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Peter Poulsen (français / anglais)

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PETER POULSEN

Une douleur jamais pleine,

Un désespoir jamais absolu !

 

Les fleurs des pommiers

Des modestes vergers du Nord

Ignorent la noble frappe du kaïken

Et fêtent, souriantes,

Leurs noces innocentes

Avec la flottante virginité du ciel.

 

Ô Poète inquiéteur,

Emancipateur de l’esprit,

Comme il est difficile de parcourir

Les sinueux labyrinthes

De notre infinie la mémoire !

 

Nous aimons marcher, Peter,

Dans les hauteurs de la repentance

Et vivre au-delà des horizons

Du calendrier !

 

Nous avançons vers la clarté des dieux

Avec les jours qui interrogent

La sagesse des chardons

Qui poussent des deux côtés

De la route,

Pendant que l’harmonieuse hirondelle

Épouse discrètement la cause

Des âmes éreintées.

 

Peter, mon Ami,

Il n’est pas vrai

Qu’il n’y a plus d’espoir

Dans les tragédies de Sophocle !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 10 octobre 2013

 

Glose :

 

Peter Poulsen (né le 29 Juillet 1940) : écrivain et poète danois.  Il a traduit plusieurs auteurs étrangers dont Fernando Pessoa, le prince Henrik, Jorge Luis Borges et Charles Baudelaire.

Peter Poulsen a fait des études littéraires à l'Université de Copenhague. Il a passé quelques années au Brésil.

En 1966, il débute dans la poésie. En 1991, il épouse l’écrivain et traducteur Vibeke Eskesen.

 

Kaïken (n.m.) : petit sabre japonais, plus petit que le tantô, qui s'apparente plutôt à un couteau de par sa taille (environ 15 cm). Il était porté par les femmes de samouraïs,  soit dans les manches de leur kimono, soit passé dans leur obi.

Outre son rôle de défense de celle qui le détenait, le kaiken portait en lui deux valeurs symboliques dont une particulièrement décisive : il était généralement offert par le mari, ou la famille du mari à l'occasion du mariage et marquait le lien indéfectible de l'épouse à son époux. Le perdre ou s'en séparer était significatif de déshonneur avec les conséquences que l'on connaît dans la civilisation japonaise féodale. Par ailleurs, le kaiken servait d'arme au suicide de l'épouse par perforation de la carotide dès lors que son mari, frappé d'infamie ou de déshonneur devait se donner le seppuku. Le kaiken rappelait ainsi à l'épouse sa dépendance à son époux. Il avait donc auprès de la femme un rôle similaire au wakizashi pour le samouraï.

Le kaïken-jutsu désigne l'art martial japonais consistant à manier les couteaux. Le kakushi désigne l'art de manier les armes cachées, comme les kaiken et les shuriken.

Sophocle (en grec ancien Σοφοκλῆς / Sophoklễs), né à Colone en 495 av. J.-C. – mort en 406 av. J.-C. L’un des trois grands tragiques grecs avec Eschyle (526-456) et Euripide (480-406). Il est l'auteur de cent vingt-deux pièces, mais dont seules sept nous sont parvenues.

 

ENGLISH:

Peter Poulsen

 

A sorrow never complete,

A despair never absolute!

 

The apple blossoms

In the modest orchards of the North

Know nothing of how women wielded the noble kaiken dagger

But, smiling, celebrate

Their innocent nuptials

With the floating purity of the sky.

 

O Poet of disquiet,

Emancipator of the spirit,

How difficult it is to pass through

The tortuous labyrinth

Of memory, our infinity!

 

We like to walk, Peter,

On the high ground of repentance

And live beyond the horizons

Of the calendar!

 

We move forward towards the brightness of the gods

With the days which question

The wisdom of the thistles

That grow on both sides

Of the road,

While the melodious swallow

Discretely espouses the cause

Of exhausted souls.

 

Peter, my Friend,

It’s not true

That there is no hope

In Sophocles’ tragedies!

 


Translated into English by Norton Hodges

Mis à jour ( Lundi, 14 Octobre 2013 10:00 )