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Athanase Vantchev de Thracy chanté par Norton Hodges (anglais / français)

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Athanase Vantchev de Thracy

 

Autumn leaves are massing in the old playground

Where one swing still dangles after

The children rushed home for their tea.

 

This is the hour between four and five when

All time hangs heavy yet inspiration seems dead,

There are only so many pens to be counted or

Papers shuffled and left untidy as fatigue descends.

 

Is this the hour to walk in the park or risk

A last coffee which might disturb your sleep

Or punish you with dreams like absurdist plays

Where the dead play aardvaarks or wardrobes

And yet demand bouquets and encores?

 

Is it right for a grown man to be seen kicking up leaves?

 

Friends seem to have no telephones;

In an age of mobiles and portables this seems

At the very least surprising, but isn’t it the

Modern habit not to reply to what can be easily deleted,

Tenuous friendships, virtual love affairs, yesterday’s news?

 

The old-fashioned letter writer is an endangered species

With his fountain pens, his unblemished paper, his blue envelopes.

Crows are scribbling upon the placid sky,

In the street white vans are still hurrying to fulfil

Today’s page in an overstuffed diary,

And no one is on the streets, except the woman

From the corner shop, the man who talks to himself.

 

The rest must all be incarcerated by the fire,

With a paperback, a tabloid, afternoon TV,

Tea, biscuits, nagging memories.

 

You were never one for cosiness,

You prefer your skies to be raw, unclouded,

So that the low sun can burn through

Your unwashed glass and set fire to

The spines of your books.

 

Isn’t home wherever we set down our coats,

In whatever airport lounge, in whatever

Waiting room in a far distant town?

 

And are we not here to work, to comprehend,

To persist on certain roads, to follow all diversions,

To celebrate, to pray, to hope, to glorify

Whatever passes, whatever remains,

To be true to our departed from a longer distance,

And, on this autumn afternoon, to tip out

Our desk drawer in search of that bottle

Of ink of the deepest azure?

 

Norton Hodges

 

FRANCAIS :

Poème dédié à

Athanase Vantchev de Thracy

 

Les feuilles d’automne se pressent dans la vieille cour de récréation
Où une balançoire oscille encore après
Le départ précipité des enfants à l’heure du goûter.

Nous sommes entre 4 et 5 heures du soir,

Heure où le temps pèse lourd et l’inspiration semble morte.

Mesuré est temps pour pouvoir compter tous ces stylos

Ou brasser et laisser en désordre des papiers

À mesure que la fatigue s’accroît.

 

Est-ce l’heure de te promener dans le parc ou de risquer
Un dernier café qui pourrait troubler ton sommeil,
Voire t’infliger des rêves semblables au théâtre de l’absurde
Où les morts se transforment en rats-taupes ou en armoires
Et pourtant exigent des bouquets de fleurs et des rappels ?

Est-il convenable pour un adulte d’être surpris
En train de shooter dans les feuilles ?

Tes amis ne semblent pas avoir de téléphone,
Dans cet âge de portables et de gadgets, cela a l’air
Pour le moins surprenant, mais n’est-ce pas
L’habitude de nos jours de ne pas répondre
À ce qu’on peut facilement effacer :
Amitiés fragiles, amours virtuelles, nouvelles de la veille ?

L’épistolier à l’ancienne est une espèce en voie de disparition
Avec ses stylos à encre, son papier à lettres immaculé,
Ses enveloppes bleues.

Des corneilles gribouillent sur le ciel placide,
Dans la rue, des camionnettes blanches
Se hâtent pour achever
La page du jour dans un agenda surchargée.

Il n’y a personne dans les rues, sauf la femme
De la boutique du coin et un homme qui parle tout seul.
Tous les autres sont sans doute reclus près du feu
Avec un livre de poche, un tabloïd, la télé de l’après-midi,
Du thé, des biscuits et des souvenirs lancinants.

Toi, tu n’as jamais aimé ce genre de confort,
Tu préfères des cieux bruts, sans nuages,
Afin que le soleil bas puisse flamboyer à travers
Ta vitrine non lavée et mettre le feu
Aux dos de tes livres.

Notre chez nous,
N’est-il pas partout où nous accrochons nos manteaux,
Dans tout salon d’aéroport, dans toute
Salle d’attente d’une ville bien lointaine ?

Et nous, ne sommes-nous pas là pour travailler, comprendre,
Rester ferme sur certaines routes, suivre toutes les déviations,
Célébrer, prier, espérer, glorifier
Tout ce qui passe et tout ce qui demeure,

Rester fidèle à nos disparus, si grand soit leur éloignement,
Et, par cet après-midi d’automne, renverser
Le contenu de notre tiroir de bureau en quête de cette bouteille
D’encre d’un azur profond ?

Norton Hodges

Traduit en français par Athanase Vantchev de Thracy

 

Mis à jour ( Lundi, 11 Novembre 2013 16:53 )