Ami, les Amis de Dieu

Ne demandent pas autre chose que Dieu !

 

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 18 janvier 2014

 

Je dédie ce poème à l’Homme qui, pendant la Deuxième Guerre mondiale, a lutté pour la liberté de son peuple.

Golse :

Corfou ou Corcyre : (en grec ancien: Κέρκυρα ou Κόρκυρα, en latin  Corcyra) : île grecque située en mer Ionienne, sur la façade occidentale de la Grèce, à proximité de sa frontière avec l’Albanie. L’île est connue dans l'histoire de la Grèce antique en tant que cité grecque sous le nom de Corcyre.

La Grande Année : conception propre à certaines cultures traditionnelles, aussi bien occidentales que non-occidentales, qui comprennent le temps comme une structure cyclique.

Glyphe (n.m.) : en archéologie, le glyphe est un trait gravé en creux, une ciselure. Pour les signes gravés dans la roche, on parle de pétroglyphes.

La Neuvième Heure canoniale : pour le catholicisme, les heures canoniales sont des offices liturgiques qui sont consacrés à la prière, en plus de la messe quotidienne, au sein des ordres religieux aussi bien que pour le clergé séculier. Elles correspondent à une division du temps où la journée et la nuit sont partagées en quatre parties alors que les heures du monde romain, dont elles sont issues, se basaient sur une division en douze de la journée de lumière et également en douze de la nuit. Au Moyen Âge, le temps et la vie sociale sont essentiellement rythmés par la sonnerie des cloches qui marque les différentes heures canoniales.

Traditionnellement, la journée comporte sept heures canoniales et la nuit une :

I.

 

Laudes : à l’aurore

Primes : première heure du jour

Tierce : troisième heure du jour

Sexte : sixième heure du jour

None : neuvième heure du jour. Heure à laquelle Jésus meurt

Vêpres : le soir

Complies : avant le coucher

II.

 

Matines ou vigiles : milieu de la nuit (minuit)